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 Alfred HITCHCOCK

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laurent
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MessageSujet: Alfred HITCHCOCK   Dim 12 Sep 2004 - 13:25

Ils en repassent plein sur Arte en ce moment, et je suis en train de m'en faire une petite collec DVD, alors c'est le moment d'en parler.

Aimez-vous l'oeuvre du sieur Alfred ?

Quels sont vos préférés ?

Ceux que vous aimez moins ?

study

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"Un intellectuel, c'est quelqu'un qui serait capable de décrire Sophia Loren sans faire de gestes" ( AUDIARD )
"Mon dieu, si tu existes, délivre-nous de toutes les religions" ( BEDOS )
"Je croirai en dieu le jour où il n'y aura plus de religions" ( Moi )

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laurent
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MessageSujet: Re: Alfred HITCHCOCK   Jeu 16 Sep 2004 - 14:46

Ce soir, "Mais qui a tué Harry ?"

Pas le meilleur, mais sympathique.

Wink

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Léonard de Génie


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MessageSujet: Re: Alfred HITCHCOCK   Dim 12 Déc 2004 - 17:55

Ouep! Quelques uns! Dont "La Corde" qui est mon favori ...
quoique "Vertigo" est terrible aussi!
Il ya longtemps "Les Oiseaux" ainsi que "Fenêtre sur cour" ...très bon tout cà!

Bon on peut en reparler mais là je dois partir... Wink
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Léonard de Génie


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MessageSujet: Re: Alfred HITCHCOCK   Lun 20 Déc 2004 - 17:12

En fait ya pas photo! C'est "Vertigo" mon favori! Il était repassé sur Arte ya quelques temps et pas tout vu I don't want that mais je sais que je l'adore! J'aimerai bien le revoir! Smile
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laurent
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MessageSujet: Re: Alfred HITCHCOCK   Lun 20 Déc 2004 - 18:06

Ca fait longtemps que je me le suis acheté en DVD.
D'ailleurs je l'ai racheté pour l'offrir à Noël, avec quelques autres HITCHCOCK.

Perso, mes préférés sont "Jeune et innocent", "Rebecca", "L'ombre d'un doute" ( mon préféré ), "Fenêtre sur Cour", "La Main au collet", "Vertigo", "La Mort aux Trousses", "La Maison du Dr Edwards"... enfin les années 50 quoi.

Je déteste "Les Oiseaux" ( niveau réalisation ) et ses derniers films.

J'aimerai bien les avoir tous vus un jour.

Wink

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MessageSujet: Re: Alfred HITCHCOCK   Mar 21 Déc 2004 - 10:25

Tu dois adoré "Number thirteen" si tu as adoré "Les Oiseaux" Mr.Red

Bah c'est vrai, c'était une des ses premiers longs métrages scratch et perso je me suis fais ffier tout le long...je me souviens d'un truc qui m'avait marqué: "les chandelles qui produisent plus de lumière que nos hallogènes actuels...et qui "dessinent" des cercles énormes sur les murs sans aucunes "nuances" lorsque les persos se déplacent ou pas" Mr. Green ... Certes Cool , c'est un détail "technique" mais assez charmant tout de même Razz

Disons qu'ils n'avaient pas encore résolus certains problèmes d'éclairages, ce qu'on retrouve parfois dans des séries "B" et perso, ben, je trouve ca charmant! ......puis il se fait vieux aussi ce "Number thirteen". Wink
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laurent
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MessageSujet: Re: Alfred HITCHCOCK   Mar 21 Déc 2004 - 13:45

Dans "Les Oiseaux", le plus drôle c'est lorsqu'ils se promènent sur une espèce de dune, une colline qui domine le village, et ils ont chacun trois ombres portées sur le sol.

Ah la magie des plans extérieurs tournés en intérieur, après 30 ans de cinéma.

Quel déconneur cet Alfred !!!

Mr. Green

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MessageSujet: Re: Alfred HITCHCOCK   Ven 24 Déc 2004 - 18:16

Pas fait attention Smile ... mais c'est vrai que c'est pas top parfois, "Les Oiseaux" Evil or Very Mad

Toi tu as matté "Les Robins des Bois" Mr. Green

Quel déconneur ce Laurent! Razz
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MessageSujet: Re: Alfred HITCHCOCK   Sam 25 Déc 2004 - 18:30

"Les Robins des Bois", non, pourquoi ?

Rolling Eyes

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MessageSujet: Re: Alfred HITCHCOCK   Dim 26 Déc 2004 - 10:31

Non c'est just que a me rappellait Pascal Vincent (des Robins...) dans un de leur numéros avec une blague assez bidon sur Daphné Roulier...et il lachait "Quel déconneuse ! " à la fin...bah c'était ya quelues années avec Nulle Part Ailleurs... geek
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MessageSujet: Re: Alfred HITCHCOCK   Dim 26 Déc 2004 - 11:09

Ah...
En effet, cette Daphné, quelle déconneuse.
Je crois que cette "fille" m'insupporte comme c'est pas permis.

Evil or Very Mad

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MessageSujet: Re: Alfred HITCHCOCK   Dim 26 Déc 2004 - 11:35

Qui?



Elle? Mr. Green
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MessageSujet: Re: Alfred HITCHCOCK   Dim 26 Déc 2004 - 17:16

Oui.
Je la trouve puante de suffisance.

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MessageSujet: Re: Alfred HITCHCOCK   Dim 26 Déc 2004 - 18:45

J'aime bien ses couettes Embarassed mais c'est tout! Mr. Green

Bon ca va! J'ai compris :



Mr. Green
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laurent
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MessageSujet: Re: Alfred HITCHCOCK   Jeu 26 Juin 2008 - 13:05

Quelques notations :

1934 - Waltzes from Vienna, Le chant du Danube - 7
1935 - The thirty-nine steps, Les 39 marches - 14
1936 - Sabotage, Agent secret - 12
1937 - Young and innocent, Jeune et innocent - 14
1938 - The lady vanishes, Une femme disparaît - 12
1939 - Jamaica Inn, La taverne de la Jamaïque - 8
1943 - Shadow of a doubt, L'ombre d'un doute - 16
1948 - Rope, La corde - 10
1949 - Under Capricorn, Les amants du Capricorne - 8
1954 - Dial M for murder, Le crime était presque parfait - 12
1954 - Rear window, Fenêtre sur cour - 14
1955 - To catch a thief, La main au collet - 13
1958 - Vertigo, Sueurs froides - 14
1959 - North by Northwest, La mort aux trousses - 13
1963 - The birds, Les oiseaux - 7
1964 - Marnie, Pas de printemps pour Marnie - 7

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Dernière édition par laurent le Lun 12 Oct 2009 - 18:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Alfred HITCHCOCK   Mer 7 Jan 2009 - 4:32

Je colle un article téléchargeable par là, en PDF - libre à vous : http://www.revuejibrile.com/JIBRILE/PDF/HITCHCOCK.pdf

Citation :
Hitchcock : Le suspense comme mithridatisation du spectateur

Quiconque a suivi des cours d’histoire du cinéma s’est vu présenter Hitchcock comme le
maître du suspense, c’est-à-dire comme une sorte de brillant technicien, spécialisé dans l’art
mineur d’un genre mineur, dans la production efficiente et gratuite de tensions nerveuses, de
chair de poule, cela au sein d’intrigues seulement policières, psychologisantes, teintées d’un
plaisant humour noir. Au fond, on le loue d’avoir à la fois fondé (le faisant passer de la
littérature au cinéma) et consommé un genre avec le secret reproche d’y être resté enfermé,
de s’y être complu dans un ludisme un peu facile, vain, dont l’exercice le plus élevé ne
pouvait être que de se jouer du genre lui-même, ce dont il ne se privait pas. Les louanges
faites à Hitchcock furent donc aussi très souvent des reproches.
Or, partant de ce point de vue, hélas si répandu, qu’il existe, en littérature comme au cinéma,
des genres majeurs et des genres mineurs, les seconds étant à la fois plus codifiés, plus
corsetés dans la forme et dans le fond, ainsi que marqués socialement puisque ne
répondant pas aux aspirations esthétiques modernes selon lesquelles seuls ceux qui
cassent ou tordent les règles peuvent se voir reconnaître du génie derrière l’ombre du
talent ; partant du point de vue qu’un genre mineur, répondant forcément à certaines
attentes, nécessairement mesquines, n’a, implicitement et explicitement, rien d’autre à offrir
que lui-même, qu’une sorte de répétition banale et rassurante de procédures, d’éléments
thématiques et de figures presque mythiques ; partant de ce qu’il faut bien appeler un
préjugé, celui qui a permis la séparation néfaste de l’art et de l’artisanat, associant l’un et
l’autre à un degré de liberté, derechef de créativité, dont l’arithmétique, la hiérarchisation ne
peut être perturbée que par la circonstance aggravante, dégradante, d’une production de
type industriel ; partant, enfin, de l’idée, implicitement tenue pour vraie, que le suspens n’est
et ne peut être qu’un jeu de nerfs destiné à quelque zone du cerveau vulgaire, primitive,
voire animale, usitée aussi pour les films d’horreur et les superstitions saugrenues, on ne
peut rien comprendre à Hitchcock, à la démarche proprement intellectuelle, réflexive de son
oeuvre. Car le suspens hitchcockien est (à l’instar du fameux Mac Guffin qui en lance la
trame) un prétexte à tout autre chose ou, à tout le moins, ne se réduit pas, ne peut pas se
réduire à ses effets sur le spectateur en termes de frissons d’effroi. L’oeuvre de Hitchcock
démontre aussi que, contrairement à un genre majeur, dont on ne sait trop ce qu’il est sinon
un horizon vide sur lequel on place des contraintes afin de les briser, un genre mineur,
étroitement parcouru de limites et de règles, permet, par contraste, et comme dans la vie, de
creuser dans un réel donné, intransigeant, pour ne pas dire implacable, des espaces de
liberté, donc de critique.
Et justement, l’on n’a pas assez souligné que le cinéma hitchcockien est avant tout, du point
de vue strictement formel (et non pas tellement dans ce qu’il raconte), un formidable outil de
contre-propagande ; que la structuration, l’enchevêtrement des dissymétries d’information
qui sont au fondement du suspens ; que l’exercice de relativisation et de retournement
constant du réel ou des attendus stéréotypés qui articulent les films de Hitchcock, voire son
oeuvre vue comme un tout ; que l’humour, les apparitions du réalisateurs et les allusions de
toutes sortes, qui mettent à distance le spectateur alors même que ce qu’il sait ou ne sait
pas l’implique, mettent en scène, d’une manière que le grand Ellul aurait apprécié s’il s’était
penché sur la question, la technique elle-même, ce par quoi l’on croit au film, ou l’on croit
dans le film. Le suspense, c’est la manifestation de la logique de manipulation
hitchcockienne, autrement dit la manière par laquelle la propagande montre ses mécanismes
à celui-là même qui en est le dupe.
Qu’est-ce à dire ? La propagande, si l’on en abstrait l’aspect moral, bien entendu relatif, peut
se définir comme l’ensemble des techniques qui permettent, d’une part, de faire croire
quelque chose à quelqu’un et, d’autre part, de manière concomitante, d’écarter toute
possibilité que cette croyance soit perturbée, ébranlée, affaiblie. Sans entrer dans le détail,
les recherches en psychologie sociale et cognitive ont démontré que notre perception et
notre compréhension directes, pragmatique, non réflexive des évènements se basent sur
des croyances stéréotypées et des schémas d’action acquis (à force de faire ses courses, on
sait à l’avance que dans un magasin on va choisir une marchandise et la payer, et comment
on va le faire). De fait, la propagande a précisément pour but de créer des stéréotypes et
des schémas d’action, d’ailleurs souvent fondés sur d’autres stéréotypes et schémas
d’action – ce qui permet de leur assurer un ancrage, une viabilité, une imperméabilité à plus
ou moins long terme.
Or, que fait Hitchcock ? Il joue et invite au jeu. Dans la plupart des cas, jouer, activité plus
qu’ambiguë, consiste à sortir, à s’abstraire du réel pour le mimer, le simuler, voire le
stimuler ; à faire comme dans le réel sauf qu’à chaque moment du jeu, les joueurs s’envoient
des signaux qui indiquent que ce n’est pas le réel, que la conscience ne doit pas
s’abandonner au jeu comme elle s’abandonne, comme elle s’oublie dans le réel - cela avec,
bien entendu, le souci de limiter les conséquences du jeu dans le réel. Jouer, c’est aussi
expérimenter, presque en laboratoire, des règles, des limites et surtout des techniques, donc
se les approprier afin de les maîtriser. Le jeu auquel joue Hitchcock a ceci de particulier que
certains des signaux donnés - outre qu’ils sont à sens unique - n’ont pas pour objectif de
limiter les dégâts, de couper court aux conséquences, mais de mettre le spectateur à
distance afin qu’il puisse non pas intégrer mais observer les mécanismes par lesquels il est
floué, par lesquels on se joue de lui. Si l’on y regarde bien, le rôle assigné au spectateur
n’est pas de deviner la vérité, de résoudre l’énigme, mais de saisir pourquoi il y est arrivé, ou
non. On voit ici l’importance de construire des récits au sein de genres mineurs, donc
hautement codifiés, fonctionnant sur une mythologie précise, attendue, sur laquelle le
réalisateur peut appuyer la construction, et la destruction, des croyances du spectateur : les
genres bien marquées sont confortables, invitent à la confiance, invitent les certitudes. La
plupart des films d’Alfred Hitchcock fonctionnent comme une expérience de psychologie
sociale : le sujet naïf y est le spectateur observant son propre enrôlement dans la logique du
film.
Concrètement, Hitchcock procède en exposant le spectateur à une logique de propagande
d’autant plus efficace que cette exposition est aussi une implication, le spectateur posant, au
fil des indices, des signes, des épreuves qui sont parcimonieusement et opportunément
distribués, des jugements sur les personnages, leur psychologie, leurs actions, etc. De fait,
par les hypothèses qu’il émet, par les stratégies intellectuelles qu’il produit, ce même
spectateur participe du film, du jeu. Comme nous l’avons mentionné plus haut, le grand
maître manipule avec brio les dissymétries d’informations, entre personnages comme entre
personnages et spectateurs. Ces informations concernent non seulement la trame policière
mais aussi la socio-psychologie des personnages. Hitchcock joue des stéréotypes propres
au genre - donc des attendus du spectateur - comme des stéréotypes dans leur sens
général. Une fois que les croyances à propos de la trame et des personnages ont bien été
inculquées, que le spectateur peut inférer des actions ou le fin mot de l’intrigue, il donne une
information ou, à nouveau, un signe qui remet la belle construction en cause, l’érafle ou,
carrément, la brise – et cela plusieurs fois sur un laps de temps décidément fort bref, ainsi
qu’on le voit dans le magnifique Rebecca. Il faut que le spectateur se sente dupe ; il faut
aussi qu’il sache pourquoi, par quel mécanisme il l’a été ; il faut donc qu’il puisse opérer,
rétrospectivement, si ce n’est au long du film, un travail de réflexion : qu’il assiste activement
à sa propre manipulation. C’est là qu’interviennent les mécanismes de distanciation bien
dosés comme l’humour noir, certaines références faites par les personnages, qui sont aussi
souvent des mises en abîmes (par exemple, les discussions macabres du père de Charlie
avec son ami dans L’Ombre d’un doute), et les apparitions du réalisateur lui-même, lequel,
bien avant les jeux felliniens d’Intervista ou les décors volontairement toc de E la Nave va,
écorchent l’absorption de la conscience dans la fiction. Tout se passe comme si Hitchcock
endossait le rôle du fameux logicien thébain qui affirmait « Tous les Thébains sont des
menteurs », remettant ainsi en cause la logique formelle toute entière.
Le meilleur exemple de la stratégie hitchcockienne de contre-propagande demeure le film
Rebecca - quoique Truffaut ait remarqué qu’il manquait quelque peu d’humour, donc de la
mécanique de mise à distance la plus efficace. Hitchcock y joue à la fois sur les genres,
passant de la comédie romantique au fantastique et au conte puis au policier, sur les
informations « objectives », gigognes, emboîtées, qui se révèlent comme par strates
(Rebecca est morte, morte assassinée, puis morte d’un accident, enfin, d’une certaine
manière, suicidée…) ainsi que sur les signes qui permettent d’interpréter, de mésinterpréter
la psychologie des personnage (les troubles de Maxime de Winter le font passer pour un
veuf inconsolable, pour un fou, puis pour un homme plein de remords, donc coupable, enfin
pour un « innocent » inquiet qu’on l’accuse d’un crime qu’il n’a commis que par accident ; et
il en va de même pour ses sentiments à l’égard de la seconde Miss de Winter). L’une des
scènes du film est particulièrement représentative d’un mécanisme de retournement
psychologique hitchcockien : lorsque, dans l’ancienne résidence de plage de Rebecca,
Maxime révèle à sa seconde épouse qu’il est responsable de la mort de la première, la
camera filme la jeune fille horrifiée qui recule et se place de l’autre côté du cadre d‘une
porte ; le plan suivant se focalise sur le visage de Maxime et s’en éloigne en zoom arrière,
comme s’il s’agissait de la vue subjective de la jeune fille, indiquant au spectateur que celleci,
par peur ou par dégoût, abandonne son mari ; soudain, la camera la filme à nouveau,
s’avance vers elle (donc s’éloigne de Maxime) tandis que la frêle madame de Winter
s’élance en sens contraire vers l’homme qu’elle aime toujours, contredisant ainsi l’induction
du spectateur, son attente logique, cohérente, à ce moment précis du film (où le doute
subsiste quant aux circonstances de la mort de Rebecca - doute qui grandira par la suite
avec la révélation qu’elle était peut-être enceinte et que son mari la haïssait).
Les mécanismes de mise à distance du spectateur sont plus manifestes dans le cadre des
épisodes de la fameuse série télévisée Hitchcock presents, diffusée sur NBC dans les
années cinquante et, aujourd’hui encore, largement sous-estimée, cependant qu’Hitchcock y
développe un talent et un humour plus direct, plus brutal (le basculement s’opérant lors de la
chute) qui n’ont rien à envier à ceux de ses meilleurs longs métrages. On notera du reste
que deux épisodes de la série, I Saw the whole thing et Mr’s Blanchard secret, sortes de
commentaires de l’oeuvre de Hitchcock, vont dans le sens de notre interprétation de celle-ci.
Dans le premier, le réalisateur anglais met en scène les témoins d’un accident de voiture afin
de montrer que ce qu’ils ont (sincèrement) vu est déduit à partir de leurs expériences
personnelles, de leurs croyances et émotions1. Le second raconte les mésaventures d’une
jeune femme imaginative obsédée par un couple de voisins et qui, à tort, comme le
démontre la chute, tire des conclusions macabres de tous les éléments dont elle dispose.
Alors que le propos de films comme Fenêtre sur cour2, si ce n’est de L’ombre d’un doute3 ou
de Rebecca, est axé sur ce qu’il faut bien appeler un tableau de moeurs, les épisodes de la
série tournés par Hitchcock ont dans la plupart des cas une visée morale4 explicite. L’objectif
de la mise à distance par la représentation de Hitchcock lui-même, à l’entrée des sketches
comme dans leur épilogue, y est par contre des plus ambivalents: s’agit-il de railler la morale
ou simplement d’en faire passer la pilule ? Sans doute un peu des deux : plus logicien et
plus sophiste que jamais, Hitchcock y est décidément un maître du soupçon davantage
qu’un entrepreneur du suspens...

Frédéric Dufoing

1 Ce qui est affirmé dans cet épisode a d’ailleurs été démontré par de nombreuses expériences de psychologie
sociale des années 1970 et 1980. Le lecteur peut se référer aux expériences de Loftus et Palmer (1973), de
Condry (1976) et de Duncan (1976).
2 Dans Fenêtre sur Cour, c’est avec les stéréotypes sociaux que Hitchcock joue : l’image particulièrement
caricaturale de Lisa, jeune fille présentée comme snobe et superficielle, amène un certain nombre de croyances
de la part du spectateur, non seulement vis-à-vis de l’action de la jeune fille dans le cadre de l’enquête sur le
meurtre de la voisine d’en face, mais aussi vis-à-vis de la véritable intrigue du film, qui est l’histoire d’amour entre
elle et Jeff. Du reste, la mise à distance par l’humour n’opère pas tant concernant l’assassinat, mais bien plutôt
dans le cadre de cette intrigue amoureuse. Au passage, nous ne pouvons manquer de mentionner un second
aspect méconnu du cinéma hitchcockien : l’utilisation d’un genre mineur comme un prétexte ou comme un
support. Dans Fenêtre sur cour, la trame policière et le suspens ne sont que le fil sur lequel Hitchcock accroche
ce qui compte vraiment : l’histoire d’amour des protagonistes et le portrait de moeurs, d’une finesse d’autant plus
subtile qu’elle n’apparaît littéralement qu’en fond. Pour le dire autrement, dans Fenêtre sur cour, la trame, c’est le
« décor », et inversement. Peu de réalisateurs ont tourné une observation de moeurs aussi sensible, aussi tendre,
aussi respectueuse de personnages dont on sait si peu, que l’on voit de si loin et dont on ne peut pourtant
concevoir une seule minute qu’ils ne soient que des personnages secondaires.
3 Dans lequel l’observateur avisé retrouvera la source d’inspiration du David Lynch de Blue Velvet…
4 Par exemple, Revenge critique de manière magistrale et particulièrement cruelle la vengeance privée, Poison,
l’hypocrisie d’un (faux) ami, The Crystal Trench, les illusions d’un romantisme à l’eau de rose, etc.

http://www.revuejibrile.com/JIBRILE/PAGES/KINOCHRONIQUES.htm

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MessageSujet: Re: Alfred HITCHCOCK   Sam 7 Fév 2009 - 16:31

Si ça peut intéresser...



http://cinoque.blogs.liberation.fr/waintrop/2007/11/le-dictionnaire.html
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MessageSujet: Re: Alfred HITCHCOCK   Lun 12 Oct 2009 - 18:09

Ce soir sur Arte, "Les Amants du Capricorne", pour les ceusses qui ne l'auraient point encore vu, le film n'étant pas le plus réussi ni le plus connu.

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MessageSujet: Re: Alfred HITCHCOCK   Lun 12 Oct 2009 - 18:11

Merci pour les tuyaux, c'est une bonne idée de signaler les films intéressants.

Je l'ai vu plusieurs fois et il m'a plutôt ennuyé malgré la belle Ingrid Berman. silent
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MessageSujet: Re: Alfred HITCHCOCK   Lun 12 Oct 2009 - 18:14

Et le grand Joseph Cotten...

Oui, comme indiqué plus haut, moi aussi il m'a ennuyé, je n'en retiens que les deux magnifiques acteurs.

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MessageSujet: Re: Alfred HITCHCOCK   Lun 12 Oct 2009 - 18:33

Mince, m'a trompé : en voulant citer, j'ai effacé la liste de sa filmographie...

Bon, j'avais dit que je noterai :

1934 - Waltzes from Vienna, Le chant du Danube - 7
1935 - The thirty-nine steps, Les 39 marches - 14
1936 - Sabotage, Agent secret - 12
1937 - Young and innocent, Jeune et innocent - 14
1938 - The lady vanishes, Une femme disparaît - 12
1939 - Jamaica Inn, La taverne de la Jamaïque - 8
1943 - Shadow of a doubt, L'ombre d'un doute - 16
1948 - Rope, La corde - 10
1949 - Under Capricorn, Les amants du Capricorne - 8
1954 - Dial M for murder, Le crime était presque parfait - 12
1954 - Rear window, Fenêtre sur cour - 14
1955 - To catch a thief, La main au collet - 13
1958 - Vertigo, Sueurs froides - 14
1959 - North by Northwest, La mort aux trousses - 13
1963 - The birds, Les oiseaux - 7
1964 - Marnie, Pas de printemps pour Marnie - 7

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MessageSujet: Re: Alfred HITCHCOCK   Mar 3 Nov 2009 - 0:09

"Correspondant 17"

Asez déçu finalement. Mi-espionnage, mi-comédie sentimentale, je ne m'y retrouve pas vraiment. Un grand moment tout de même, la scène pendant laquelle l'avion sombre dans l'atlantique. Du grand Hitchcock: plus de musique, juste l'effroi de ces fourmis humaines en train de se noyer, très cru, la comédie d'espionnage a disparu pour un moment.
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