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 TRAVAIL

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Léonard de Génie


Féminin Nombre de messages : 2736
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MessageSujet: TRAVAIL   Dim 7 Déc 2008 - 6:28





I. L'INVENTION DU TRAVAIL*

Ce que je propose dans les pages qui suivent, c'est de reconsidérer la condition humaine du point de vue des nos expériences et de nos craintes les plus récentes. Il s'agit là évidemment de réflexion, et l'irréflexion me paraît une des principales caractéristiques de notre temps. Ce que je propose est donc très simple : rien de plus que de penser ce que nous faisons (Hannah Arendt).

Ce que nous appelons « travail » est une invention de la modernité. La forme sous laquelle nous le connaissons, pratiquons et plaçons au centre de la vie individuelle et sociale, a été inventée, puis généralisée avec l'industrialisme. Le « travail », au sens contemporain, ne se confond ni avec les besognes, répétées jour après jour, qui sont indispensables à l'entretien et à la reproduction de la vie de chacun ; ni avec le labeur, si astreignant soit-il, qu'un individu accomplit pour réaliser une tâche dont lui-même ou les siens sont les destinataires et les bénéficiaires ; ni avec ce que nous entreprenons de notre chef, sans compter notre temps et notre peine, dans un but qui n'a d'importance qu'à nos propres yeux et que nul ne pourrait réaliser à notre place. S'il nous arrive de parler « travail » à propos de ces activités – du « travail ménager », du « travail artistique », du « travail » d'autoproduction – c'est en un sens fondamentalement différent de celui qu'à le travail placé par la société au fondement de son existence, à la fois moyen cardinal et but suprême.
Car la caractéristique essentielle de ce travail-là – celui que nous « avons », « cherchons », « offrons » – est d'être une activité dans la sphère publique, demandée, définie, reconnue utile par d'autres et, à ce titre, rémunérée par eux. C'est par le travail rémunéré (et plus particulièrement par le travail salarié) que nous appartenons à la sphère publique, acquérons une existence et une identité sociales (c'est-à-dire une « profession »), sommes insérés dans un réseau de relations et d'échanges où nous nous mesurons aux autres et nous voyons conférés des droits sur eux en échange de nos devoirs envers eux. C'est parce que le travail socialement rémunéré et déterminé est – même pour celles et ceux qui en cherchent, s'y préparent ou en manquent – le facteur de loin le plus important de socialisation que la société industrielle se comprend comme une « société de travailleurs » et, à ce titre, se distingue de toutes celles qui l'ont précédée.
C'est assez dire que le travail sur lequel s'y fondent la cohésion et la citoyenneté sociales n'est pas réductible au « travail » en tant que catégorie anthropologique ou en tant que nécessité pour l'homme de produire sa subsistance « à la sueur de son front ». Ce travail nécessaire à la subsistance, en effet, n'a jamais pu devenir un facteur d'intégration sociale. Il était plutôt un principe d'exclusion : celles et ceux qui l'accomplissent ont été tenus pour inférieurs dans toutes les sociétés prémodernes : ils appartenaient au règne naturel, non au règne humain. Ils étaient asservis à la nécessité, donc incapables de l'élévation d'esprit, du désintéressement qui rendaient apte à s'occuper des affaires de la cité. Comme le montre longuement Hannah Arendt (1), en s'appuyant notamment sur les travaux de Jean-Paul Vernant, le travail nécessaire à la satisfaction des besoins vitaux était, dans l'Antiquité, une occupation servile qui excluait de la citoyenneté, c'est-à-dire de la participation aux affaires publiques, celles et ceux qui l'accomplissaient. Le travail était indigne du citoyen non pas parce qu'il était réservé aux femmes et aux esclaves ; tout au contraire, il était réservé aux femmes et aux esclaves parce que « travailler, c'était s'asservir à la nécessité ». Et seul pouvait accepter cet asservissement celui qui, à la manière des esclaves, avait préféré la vie à la liberté et donc fait la preuve de son servile. C'est ainsi que Platon classe les paysans avec les esclaves et que les artisans (banausoi), dans la mesure où ils ne travaillaient pas pour la cité et dans la sphère publique, n'étaient pas citoyens à part entière : « leur intérêt principal étant le métier et non la place publique ». L'homme libre refuse de se soumettre à la nécessité ; il maîtrise son corps afin de ne pas être esclave de ses besoins et, s'il travaille, c'est seulement pour ne point dépendre de ce qu'il ne maîtrise pas, c'est-à-dire pour assurer ou accroître son indépendance.
L'idée que la liberté, c'est-à-dire le règne de l'humain, ne commence qu' « au-delà du règne de la nécessité » et que l'homme ne surgit comme sujet capable de conduite morale qu'à partir du moment où, cessant d'exprimer les besoins impérieux du corps et sa dépendance du milieu, ses actions relèvent de sa seule détermination souveraine ; cette idée a été une constante de Platon à nos jours. On la retrouve notamment chez Marx dans le fameux passage du Livre III du Capital qui, en contradiction apparente avec d'autres écrits de Marx, situe le « règne de la liberté » dans un au-delà de la rationalité économique. Marx y remarque que le « développement des forces productives » par le capitalisme crée « le germe d'un état de choses » permettant une « réduction plus grande du temps consacré au travail matériel » et ajoute : « Le règne de la liberté ne commence, en effet, que lorsque cesse le travail déterminé par la misère ou les buts extérieurs ; il se retrouve donc par la nature des choses au-delà de la sphère de la production matérielle proprement dite... Ce n'est qu'au-delà que commence le déploiement d'énergie humaine qui est à lui-même sa propre fin, le vrai règne de la liberté (2) ».
Pas plus que la philosophie grecque, Marx, dans ce passage, ne considère comme relevant de la liberté le travail qui consiste à produire et reproduire les bases matérielles nécessaires à la vie. Pourtant, il existe une différence fondamentale entre le travail dans la société capitaliste et le travail dans le monde antique : le premier est accompli dans la sphère publique, tandis que le second reste confiné dans la sphère privée. La plus grande partie de l'économie est, dans la cité antique, une activité privée qui se déroule non point au grand jour, sur la place publique, mais au sein du domaine familial. Celui-ci, dans son organisation et sa hiérarchie, était déterminé par les nécessités de la subsistance et de la reproduction. « La communauté naturelle du foyer naissait de la nécessité et la nécessité en régissait toutes les activités (3). » La liberté ne commençait qu'au-dehors de la sphère économique, privée, de la famille ; la sphère de la liberté était celle, publique, de la polis. « La polis se distinguait de la famille en ce qu'elle ne connaissait que des « égaux » tandis que la famille était le siège de la plus rigoureuse inégalité. » Elle devait « assumer les nécessités de la vie » afin que la polis puisse être le domaine de la liberté, c'est-à-dire de la recherche désintéressée du bien public et de la bonne vie.
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Léonard de Génie


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MessageSujet: Re: TRAVAIL   Dim 7 Déc 2008 - 6:32

[suite]

Tous les philosophes grecs, qu'elle que fût leur opposition à la vie de la polis, tenaient pour évident que la liberté se situe exclusivement dans le domaine politique, que la contrainte est surtout un phénomène prépolitique, caractérisant l'organisation familiale privée, et que la force et la violence se justifient dans cette dernière sphère, comme étant les seuls moyens de maîtriser la nécessité (par exemple en gouvernant les esclaves) et de se libérer... La violence est l'acte prépolitique de se libérer des contraintes de la vie pour accéder à la liberté du monde.

Ainsi, la sphère privée, celle de la famille, se confondait avec la sphère de la nécessité économique et du travail, tandis que la sphère publique, politique, qui était celle de la liberté, excluait rigoureusement les activités nécessaires ou utiles du domaine des « affaires humaines ». Chaque citoyen appartenait simultanément à ces sphères soigneusement séparées, passant continuellement de l'une à l'autre, et s'efforçait de réduire au minimum le fardeau des nécessités de la vie, d'une part en s'en déchargeant sur ses esclaves et sa femme, d'autre part en maîtrisant et limitant ses besoins par une discipline de vie frugale. L'idée même de « travailleur » était inconcevable dans ce contexte : voué à la servitude et à la réclusion dans la domesticité, le « travail », loin de conférer une « identité sociale », définissait l'existence privée et excluait du domaine public celles et ceux qui y étaient asservis.

L'idée contemporaine du travail n'apparaît en fait qu'avec le capitalisme manufacturier. Jusque-là, c'est-à-dire jusqu'au XVIIIe siècle, le terme de « travail » (labour, Arbeit, lavoro) désignait la peine des serfs et des journaliers qui produisaient soit des biens de consommation, soit des services nécessaires à la vie et exigeant d'être renouvelés, jour après jour, sans jamais laisser d'acquis. Les artisans, en revanche, qui fabriquaient des objets durables, accumulables, que leurs acquéreurs léguaient le plus souvent à leur postérité, ne « travaillaient » pas, ils « oeuvraient » et dans leur « oeuvre » ils ne pouvaient utiliser le « travail » d'hommes de peine appelés à accomplir les tâches grossières, peu qualifiées. Seuls les journaliers et les manoeuvres étaient payés pour leur « travail » ; les artisans se faisaient payer leur « oeuvre » selon un barème fixé par ces syndicats professionnels qu'étaient les corporations et les guides. Celles-ci proscrivaient sévèrement toute innovation et toute forme de concurrence. Les techniques ou les machines nouvelles devaient être approuvées, en France, au XVIIe siècle, par un conseil des anciens, réunissant quatre marchands et quatre tisserands, puis autorisée par les juges. Les salaires des journaliers et des apprentis étaient fixés par la corporation et soustraits à toute possibilité de marchandage.
La « production matérielle » n'était donc pas, dans son ensemble, régie par la rationalité économique. Elle ne le sera pas même avec l'extension du capitalisme marchand. Jusque vers 1830, en Grande-Bretagne, et jusque vers la fin du XIXe siècle, dans le reste de l'Europe, le capitalisme manufacturier, puis industriel, coexiste avec l'industrie domestique pour la production textile, dont la majeure partie est assurée par des ouvriers à domicile. Le tissage – tout comme, chez les paysans, la culture de la terre – est, pour les tisserands à domicile, non pas un simple gagne-pain mais un mode de vie régi par des traditions que – bien qu'elles soient irrationnelles du point de vue économique – les marchands capitalistes eux-même respectent. Parties prenantes d'un système de vie qui ménage les intérêts respectifs des uns et des autres, les marchands ne songent même pas à rationaliser le travail des tisserands à domicile, à les mettre en concurrence les uns avec les autres, à rechercher rationnellement et systématiquement le plus grand profit. Il vaut la peine de citer à cet égard la description que fait Max Weber du système de production à domicile et de sa destruction ultérieure par le système de fabrique :

Jusqu'à la fin du siècle dernier environ – tout au moins dans bien des branches de l'industrie textile de notre continent – la vie de l'industriel qui employait des ouvriers à domicile était, selon nos conceptions actuelles, assez agréable. On peut l'imaginer à peu près ainsi : les paysans venaient à la ville où habitait l'entrepreneur et lui apportaient les pièces tissées – dans le cas du lin la matière première avait été produite, principalement ou entièrement, par le paysan lui-même. Après une vérification minutieuse, et souvent officielle, de la qualité, on leur en payait le prix convenu. Pour les marchés relativement éloignés, les clients de l'entrepreneur étaient des revendeurs qui s'adressaient à lui (sans que, généralement, ce fût déjà sur échantillons) pour trouver une qualité à laquelle ils étaient attachés ; ils achetaient ce qu'ils trouvaient dans son entrepôt à moins que, longtemps avant, ils n'aient passé commande – et dans ce dernier cas les commandes avaient été transmises aux paysans. Ces clients ne se déplaçaient personnellement, si tant est qu'ils le fissent, qu'à d'assez longs intervalles. Autrement, il suffisait de correspondre : c'est ainsi que, lentement, s'accrut le système des échantillons. Le nombre d'heures de travail était très modéré, cinq à six par jour, parfois beaucoup moins, et beaucoup plus dans les moments de presse. Les gains étaient modestes ; suffisants pour mener une vie décente et mettre de l'argent de côté dans les bonnes années. Dans l'ensemble, les concurrents entretenaient entre eux de bonnes relations, étant d'accord sur les principes essentiels des opérations. Une visite prolongée au café, chaque jour, un petit cercle d'amis – la vie agréable et tranquille.
A tous égards, c'était là une forme d'organisation « capitaliste » : l'entrepreneur exerçait une activité purement commerciale ; l'emploi de capitaux était indispensable ; enfin, l'aspect objectif du processus économique, la comptabilité, était rationnel. Mais en fait il s'agissait d'une activité économique traditionnelle, si l'on considère l'esprit qui animait l'entrepreneur : traditionnel, le mode de vie ; traditionnels, le taux du profit, la quantité de travail fourni, la façon de mener l'entreprise et les rapports entretenus avec les ouvriers ; essentiellement traditionnels enfin, le cercle de la clientèle, la manière de rechercher de nouveaux clients et d'écouler la marchandise. Tout cela dominait la conduite de l'affaire, était sous-jacent – si l'on peut dire – à l'éthos de cette catégorie d'entrepreneurs.
Soudain, à un moment donné, cette vie tranquille prit fin ; le plus souvent aucune transformation essentielle dans la forme de l'organisation, telle que le passage à l'entreprise fermée [geschlossener Betrieb], l'utilisation du métier mécanique, etc., n'était survenue. Il s'était produit tout simplement ceci : un jeune homme d'une famille d'entrepreneurs s'était rendu à la campagne ; il y sélectionne avec soin les tisserands qu'il voulait employer ; il aggrave leur dépendance et augmente la rigueur du contrôle de leurs produits, les transformant ainsi de paysans en ouvriers à façon. D'autre part, il change les méthodes de vente en entrant le plus possible en contact direct avec les consommateurs. Il prend entièrement en main le commerce de détail et sollicite lui-même les clients ; il les visite régulièrement chaque année, et surtout il adapte la qualité des produits aux goûts et aux besoins de la clientèle. En même temps, il agit selon le principe : réduire les prix, augmenter le chiffre d'affaires. La conséquence habituelle d'un tel processus de rationalisation n'a pas tardé à se manifester : ceux qui n'emboîtaient pas le pas étaient éliminés. L'idylle s'effondrait sous les premiers coups de la concurrence ; des fortunes considérables s'édifiaient qui n'étaient pas placées à intérêt, mais réinvesties dans l'entreprise. L'ancien mode de vie, confortable et sans façons, lâchait pied devant la dure sobriété de quelques-uns. Ceux-ci s'élevaient aux premières places parce qu'ils ne voulaient pas consommer mais gagner, tandis que ceux-là, qui désiraient perpétuer les anciennes moeurs, étaient obligés de réduire leurs dépenses.
En général, cette révolution ne dépend pas d'un afflux d'argent frais – je connais des cas où il a suffi de quelques milliers de marks empruntés à des parents – mais d'un esprit nouveau : « l'esprit du capitalisme » est entré en action (4).
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Léonard de Génie


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MessageSujet: Re: TRAVAIL   Dim 7 Déc 2008 - 6:33

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Il ne reste plus qu'à installer le système de fabrique sur les ruines du système de production à domicile. Ce ne sera pas, nous le verrons, une petite affaire.
Je reviendrai plus tard sur la question des motivations profondes qui amènent des marchands capitalistes à rompre avec la tradition pour rationaliser la production avec une logique froide et brutale. Pour le moment, il suffit de noter que ces motivations contenaient selon Max Weber, un « élément irrationnel » (5) dont on a tendance à sous-estimer l'importance déterminante. L'intérêt qu'avaient les marchands capitalistes à rationaliser le tissage, à en maîtriser le coût, à rendre ce coût rigoureusement calculable et prévisible grâce à la quantification et à la normalisation de tous ses éléments – cet intérêt n'avait rien de nouveau. Ce qui était nouveau, c'est qu'à un certain moment les marchands entreprirent de l'imposer à leurs fournisseurs, alors qu'ils s'en étaient abstenus jusque-là. Max Weber montre de façon convaincante que la raison de cette abstention n'avait été ni juridique, ni technique, ni économique mais idéologique et culturelle : « Il faudrait placer en épitaphe à toute étude sur la rationalité ce principe très simple mais souvent oublié : la vie peut être rationalisée selon des perspectives ultimes et des directions extrêmement différentes. » La nouveauté de « l'esprit du capitalisme », c'est l'étroitesse unidimensionnelle, indifférente à toute autre considération autre que comptable, avec laquelle l'entrepreneur capitaliste pousse la rationalité économique jusqu'à ses conséquences extrêmes :

La rationalisation sur la base d'un calcul rigoureux est l'une des caractéristiques fondamentales de l'entreprise capitaliste individuelle, dirigée avec prévoyance et circonspection vers le résultat escompté. Quel contraste avec la vie au jour le jour du paysan, avec la routine de l'artisan des anciennes corporations et ses privilèges, ou encore avec le capitaliste aventurier... Cependant, considérée du point de vue du ce personnel, elle exprime combien irrationnelle est cette conduite où l'homme existe en fonction de son entreprise et non l'inverse (6).

Autrement dit, la rationalité économique a été longtemps contenue non seulement par la tradition mais aussi par d'autres types de rationalité, d'autres buts et d'autres intérêts qui leur assignaient des limites à ne pas franchir. Le capitalisme industriel n'a pu prendre son essor qu'à partir du moment où la rationalité économique s'est émancipée de tous les autres principes de rationalité pour les soumettre à sa dictature.
Marx et Engels ne disaient d'ailleurs pas autre chose dans le Manifeste communiste, encore qu'ils le dirent selon une perspective différente : la bourgeoisie, selon eux, a enfin déchiré le voile qui avait masqué jusque-là la vérité des rapports sociaux : « Tous les liens complexes et variés qui unissaient l'homme féodal à ses supérieurs naturels, elle les a brisé sans pitié pour ne laisser d'autre lien entre l'homme et l'homme que le froid intérêt... A la place de l'exploitation ouverte, éhontée, directe, aride... » Elle a « déchiré le voile des sentiments et des émotions qui couvrait les relations familiales et les a réduites à de simples rapports d'argent... C'est elle qui, la première, a montré de quoi l'activité humaine était capable... » « En à peine un siècle de domination, elle a créé des forces productives plus nombreuses et plus colossales que ne l'avait fait tout l'ensemble des générations passées. » Alors que

la conservation immobile de l'ancien mode de production était, pour toutes les classes industrielles antérieures, la condition première de l'existence (...) la bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, c'est-à-dire tout l'ensemble des rapports sociaux... Tous les rapports sociaux traditionnels et figés, avec leur cortège de notions et d'idées antiques et vénérables, se dissolvent ; tous ceux qui les remplacent vieillissent avant même de pouvoir se scléroser. Tout ce qui avait solidité et permanence s'en va en fumée, tout ce qui était sacré est profané et les hommes sont enfin forcés de jeter un regard lucide sur leurs conditions d'existence et leurs rapports réciproques.

Bref, le réductionnisme unidimensionnel de la rationalité économique propre au capitalisme aurait une portée potentiellement émancipatrice en ce qu'il fait table rase de toutes les valeurs et fins irrationnelles du point de vue économique et ne laisse subsister entre les individus que des rapports d'argent, entre les classes qu'un rapport des forces, entre l'homme et la nature qu'un rapport instrumental, faisant naître de la sorte une classe d'ouvriers-prolétaires totalement dépossédés, réduits à n'être qu'une force de travail indéfiniment interchangeable, n'ayant plus aucun intérêt particulier à défendre :
« Le travail des prolétaires a perdu tout attrait... Le travailleur devient un simple accessoire de la machine ; on n'exige de lui que l'opération la plus simple, la plus vite apprise, la plus monotone. » Ces « simples soldats de l'industrie, placés sous la surveillance d'une hiérarchie complète de sous-officiers et officiers de la production », incarnent une humanité dépouillée de son humanité et qui ne peut accéder à celle-ci qu'en s'emparant de la totalité des forces productives de la société ; ce qui suppose qu'ils la révolutionnent de fond en comble. Le travail abstrait contient en germe, selon Marx, l'homme universel.
C'est donc, dans l'optique marxienne, un seul et même processus de rationalisation qui engendre d'une part, avec le machinisme, un rapport démiurgique, poiétique de l'homme à la nature et qui, d'autre part, fonde la puissance « colossale » des forces productives sur une organisation du travail dépouillant travail et travailleur de toute qualité humaine. Les agents directs de la domination machinique de la nature et de l'auto de l'humanité sont une classe prolétarienne dont les individus sont « rabougris » et « mutilés » dans leurs facultés, abrutis par le travail, opprimés par la hiérarchie et dominés par la machinerie qu'ils servent. C'est cette contradiction qui doit devenir le sens et le moteur de l'Histoire : le travail cesse, grâce à la rationalisation capitaliste, d'être activité privée et soumission aux nécessités naturelles ; mais dans le moment même où il est dépouillé de son caractère borné et servile pour devenir poïèsis, affirmation de puissance universelle, il déshumanise ceux qui l'accomplissent. A la fois domination triomphante sur les nécessités naturelles et soumission plus contraignante aux instruments de cette domination que l'était la soumission à la nature, le travail industriel présente, chez Marx comme chez les grands classiques de l'économie, une ambivalence qu'il ne faut jamais perdre de vue. C'est cette ambivalence qui explique les contradictions apparentes chez Marx, comme d'ailleurs chez la plupart d'entre nous, et qui égare Hannah Arendt (7). Il nous la faut analyser de plus près.
La rationalisation économique du travail a été la tâche de loin la plus difficile que le capitalisme industriel a eu à accomplir. Dans le Livre I du Capital, Marx se réfère abondamment à une vaste littérature qui décrit les résistances, longtemps insurmontables, auxquelles se sont heurtés les premiers capitalistes industriels. Il était indispensable à leur entreprise que le coût du travail devînt calculable et prévisible avec précision, car c'était à cette condition seulement que pouvaient être calculés le volume et le prix des marchandises produites et le profit prévisible. Sans cette comptabilité prévisionnelle, l'investissement restait trop aléatoire pour qu'on s'y risquât. Or pour rendre calculable le coût du travail, il fallait aussi rendre calculable son rendement. Il fallait pouvoir le traiter comme une grandeur matérielle quantifiable ; il fallait, autrement dit, pouvoir le mesurer en lui-même, comme une chose indépendante, détachée de l'individualité et des motivations du travailleur. Mais cela impliquait aussi que le travailleur ne devait entrer dans le processus de production que dépouillé de sa personnalité et de sa particularité, de ses buts et de ses désirs propres, en tant que simple force de travail, interchangeable et comparable avec celle de n'importe quel autre travailleur, servant des buts qui lui sont étrangers et d'ailleurs indifférents.
L'organisation scientifique du travail industriel a été l'effort constant de détacher le travail en tant que catégorie économique quantifiable de la personne vivante du travailleur. Cet effort a d'abord pris la forme de la contrainte au rendement par le rythme ou les cadences imposés. Le salaire au rendement, en effet, qui eût été la forme la plus rationnelle économiquement, s'est originellement révélé impraticable. Car pour les ouvriers de la fin du XVIIIe siècle, le « travail » était un savoir-faire intuitif (Cool intégré dans un rythme de vie ancestral et nul n'aurait eu l'idée d'intensifier et de prolonger son effort afin de gagner davantage. L'ouvrier « ne se demandait pas : combien puis-je gagner par jour si je fournis le plus de travail possible? mais : combien dois-je travailler pour gagner les 2,50 marks que je recevais jusqu'à présent et qui couvrent mes besoins courants (9) ».
La répugnance des ouvriers à fournir jour après jour une journée de travail entière dut la cause principale de la faillite des premières fabriques. La bourgeoisie imputait cette répugnance à la « paresse » et à « l'indolence ». Elle ne voyait d'autre moyen d'en venir à bout que de payer des salaires si faibles qu'il fallût peiner une bonne dizaine d'heures par jour tout au long de la semaine pour gagner sa subsistance :
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Léonard de Génie


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MessageSujet: Re: TRAVAIL   Dim 7 Déc 2008 - 6:34

[suite et fin]

C'est un fait bien connu, écrit par exemple J. Smith en 1747, que l'ouvrier qui peut subvenir à ses besoins en travaillant trois jours sur sept sera oisif et ivre le reste de la semaine... Les pauvres ne travailleront jamais un plus grand nombre d'heures qu'il n'en faut pour se nourrir et subvenir à leurs débauches hebdomadaires... Nous pouvons dire sans crainte qu'une réduction des salaires dans les manufactures de laine serait une bénédiction et un avantage pour la nation – et ne ferait pas de tort réel aux pauvres (10).

Pour couvrir ses besoins de main-d'oeuvre stable, l'industrie naissance eut, en fin de compte, recours au travail des enfants comme à la solution la plus pratique. Car, comme le notait Ure, « il est pratiquement impossible, passé l'âge de la puberté, de transformer les gens venus d'occupations rurales ou artisanales en bons ouvriers de manufacture. Après qu'on a lutté un moment pour vaincre leurs habitudes de nonchalance ou d'indolence, ou bien ils renoncent spontanément à leur emploi ou bien ils sont congédiés par les contre-maîtres pour fait d'inattention (11) ».
Ainsi, la rationalisation économique du travail n'a pas consisté simplement à rendre plus méthodiques et mieux adaptées à leur but des activités productives préexistantes. Ce fut une révolution, une subversion du mode de vie, des valeurs, des rapports sociaux et à la nature, l'invention au plein sens du terme de quelque chose qui n'avait encore jamais existé. L'activité productive était coupée de son sens, de ses motivations et de son objet pour devenir le simple moyen de gagner un salaire. Elle cessait de faire partie de la vie pour devenir le moyen de « gagner sa vie ». Le temps de travail et le temps de vivre étaient disjoints ; le travail, ses outils, ses produits acquéraient une réalité séparée de celle du travailleur et relevaient de décisions étrangères. La satisfaction « d'oeuvrer » en commun et le plaisir de « faire » étaient supprimés au profit des seules satisfactions que peut acheter l'argent. Autrement dit, le travail concret n'a pu être transformé en ce que Marx appellera le « travail abstrait » qu'en faisant naître à la place de l'ouvrier-producteur le travailleur-consommateur : c'est-à-dire l'individu social qui ne produit rien de ce qu'il consomme et ne consomme rien de ce qu'il produit ; pour qui le but essentiel du travail est de gagner de quoi acheter des marchandises produites et définies par la machine sociale dans son ensemble.
La rationalisation économique du travail aura donc raison de l'antique idée de liberté et d'autonomie existentielle. Elle fait surgir l'individu qui, aliéné dans son travail, le sera aussi, nécessairement, dans ses consommations et, finalement dans ses besoins. Parce qu'il n'y a pas de limite à la quantité d'argent susceptible d'être gagnée et dépensée, il n'y aura plus de limite aux besoins que l'argent permet d'avoir ni aux besoins d'argent. Leur étendue croît avec la richesse sociale. La monétarisation du travail et des besoins fera finalement sauter les limites dans lesquelles les contenaient les philosophies de la vie.

(1)Hannah Arendt, La condition de l'homme moderne, Paris, Calmann-Lévy, 1961, chap. 3.
(2)Karl Marx, Oeuvres économiques, II, Paris, Gallimard, « La Pléiade », p. 1486-1488.
(3)Hannah Arendt, La condition de l'homme moderne, op. cit., p. 40-41.
(4)Max Weber, L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme, Paris, Plon / Agora, 1985, p. 68-71.
(5)Max Weber, L'éthique protestante..., op. cit., p. 80.
(6)Max Weber, L'éthique protestante..., op. cit., p. 78-79, 83.
(7)Hannah Arendt (La condition de l'homme moderne, op. cit.) soutient que Marx réduit le travail au labeur tout en continuant tantôt à le considérer comme oeuvre, tantôt de prévoir son élimination. Cf. notamment p. 98-100, 118, 132, 147.
(8)Ce qui ne veut pas dire qu'il n'exigeait pas d'apprentissage mais que cet apprentissage n'exigeait pas la formalisation de contenus cognitifs.
(9)Max Weber, L'éthique protestante..., op. cit., p. 61.
(10) J. Smith, « Memoirs of Wool », cité par Stephen Marglin in André Gorz (éd.), Critique de la division du travail, Paris, Le Seuil, 1973, p. 71.
(11) Andrew Ure, Philosophy of Manufacturers (trad. franç., Bruxelles, 1836, Philosophie des manufactures) cité par Marx, Le Capital, I.

* André Gorz, Métamorphoses du travail, Critique de la raison économique, Quête du sens, Folio / Essais, p. 29 à 45.
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Léonard de Génie


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MessageSujet: Re: TRAVAIL   Dim 7 Déc 2008 - 6:35

QU'EST-CE QUE LE TRAVAIL? *

L'expérience le prouve, le commun des mortels se fait une idée extrêmement embrouillée de ce qu'est le travail. Incapable d'aller à l'essentiel, empêtré dans l'enchevêtrement des notions confuses qui sont le lot d'une existence vouée à respirer le sens commun, tout lui interdit d'accéder à la hauteur de vue de l'économiste, ce savant désintéressé, qui possède la souplesse nécessaire pour grimper sur ses propres épaules, et procéder à partir de ce robuste promontoire aux abstractions nécessaires pour saisir le travail comme concept pur. Le tout-venant, au bas mot les trois-quarts des salariés (ceux qui gagnent moins de 1650 € net par mois), s'imagine certainement que le travail est une fatalité (plus ou moins bien vécue) qui trouve son origine dans le fait qu'il faut gagner sa croûte, payer son loyer ou ses mensualités, élever une famille, entretenir une voiture et mener cette lutte sempiternelle contre l'entropie qui fait que chaque jour les choses se défont : que le lave-vaisselle d'aujourd'hui tombera en panne demain. Proche parfois du philosophe, il voit peut-être dans le cycle sans fin « travail-repos-loisir-travail » une certaine alternance de la force vitale qui prépare toujours sa régénération dans le mouvement même où elle s'épuise. Les bons jours, il admet que ce flux et reflux du harassement, entre l'usine (le bureau, ou la rue) et les lieux d'expression de l'insignifiance (le supermarché, la télé, les bouchons au téléski...), a quelques vertus : ne dit-on pas que l'oisiveté est un vice? Au comble de la fatigue, on sait qu'il lui arrive de douter de la justesse de cet ordre des choses. Mais seulement les mauvais jours. Dans ces instants de détresse, il en oublie la chance qu'il a de travailler, pour ne plus méditer que de sombres maximes : le travail salarié, rumine-t-il, mis à part une minorité de privilégiés qui partage les dividendes du capital sans jamais risquer un sou dans les affaires, n'a jamais enrichi personne... c'est même plutôt en faisant travailler les autres qu'on s'enrichit, etc.
Finalement, le boulot, dira-t-il, perdant toute velléité d'intelligence profonde, c'est pas compliqué : on y peine, on y souffre, on y trouve de la joie et des camarades, on fait ce qu'on nous dit de faire (et le contraire aussi, sinon ça ne marcherait pas), on s'y accroche à cause du chômage, on s'y épanouit tout en s'ennuyant, et on tente d'améliorer sa fiche de paie quand les circonstances se présentent.
On comprend, en dévalant ce torrent de banalités, que la raison d'être de l'économiste se justifierait par le seul souci de mettre un peu d'ordre et de donner quelque profondeur à tout cela. La science procède par abstractions, et il n'en va pas autrement dans la reine des sciences sociales que dans les sciences exactes. Qu'on ne se méprenne pas sur l'ampleur de la tâche, il a fallu plus de deux siècles pour parvenir à ce qui va suivre.
En réalité, le travailleur est un individu rationnel comme un autre. C'est à dire un être soucieux de maximiser son bien-être, en procédant à des échanges. S'il y a des salariés, c'est qu'il se trouve que les individus ont dans leur dotation initiale (cette sorte de corne d'abondance plus ou moins bien remplie qui constitue en quelque sorte leur stock de biens échangeables) un type particulier de marchandise (un bien, ou un facteur, pour être exact) : du travail. Certes ils n'ont pas que cela dans leur dotation initiale ; il se peut qu'ils possèdent aussi des machines, des ressources naturelles ou tout autre bien utile à la consommation ou à la production. Mais pour être salariés il faut qu'ils possèdent au moins du travail. Sur le marché du travail, le travailleur pourra donc offrir ce travail contre quelque chose d'autre (un salaire généralement) en vue de consommer des biens qui lui procurent de l'utilité (de la satisfaction, du bien-être). Pour faire plus moderne encore, disons que ce bien qu'il possède n'est pas exactement du travail, mais du capital humain, soit qu'il en ait hérité, soit qu'il ait investi (c'est à dire dépenser de l'argent) pour s'en doter. En gros, même si la formule est moins ronflante, on peut dire que le capital humain est une sorte de potentiel cristallisant toutes les capacités physiques et intellectuelles du travailleur, ou en représentant tout ce qu'il sait faire et ce qu'il peut faire. Naturellement, selon les choix stratégiques que les uns et les autres auront fait avant de se rendre sur le marché du travail (choix portant essentiellement sur le type et la longueur des études), il se trouvera des individus plus ou moins bien dotés en capital humain. Mais n'y voyons pas d'injustice. Un travailleur mieux doté est simplement quelqu'un qui a bien voulu en payer le prix : c'est à dire quelqu'un qui a sacrifié du temps (pendant lequel il ne percevait pas de revenus provenant du travail) et de l'argent (en achat de formation), au profit d'une augmentation de ses revenus futurs. A l'inverse, les plus impatients (ceux qui ont un facteur d'escompte plus faible des revenus futurs) ont simplement fait un autre choix : abréger les études pour jouir plus vite de la vie. Quoi qu'il en soit de sa dotation en capital humain, ce n'est cependant pas ce bien qu'un individu vend sur le marché du travail. Marx, il est vrai, eut la perfidie de nous faire croire que le travailleur vendait sa force de travail (laquelle n'est qu'une version datée, et donc forcément ringarde, du capital humain) au capitaliste. Or, si les travailleurs vendaient leur capital humain, les patrons pourraient ensuite l'exploiter à leur guise, ce qui, on en conviendra, est à mille lieues du principe de réciprocité libéral. Ce que les travailleurs vendent, en fait, ce sont seulement les services producteurs de ce capital humain, c'est-à-dire l'exercice pendant une durée déterminée des facultés créatrices de richesse de ce capital humain. Tout comme le rentier ne vend pas ses immeubles, mais en fait payer le droit d'usage pendant un certain temps à ses locataires, le travailleur ne vend pas son capital humain, mais seulement le droit d'en utiliser les services (créateurs de richesses) pendant un certain temps. C'est donc cela le travail : le flux (mesuré en nombre d'heures) des services producteurs rendus par le capital humain lorsqu'il se combine dans la production des autres types de capitaux (machines, bâtiments, terres, infrastructures, brevets, etc.). En pratique, même si l'on a tardé à s'en rendre compte, tout le monde est capitaliste. Seuls diffèrent les types de capitaux dont chacun disposent en plus ou moins grande quantité, et en proportions variées : capital humain, capital machine, capital brevet, etc. Et ce qui s'échange sur les différents marchés des facteurs de production n'est rien d'autre que la location de ces capitaux. Le contrat de travail n'est qu'un contrat de louage parmi d'autres.
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MessageSujet: Re: TRAVAIL   Dim 7 Déc 2008 - 6:38

[suite]

Conclusion

Voilà donc ce que raconte le grand mythe de l’économie du travail. Le chômage est le produit de l’action rationnelle des salariés, qui cherchent sans répit à tirer parti des imperfections du marché du travail, lorsqu’ils ne les créent pas eux-mêmes en s’adonnant à tous leurs mauvais penchants. C’est le mythe de l’autosacrifice, rationnellement consenti, des gueux.
Dire qu’il s’agit d’un mythe pourrait sembler exagéré et décevant à la fois.
Exagéré, parce qu’un mythe, en toute rigueur, est partagé par l’ensemble de la communauté qui se raconte à travers lui, et s’ordonne autour de lui. Or on voudrait admettre, peut-être un peu vite, que le grand mythe de l’économie du travail n’est guère partagé au-delà du cercle des économistes lui-même, et des gens de pouvoir qui y trouvent leur compte. Il n’est pas douteux, pourtant, qu’un nombre significatif d’éléments du mythe imprègne l’ensemble de la société. Qui n’aura reconnu, à travers les savantes constructions de l’économie du travail, des solides vérités qui charpentent les colloques patronaux, les éditoriaux de la presse économique et jusqu’à nos plus intimes convictions sur « la nature des choses ». Ne raconte-t-il pas, finalement, ce que nous croyions déjà savoir : que l’assistance engendre la paresse, que le poids des charges sociales est dissuasif, que le SMIC est forcément trop élevé pour des gens qui ne savent rien faire, que la couardise des salariés explique leur piètre condition, qu’ils en veulent toujours trop, qu’ils se la coulent douce au boulot pendant que d’autres voudraient bien travailler, que le petit personnel n’est plus attaché à « son » entreprise, etc. Cette adéquation entre le discours savant et la vulgate devrait tout de même troubler. Est-ce simplement que le mythe savant descend par capillarité irriguer jusqu’à la dernière maille du tissu social, dans la forme forcément dégradée sous laquelle elle y parvient? Où est-ce, tout autant, sinon plus vraisemblablement, qu’il s’agit bien d’un mythe, c’est-à-dire d’une production collective, dont la rationalisation est nécessairement l’œuvre de quelques grands clercs, mais dont l’imagination n’a d’autre source que la psychologie des foules, d’où elle voudrait croire qu’elle est parvenue à s’extraire?
Décevante, la rhétorique du mythe pourrait l’être aussi, si l’on entend par là que le mythe est à ranger au rayon des idées impuissantes, avec les autres constructions fantasmatiques, sans efficace dans la réalité. Or, tout comme la magie est bien une idée pratique, pour reprendre les termes de Mauss (68), le mythe est une représentation normative de l’être ensemble, qui dit comment la communauté doit s’y prendre, concrètement, pour se conformer à l’image qu’elle se donne d’elle-même. Le mythe énonce bien ce qu’il faut faire, et pourquoi il faut le faire. Nous en avons donné de nombreux exemples.
On ne comprendrait rien à la marche des affaires économiques, si l’on perdait de vue cette dimension essentielle du mythe comme idée pratique. Car les théories du chômage que nous avons passées en revue dans cet ouvrage se consolident effectivement dans une représentation du monde orientée vers l’action politique, dont les effets sont partout visibles. S’il faut en donner un dernier indice, c’est sûrement dans la conduite actuelle de la politique monétaire en Europe que l’on trouvera le plus probant.
Alors même que la croissance économique s’installe à peine, et que la décrue du chômage s’amorce péniblement, la Banque centrale européenne a entrepris depuis quelques mois de remonter graduellement ses taux d’intérêt, officiellement pour lutter contre tout redémarrage « anticipé » de l’inflation (ou de l’inflation anticipée… on ne sait plus?). Certes, la chasse aux fantômes est un genre cynégétique assez prisé : il y faut moins de courage physique que d’outrance démonstrative, on ne s’y embourbe pas, et le but lui-même est d’en revenir bredouille. « Vous avez vu l’inflation? ». Non, on l’a mise en fuite! ». C’est là une interprétation plausible du comportement de la BCE, qu’un certain chef économiste de cette institution n’est pas loin de partager lorsqu’il dit : « pour un banquier central, l’inflation n’est jamais morte ». Cependant, on devrait se demander ce qui pousse de paisibles banquiers à déterrer une nouvelle fois le fantôme de l’inflation, celui-là précisément, alors que le fantôme de l’inflation, alors que les fantômes courent les rues. La politique de hausse des taux d’intérêts de la BCE ne serait-elle pas plus sûrement fondée sur la doctrine du « taux de chômage naturel » (69), qui lui fait prendre les devants de toute argumentation anticipée des salaires?
Selon cette doctrine, toute réduction du chômage en deçà d’un certain seuil (estimé, selon les humeurs, entre 8 et 10 % pour la France) relancerait la spirale inflationniste, en confortant par trop les revendications de hausse de salaires. Alors qu’il suffirait, en théorie (si le marché du travail fonctionnait parfaitement), d’un seul chômeur pour provoquer un réajustement à la baisse des salaires, et recouvrer le plein emploi, l’ensemble des imperfections du marché du travail contrecarre jusqu’à un certain point cette belle mécanique. Les syndicats et, toutes les institutions parasitaires du marché font que les travailleurs parviennent à résister à « une forte dose » de chômage avant d’être contraints à concéder des baisses de salaire. En deçà de cette dose (en dessous de 8 ou 10 %), la peur du chômage diminuant, ils parviennent même à obtenir des augmentations. Vouloir réduire le chômage en deçà de ce seuil, c’est donner prise immédiatement à des revendications victorieuses de hausse de salaire. Ce qui, « comme chacun sait », est inflationniste.
N’est-ce pas justement ce que craignent le plus les autorités monétaires : qu’avec la croissance et la réduction du risque lié au chômage, l’inflation salariale redémarre? C’est bien possible, si l’on en croit un de ses responsables, qui déclarait, à l’issue du troisième relèvement des taux : « il était aussi important d’indiquer aux partenaires sociaux que la Banque centrale européenne fera tout pour maintenir [le taux d’inflation] sous cette barre de [de 2 %] à moyen terme » (70). Ce que Monsieur Wim Duisenberg avait déjà annoncé lors du relèvement précédent en précisant : « …en ce qui concerne l’avenir, il s’agit d’un signal au marché du travail » (71). Cependant, en prenant les devants, et en annonçant, alors que la croissance économique et la diminution du chômage s’installent à peine, que la fête est déjà finie, que le niveau de l’emploi est peut-être déjà trop élevé (pour contenir les hausses de salaire), la BCE ne préjuge-t-elle pas de la nature et de la réalité du redémarrage des salaires? Qui peut dire que ce redémarrage a déjà eu lieu, ou qu’il se profile, et surtout : qui a le droit de l’assimiler à l’inflation?
En période de reprise, les salaires peuvent augmenter pour au moins trois raisons, qui ne portent en elles-mêmes aucune pression inflationniste. D’un côté, des goulots d’étranglement peuvent se produire sur le marché du travail, certaines qualifications faisant défaut. Ce qui provoque une amélioration du salaire pour ces catégories de travailleurs… le temps justement que ce goulot s’élargisse, en partie grâce au différentiel de salaire ainsi créé (qui doit inciter les entreprises et les salariés à réviser leurs choix de formation et d’embauche). Ceci n’est pas inflationniste. Il n’y a pas « hausse générale et cumulative des prix et des salaires », mais seulement modifications des prix relatifs des différences sortes de travail. Ensuite, un nombre non négligeable de salariés ont été employés, durant toute la période de chômage, à des tâches pour lesquelles ils étaient surqualifiés (les entreprises ayant eu le choix, parce qu’il y avait du monde dans la queue, d’embaucher des salariés surqualifiés pour faire des tâches qu’elles auraient pu confier à des individus moins qualifiés). Or ces salariés, en retrouvant avec la reprise des postes plus adaptés à leurs compétences, verront sans doute « normalement » leurs salaires augmenter. Là encore, il ne s’agit pas d’inflation, mais plutôt d’un rattrapage salarial, lié à une augmentation de la production imputable à la meilleur utilisation de ces travailleurs. Enfin, et c’est le point essentiel, il se pourrait très bien que la réduction du chômage défasse un partie de ce que l’histoire de sa résistible ascension avait provoqué : une formidable régression de la part des salaires dans le partage de la valeur ajoutée. En vingt ans, les salariés ont en effet cédé 8 points de valeur ajoutée aux patrons et aux rentiers (72). Or, la montée du chômage et les niveaux très élevés des taux d’intérêts en sont la principale explication. Les taux d’intérêt : en prélevant une rente plus importante sur les fruits du travail ; et le chômage : en dégradant passablement le rapport de force des salariés sur le marché du travail.
N’est-ce pas justement tout retour en arrière qu’il s’agit de bloquer? En agissant déjà le chiffon rouge de l’inflation, n’est-ce pas le sombre scénario d’un redressement du partage de valeur ajoutée en faveur des salariés que la Banque centrale indépendante (des citoyens) cherche à anticiper, pour mieux le prévenir? Auquel cas, le pari qui aura consisté à refouler le conflit majeur au sein des économies capitalistes de marché (le partage salaires-profits-rentes) en le transférant au niveau du dernier rempart que la politique peut s’offrir (le décret technocratique de banquiers éclairés), s’avérera sans doute rapidement risqué.
Car les citoyens, qui ont commencé à tirer les faux nez de la globalisation libérale, en pointant du doigt les acteurs (l’OCDE et son projet d’AMI, le FMI et ses politiques d’ajustement, l’OMC et sa globalisation néo-libérale) comprennent sans doute mieux, maintenant, ce qu’un Wim Duisenberg a voulu leur dire en lâchant : « il s’agit d’un signal au marché du travail ». Et si le marché du travail, et les citoyens, se chargeaient à leur tour d’envoyer « un signal » à Monsieur Duisenberg?

(68) Marcel Mauss, Essai sur le don, Paris, PUF, 9e édition, 1985. Première publication dans l’Année Sociologique, seconde série, 1923-1924.
(69) Doctrine qui prend la forme avec l’article de Milton Friedman (1968).
(70) Les Echos, 17-18 mars 2000.
(71) Conférence de presse de la Banque centrale européenne, 3 février 2000. Disponible sur le site internet : www.ecb.int.
(72) Cela signifie que la part des salaires (toutes charges sociales comprises) dans la répartition de la richesse produite est passée de 68 % à 60 % sur la période.
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MessageSujet: Re: TRAVAIL   Dim 7 Déc 2008 - 6:43

[suite et fin]

I N D I C A T I O N S B I B L I O G R A P H I Q U E S

Pour comprendre les économistes et, dans une certaine mesure, l’économie, la référence reste incontestablement :
Paul A. Samuelson, L’Economique, tomes 1 et 2, Paris, Armand Colin, 1972.
Les chapitres 24 et 31 à 33 du tome 2 présentent l’essentiel de ce que la théorie néoclassique peut offrir à l’économie du travail, aujourd’hui encore.

Pour des éclairages complémentaires et une présentation très pédagogique (du plus haut niveau) de la doctrine économique contemporaine :
Edmund S. Phelps, Economie Politique, Paris, Fayard, 1990.

En cas de problème, se munir du meilleur dictionnaire d’analyse économique disponible (plus qu’un dictionnaire: une présentation critique et accessible des principaux « savoirs » et controverses) :
Bernard Guerrien, Dictionnaire d’analyse économique, Paris, La Découverte, 1996.

Pour approfondir certaines questions d’économie du travail, si c’est bien le problème qui se pose, on peut consulter l’ouvrage sans doute le plus complet en français :
Pierre Cahuc et André Zylberberg, Economie du travail. La formation des salaires et les déterminants du chômage, Paris, De Boeck Université, 1996.

Un manuel clair et pédagogique (en anglais) est :
Randall K. Filer, Daniel S. Hamermesh, Albert E. Rees, The Economics of Work and Pay, New York, Harper Collins, 1996.

Les deux livres à destination du grand public qui recouvrent le mieux la matière du présent ouvrage, sont :
Anne Pérot, Les Nouvelles théories du marché du travail, Paris, La Découverte, 1995.
Bénédicte Reynaud, Les Théories du salaire, Paris, La Découverte, 1994.
Ce dernier propose un aperçu des approches alternatives à l’orthodoxie du moment, qui fait un contrepoids utiles aux théories présentées ici.

Pour que le lecteur s’y repère un peu mieux.
Le contenu des chapitres I à III fait l’objet d’exposés détaillés dans tous les manuels d’économie.
La matière des chapitres IV et V se trouvera plutôt dans les manuels d’économie du travail, qui fournissent les bibliographies permettant de remonter aux sources.

On trouvera un accès direct à certains articles originaux qui forment la matière des chapitres IV et V du présent ouvrage dans les deux recueils suivants :
La Macroéconomie après Lucas, Textes choisis, Gilbert Abraham-Frois et Françoise Labre (éd.), Paris, Economica, 1998.
New Keynesian Economics, N. Gregory Mankinw and David Romer (éds), Cambridge, Massachussetts, The MIT Press, 1991

* Laurent Cordonnier – Pas de pitié pour les gueux – Sur les théories économiques du chômage, 2000, Editions RAISONS D'AGIR, 6 €
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MessageSujet: Re: TRAVAIL   Dim 7 Déc 2008 - 6:44

Le mouvement des chômeurs, un miracle social *

Ce mouvement des chômeurs est un événement unique, extraordinaire. Contrairement à ce qu'on nous ressasse à longueur de journaux écrits et parlés, cette exception française est quelque chose dont nous pouvons être fiers. Tous les travaux scientifiques ont en effet montré que le chômage détruit ceux qu'il frappe, qu'il anéantit leurs défenses et leurs dispositions subversives. Si cette sorte de fatalité a pu être déjouée, c'est grâce au travail d'individus et d'associations qui ont encouragé, soutenu, organisé le mouvement. Et je ne puis m'empêcher de trouver extraordinaire que des responsables politiques de gauche et des syndicalistes dénoncent la manipulation (retrouvant le discours patronal des origines contre les syndicats naissants) là où ils devraient reconnaître les vertus du travail militant sans qui, on le sait bien, il n'y aurait jamais rien eu qui ressemble à un mouvement social. Pour ma part, je tiens à dire mon admiration et ma gratitude - d'autant plus totales que leur entreprise m'est apparue souvent comme désespérée - pour tous ceux qui, dans les syndicats et les associations rassemblées au sein des Etats généraux pour le mouvement social, ont rendu possible ce qui constitue bien un miracle social dont on ne finira pas de si tôt de découvrir les vertus et les bienfaits.
La première conquête de ce mouvement est le mouvement lui-même, son existence même : il arrache les chômeurs et, avec eux, tous les travailleurs précaires, dont le nombre s'accroît chaque jour, à l'invisibilité, à l'isolement, au silence, bref, à l'inexistence. En réapparaissant au grand jour, les chômeurs ramènent à l'existence et à une certaine fierté tous les hommes et les femmes que, comme eux, le non-emploi renvoie d'ordinaire à l'oubli et à la honte. Mais ils rappellent surtout qu'un des fondements de l'ordre économique et social est le chômage de masse et la menace qu'il fait peser sur tous ceux qui disposent encore d'un travail. Loin d'être enfermés dans mouvement égoïste, ils disent que, même s'il y a sans doute chômeur et chômeur, les différences entre les RMIstes, les chômeurs en fin de droit ou en allocation spécifique de solidarité ne sont pas radicalement différentes de celles qui séparent les chômeurs de tous les travailleurs précaires. Réalité fondamentale que l'on risque d'oublier et de faire oublier, en mettant l'accent exclusivement sur des revendications « catégorielles » (si l'on peut dire!) des chômeurs, propres à les séparer des travailleurs, et en particulier des plus précaires d'entre eux, qui peuvent se sentir oubliés.
De plus, le chômage et le chômeur hantent le travail et le travailleur. Temporaires, vacataires, supplétifs, intermittents, détenteurs de contrats à durée déterminée, intérimaires de l'industrie, du commerce, de l'éducation, du théâtre ou du cinéma, même si d'immenses différences peuvent les séparer des chômeurs et aussi entre eux, vivent dans la peur du chômage et, bien souvent, sous la menace du chantage qu'il permet d'exercer sur eux. La précarité rend possibles de nouvelles stratégies de domination et d'exploitation, fondées sur le chantage et le licenciement, qui s'exerce aujourd'hui sur toute la hiérarchie, dans les entreprises privées et même publiques, et qui fait peser sur l'ensemble du monde du travail, et tout spécialement dans les entreprises de production culturelle, une censure écrasante, interdisant la mobilisation et la revendication. La dégradation généralisée des conditions de travail est rendue possible ou même favorisée par le chômage et c'est parce qu'ils le savent confusément que tant de Français se sentent et se disent solidaires d'une lutte comme celle des chômeurs. C'est pourquoi on peut dire, sans jouer avec les mots, que la mobilisation de ceux dont l'existence constitue sans doute le facteur principal de la démobilisation est le plus extraordinaire encouragement à la mobilisation, à la rupture avec le fatalisme politique.
Le mouvement des chômeurs français constitue aussi un appel à tous les chômeurs et travailleurs précaires de toute l'Europe : une idée subversive nouvelle est apparue, et elle peut devenir un instrument de lutte dont chaque mouvement national peut s'emparer. Les chômeurs rappellent à tous les travailleurs qu'ils ont partie liée avec chômeurs ; que les chômeurs dont l'existence pèse tant sur eux et sur leurs conditions de travail sont le produit d'une politique ; qu'une mobilisation capable de surmonter les frontières qui séparent, au sein de chaque pays, les travailleurs et les non travailleurs et d'autre part celles qui séparent l'ensemble des travailleurs et des non travailleurs d'un même pays des travailleurs et non travailleurs des autres pays pourrait contrecarrer la politique qui fait que les non travailleurs peuvent condamner au silence et à la résignation ceux qui ont le « privilège » incertain d'avoir un travail plus ou moins précaire.

* Pierre Bourdieu - Intervention du 17 janvier 1998, lors de l'occupation de l'Ecole normale supérieure (Paris) par les chômeurs. Du petit livre Contre-feux - Propos pour servir à la résistance contre l'invasion néo-libérale (Editions RAISONS D'AGIR – 4,60 €).
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MessageSujet: Re: TRAVAIL   Dim 7 Déc 2008 - 6:45

Travailleur = Crapule

LE PRINCE LEONCE. - Celui qui travaille se suicide de façon raffinée. Celui qui se suicide est un criminel. Et un criminel est une crapule. Donc, celui qui travaille est une crapule. (…)
VALERIO. - Monsieur, ma grande affaire, c’est l’oisiveté. Je suis extraordinairement habile dans le farniente et doué d’une persévérance inouïe dans la paresse.
(Dans le fragment qui suit, le prince Léonce ne se fait pas de sang quant à l’usage du pouvoir dont il va hériter.)
LE PRINCE LEONCE. - Nous allons faire démolir toutes les pendules et interdire tous les calendriers, nous compterons les heures et les mois d’après la seule horloge des fleurs, des boutons et des fruits. Puis nous ferons entourer notre petit pays de miroirs ardents, afin qu’il n’y ait plus d’hiver. (…)
VALERIO. - Et moi, je deviens ministre d’Etat. On promulguera un décret suivant lequel toute personne qui aura des ampoules aux mains sera placée sous tutelle, toute personne qui tombera malade à force de travail sera justiciable d’un tribunal criminel, et tous ceux qui se vantent de manger leur pain à la sueur de leur front seront déclarés déments et nuisibles à la société.

GEORG BUCHNER - Léonce et Léna (1835, Trad. D. Naville) © Commerce - du livre Anthologie de la subversion carabinée de Noël Godin, Editions l‘Age d‘Homme.
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MessageSujet: Re: TRAVAIL   Dim 7 Déc 2008 - 6:54

J'aime ce symbole - "prendre le temps de prendre le temps" (Alexandre Le Bienheureux):



http://www.partipourladecroissance.net/
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MessageSujet: Re: TRAVAIL   Dim 7 Déc 2008 - 14:15

Tu es en forme aujourd'hui. sunny
Bonne soirée.
Théa
cat
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MessageSujet: Re: TRAVAIL   Sam 20 Déc 2008 - 14:21

MANIFESTE CONTRE LE TRAVAIL

http://kropot.free.fr/manifestevstrav.htm
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vartan
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MessageSujet: Re: TRAVAIL   Sam 20 Déc 2008 - 14:29

En partie d'accord sur quelques aspects:

Citation :
Le totalitarisme économique broie sous sa roue chaque pays, l'un après l'autre, ne prouvant qu'une chose, encore et toujours : ces pays ont péché contre les "lois du marché". Qui ne "s'adapte" pas, inconditionnellement et sans état d'âme, au cours aveugle de la concurrence totale se voit châtié par la logique de la rentabilité. Qui est prometteur aujourd'hui sera jeté demain à la casse de l'économie. Mais rien ne saurait ébranler les malades de l'économie qui nous gouvernent dans leur étrange explication du monde.

Sans volonté aussi assumée et théorisée à mon avis, ou a posteriori, je pense que la simple et atroce pulsion d'avidité laissée totalement libre sous prétexte de laisser la loi naturelle décider pour l'Humanité est en grande partie responsable. Ce qui est étrange c'est de voir que ces mêmes monstres assoiffés de sang, ces libéraux, ces multinationales ne se rendent pas comptent qu'ils se dévorent eux-mêmes à faire ça et qu'ils entraînent leur propre destruction. scratch
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MessageSujet: Re: TRAVAIL   Sam 20 Déc 2008 - 16:48

Si les libéreaux et les multinationales vivaient entre eux, sur leurs iles, s'entre tuqient sans que cela engendre conséquences sur les populations qui adhèrent ou refusent leur politique, ce serait sûrement le pied!

Que les multinationales s'écroulent je m'en moque, même si je sais que beaucoup de gens sont liés de prêt ou de loin à ces entreprises, donc leurs chutes (ou non) engendrent déjà des conséquences néfastes, dramatiques sur ces gens... Si on ne leur dit pas ce qu'est le travail actuel, comment fonctionne les systèmes banquiers, scolaires, etc. et comment ils sont, fonctionnent par apport au "grand capital", il y aura peu de chances que ça bouge un peu, que les travailleurs (ou non) auront une existence un peu plus viable, une vie plus conviviale... C'est un très long débat mais bon, si on veut sortir du capitalisme, de cette idéoologie voire propagande croissanciste (du moins ceux qui veulent), il y aura forcément lutte... pas trop sanglante j'espère. C'est ce que dit Ariès dans son livre Décroissance. Un nouveau projet politique : il a un fond assez optimiste mais est assez pessimiste quant à la sortie de cette "impasse", à ces conséquences...

Le problème c'est que les chefs d'état et autres politiciens dit de gauche ont abdiqués (mais collaborent : les think thanks, etc) au "marché" et quiconque ne montre pas patte blanche, "n'abdique pas" non plus à cette politique unipolaire est déchu de certains droits (chômage notamment). D'ou à mon avis sortir de la politique traditionnelle n'est pas une mauvaise chose. Chirac avait dit : Les hommes naissent, meurent, c'est la vie, comme naissent et meurent les entreprises. Royal : Le marché est naturel comme la gravitation universelle. Besancennot à lui aussi un goût de productivisme, travaillisme connu, Bové y compris. J'entends par Marché euphémisme du capitalisme...

Le mythe de la croissance... créatrice d'emploi :

http://www.dailymotion.com/video/x8a00_loic-wacquant-sociologue

Quelques lectures:

Le droit à la paresse

Le paresseux

La paresse comme vérité effective de l'homme

L’Apologie de la paresse

Éloge de l'oisiveté

Une apologie des oisifs


Attention Danger Travail
Citation :
Une dizaine de chômeurs et chômeuses racontent pourquoi et comment ils ont décidé de ne plus aller travailler. Après avoir fréquenté plus ou moins longtemps le monde du travail, ces hommes et femmes ont fui l'usine, l'entrepôt ou le bureau, bien décidés à ne plus accepter les règles de la guerre économique contemporaine. Loin de l'image du chômeur accablé ou déprimé, ces "sans-emploi qui n'en demandent pas pour autant" expliquent ouvertement pourquoi ils cherchent à s'épanouir en dehors du monde du travail, avec peu de ressources mais en disposant de temps à profusion.
http://www.homme-moderne.org/rienfoutre/attention/index.html

Volem Rien Foutre Al Pais
Citation :
ette fois, ce n’est plus seulement à un bricolage séditieux, sympa, tonique, boyautant et malicieusement rentre-dedans que nous avons affaire, c’est à un chef-d’œuvre-surprise du cinéma de combat radicalement jouissif. Souffrant fort bien la comparaison avec les plus éperonnantes fictions anarcho-utopistes des années-barricades (La Salamandre, La Fianceé du pirate, Bof et Themroc, les Mocky écrits par Alain Moury…) dont il retrouve le punch dialectique jubilatoire et le jusqu’auboutisme pyromanesque ouvrant sur tous les possibles, le documentaire-manifeste Volem rien foutre al païs s’avère être, de par son existence même, une terrible catastrophe pour le monde du travail décerveleur. A nous de le montrer partout sans vergogne ! A nous, mis à feu par lui, de tout-tout-tout faire péter pour tout-tout-tout réimaginer !
http://www.rienfoutre.cabrule-lefilm.com/

VIVE LA GLANDOUILLE! cheers


Dernière édition par JouiF le Sam 20 Déc 2008 - 17:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: TRAVAIL   Sam 20 Déc 2008 - 16:53

http://fr.wikipedia.org/wiki/Attention_danger_travail
http://fr.wikipedia.org/wiki/Volem_rien_foutre_al_pa%C3%AFs

Attention Danger Travail

http://www.dailymotion.com/fanstes/video/xhuhm_danger-travail-pierre-carles-part1

Volem Rien Foutre Al Pais

http://www.dailymotion.com/playlist/xhxtq_tchelsoo_volemrienfoutrealpais2007de-pierre
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MessageSujet: Re: TRAVAIL   Sam 20 Déc 2008 - 18:32

C'est vrai ça ! Depuis 20 ans la croissance n'a que rarement été contrariée mais le taux de chomage est de plus en plus important. scratch
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MessageSujet: Re: TRAVAIL   Sam 20 Déc 2008 - 20:47

Ca dépend de ce qu'on entend par croissance économique. Economique, ou plutot économisme, oui, c'est ce qui a prit le pas sur le social et le culturel depuis belle lurette. La croissance? Je ne me sens pas capable de la définir dans l'absolu mais je sais que celle-ci sert une minorité de dominant et se mesure par l'intermédiaire d'un facteur encore sacralisé qu'est le PIB. Le Roi, cet envoyé divin et sans sexe (d'ailleurs je me demande comment la famille royale se reproduit? Par télépathie comme Marie?) qu'est le PIB ne comprend que les activités monnayables, salariées - pourquoi ne pas monnayer le bénévolat, les travaux domestiques, celui qui cultive son jardin, etc.? Quoiqu'il fasse, l'humain est productif, non? Activités qui aux avis de plusieurs ont plus de valeur, de richesse, sont plus dignes, essentielles que celles exercées par des brokers ou publicitaires. La croissance érigée en totem est une arme du libéralisme, elle réduira les inégalités, créera de l'emploi, etc. c'est bien connu, c'est pour ça qu'il y a de plus en plus de chômeurs, de SDF, etc. comme il est bien connu que pour avoir de la valeur il faut avoir ou valoir un prix.

Pendant les "Trente Glorieuses" (pas pour tout le monde) le (semi) plein-emploi était pratiqué, la croissance était plus élevée. Problème c'est qu'elle créa de l'inflation, inflation qui fit chier le patronat. On sait ce qui se passa ensuite, que même la gauche se convertit à la doctrine libérale, privatisa des entreprises et services publics, licencia collectivement, etc. sous l'édit libéral qui a comme au Mexique et en Argentine réduit les inégalités, c'est bien connu ça aussi. Est-ce un hasard si aux USA, on a construit des prisons à la pelle et que la population carcérale Etats-Uniennes à été multipliée par 5 en 20 ans? Donc, pour créer ou répartir l'emploi, il faut réduire le temps de travail, tout simplement. 35 heures semaines, certes j'ai déjà un pas mais c'est deux fois trop, plus d'un scientifique l'a et le dit. D'après mes lectures, certains disent que fiscalement il est faisable de travailler 1000 heures par an, travailler au sens où il est véhiculé contemporainement. Si des gens veulent travailler plus, pourquoi pas, tant que ça ne produit pas de conséquences malséantes sur "autrui". Puis, limite, si quelqu'un veut travailler à ma place tant qu'il ne me le reproche pas par la suite, moi, ya aucun problème Mr. Green Réduire l'emploi, d'accord mais pas que pour récupérer du temps libre, se comprendre, se construire, etc. mais aussi par apport à la production donc aux matières premières, à ses transports, traitements, etc., donc par apport à la terre, à la biosphère - on va chercher le pétrole, le zinc, le plomb sur Pluton?

Je prends l'exemple de Renault Vilvoorde car j'ai vu récemment un film radical sur le sujet Mr. Green Pour faire des bagnoles, faut du pétrole (entre autres pour le transport), de la flotte, de l'électricité et encore du pétrole pour l'emballage cadeau, pour construire l'épicerie-automobile, pour faire la carte de fidelité du patient-bigot-client fidèle à l'épicier Vroom-Vroom, etc. Puis, comme on le sait, la tuture à quattre pattes fonctionne à l'eau, mais faut un peu de pétrole pour aller la première fois chercher l'eau à la source qui fait patienter, CO2iser les Vroom-Vroomobiles qui ont soif et leurs conducteurs-serviteurs qui vivent dans les pays chauds et qui eux ont encore plus soif... Aussi, vu le nombre de déchets que l'on fait et que l'on nous impose de faire est lié selon certains économistes à la (sur)production - voir le nombre de tonnes d'emballages qui sont jetés en France par an, que l'on recycle parait-il pour pouvoir consommer toujours autant. Pöur consommer il faut produire donc travailler. Pour travailler moins il faut produire moins donc consommer moins. A quoi bon acheter deux bagnoles (à moins qu'une serve de poulallier) alors qu'une seule suffit (voire pas du tout)? A quoi bon remplacer le pétrole par autre chose si c'est pour consommer toujours autant? Construire des centrales nucélaires? Il en faudrait 5000 supplémentaires qui on sait ne fait courir aucun risque, ni aux humains, ni aux alentours des sites (pollutions, taux de radioactivité plus élevée sur leur faune et flore, etc), ni pour le stock des déchets (les envoyer sur Mars? Oui, pourquoi pas, mais les fusées, ça s'envole et se construit comment? A l'énergie solaire, avec des éoliennes?)...

Bref, Croissance, Production, Travail sont étroitement liés. C'est bien beau de faire comme Onfray, de tenter d'athéiser le monde entier spirituellement parlant (la Religion est aussi une fiction sociale), mais je ne sais pas trop, peut-être faudrait-il continuer à s'interroger sur ce que sont le Progrès, le Développement, le Travail, la Compétitivité, le Mérite et plein plein plein d'autres choses, dont les instutions comme l'Ecole qui nous transmettent de manière évidente, comme allant de soi ces savoirs. Cela dit, je crois qu'il y a une ou deux choses à continuer à mettre au gout du jour, ce sont surtout l'arrogance, la vanité et l'avidité humaine. Parce que tant que l'humain s'avèrera grande-gueule (qui tue directement ou indirectement des gens), la vie-fête, la vie-cadeau, tous ces rêves et trucs que l'on nous fait croire quand on est gosse, j'ai bien peur que cela n'arrive jamais, du moins de mon vivant. J'ai même un peu peur d'imaginer le monde dans vingt ans si nous continuons de la sorte. Car comme le dit l'indien Cree : Quand vous aurez peché le dernier poisson, tué le dernier animal, arraché la dernière plante, etc., vous vous rendrez compte que l'argent ne se mange pas.

C'est peu-être d'ailleurs pour ça que je me sens assez proche de :

Citation :
Il (Nicholas Georgescu-Roegen)a entre autres contribué, en économie, à l'introduction du concept physique d'entropie. Ses travaux ont contribué de façon significative à l'élaboration de la bioéconomie, qui ouvre un pont entre sciences économiques, sciences biologiques (loi de l'évolution, néodarwinisme). À ce titre, il fait partie du courant évolutionniste des économistes. Mais il lie aussi sciences économiques et sciences physiques (thermodynamique), ouvrant la voie à l'économie thermodynamique. Son ouvrage majeur est The Entropy law and the Economic Process paru en 1971 dans lequel il écrit :

« Le processus économique n’est qu’une extension de l’évolution biologique et, par conséquent, les problèmes les plus importants de l’économie doivent être envisagés sous cet angle » The Entropy law and the Economic Process

« la thermodynamique et la biologie sont les flambeaux indispensables pour éclairer le processus économique (...) la thermodynamique parce qu’elle nous démontre que les ressources naturelles s’épuisent irrévocablement, la biologie parce qu’elle nous révèle la vraie nature du processus économique » The Entropy law and the Economic Process

Pour ses partisans, ces théories réconcilieraient économie et écologie en réintégrant la science économique dans la pensée scientifique contemporaine de la révolution industrielle et de la découverte de l'évolution biologique. Elles apporteraient un éclairage novateur et fécond dont les implications pratiques dépassent l'économie politique. Elles mettraient en évidence l'impossibilité de résoudre les problèmes environnementaux par le seul progrès scientifique et technologique.

Jugeant l'économie libérale de la théorie néoclassique beaucoup trop mécanique, Georgescu-Roegen a mis en lumière la contradiction entre la deuxième loi de la thermodynamique, la loi de l'entropie – c'est-à-dire la dégradation inéluctable, suite à leur usage, des ressources naturelles utiles à l'humanité – et une croissance économique matérielle sans limites. Il appelait pour sa part à une décroissance pour tenir compte de la loi physique de l'entropie[8].

Certains critiques considèrent que mêler l'entropie au processus économique, caractérisé plutôt par des effets d'auto-organisation et d'adaptabilité, est précisément trop mécanique.

Georgescu-Roegen manifestait la conviction que la joie de vivre est la véritable finalité de l'activité économique.

Toutefois, on trouve également sous sa plume cette phrase, concernant les moyens concrets de la décroissance : "L'humanité devrait progressivement réduire sa population à un niveau qui lui permettrait de pouvoir être nourrie par la seule agriculture biologique. Bien entendu, les nations qui connaissent aujourd'hui une forte croissance démographique auront un effort difficile à fournir pour obtenir le plus rapidement possible des résultats dans cette direction." La formule, dépourvue de tout autre commentaire, est étrange, sinon inquiétante. Georgescu-Roegen avait une vision pessimiste de la nature humaine et de la vie en général ("L'espèce humaine est caractérisée par l'existence d'un conflit social irréductible").

Dans la préface à Analytical Economics, Paul Samuelson écrit :

« Le professeur Georgescu-Roegen est plus qu'un économiste mathématicien. Il est tout d'abord un économiste, et le premier à rejeter les prétentions du charabia symbolique. Les subtilités de la production marginale et de l'utilité originale n'échappent pas à son examen sceptique... Comme il a une formation mathématique très supérieure, il est tout à fait immunisé contre les charmes de séduction de ce sujet et est capable de conserver une attitude objective et terre à terre sur son utilisation... Je défie tout économiste informé de rester satisfait de soi après avoir médité sur cet essai. C'est donc un livre à posséder et à savourer. »

Pour Henri Guitton, « Georgescu-Roegen a voulu remédier à l'absence de pont reliant la physique théorique à l'économie. Il nous confie s'être lancé seul dans cette aventure, courant un risque dont il est sûr qu'il n'est pas vain... Novateur il le demeure, et un novateur souffre toujours au départ de sa solitude. Mais peut-être que maintenant, des disciples se joindront à lui pour poursuivre son avance ? »

« Apparemment isolée, l'œuvre de Nicholas Georgescu-Roegen doit se comprendre dans un vaste mouvement de rénovation intellectuelle. Il manquait une véritable anti-Economique; elle survient et elle sera une bio-économique. Il faut d'abord prendre connaissance de la situation de notre connaissance si nous voulons faire servir la renaissance que nous réclamons. L'affaire Galilée n'est pas close, mais déjà s'ouvre l'affaire Georgescu-Roegen: l'enjeu vaut le combat et celui-ci sera non-violent ou ne sera pas. » (Jacques Grinevald, « Révolution industrielle, technologie de la puissance et révolutions scientifiques, essai de bibliographie critique », Cahiers de l'IUED, 5, PUF, 1977, p. 20).

L'économiste américain Herman Daly a écrit en 2007 que trop peu d'attention a été portée aux travaux de Georgescu-Roegen car ceux-ci étaient en avance sur leur temps[9].

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicholas_Georgescu-Roegen

Amen.

Si, pour l'instant, cela ne tenait qu'à moi, ça ferait longtemps que je serais aller vivre là-bas : http://humanismepur.free.fr/communautes/longo_mai.php

Edit : chui un peu petté drunken
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MessageSujet: Re: TRAVAIL   Sam 20 Déc 2008 - 21:37

JouiF a écrit:
Economique, ou plutot économisme, oui, c'est ce qui a prit le pas sur le social et le culturel depuis belle lurette.
François Brune me rappelle que l'Économie : Une des rares sciences exactes capable de prévoir ce qui devait se produire, une fois que c’est arrivé ( http://www.atheles.org/parangon/horscollection/mediatiquementcorrect/index.html ). C'est d'ailleurs quelqu'un d'assez drôle, ironique la plupart du temps. Suffit de (re)voir Juppé forcément de Pierre Carles, il y est interviewé :

Citation :
Comment s'exerce la démocratie quand un ministre en fonction, secrétaire général d'un parti politique de première importance, brigue la mairie d'une grande ville de province ? Comment les médias locaux traitent-ils l'illustre parachuté ? Que devient le beau principe de l'égalité de traitement entre les candidats ? Juppé, forcément... décortique une campagne électorale à travers le regard des journalistes et montre à quel point la politique, comme le reste, fonctionne à deux vitesses, "selon que l'on soit puissant ou misérable..."

Ca fait 30 minutes : http://www.dailymotion.com/video/xiy7f_juppe-forcement_events

Ou encore de l'écouter : La pub vecteur d'idéologie : fichier mp3 : http://www.decroissance.org/colloque_lyon/fichiers_audio/07Brune.mp3
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MessageSujet: Re: TRAVAIL   Sam 20 Déc 2008 - 21:58

Un 55 minutes sur Roegen, à mettre en parallèle avec le topic sur la décroissance :

(voir en bas de l'article, ya le lien youtube )

http://ocparis.canalblog.com/archives/2008/06/27/9731617.html
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théano
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MessageSujet: Re: TRAVAIL   Lun 22 Déc 2008 - 17:25

Petite information:
En Belgique cette année

8086 faillites de petites entreprises et plus de 3000 chômeurs
en plus pour le début de l'année 2009!

Bonne soirée à TOUS
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MessageSujet: Re: TRAVAIL   Lun 22 Déc 2008 - 18:23

Autrement dit, 3000 personnes qui ne payeront plus d'impôts. Superbe nouvelle pour obliger les gens à travailler... et qui refuseront. Le chômage est LA solution pour l'insurrection contre la religion Travail voleuse de temps libre père de la réfexion!

Puis d'ailleurs, si les vieux parfumés au formol (tel un forum progrechiffonnier) veulent bosser jusqu'à 70 ans, pourquoi pas... si ça peut permettre aux plus jeunes de chômer plus, donc de vivre plus mieux que moins pire Mr. Green
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MessageSujet: Re: TRAVAIL   Jeu 25 Déc 2008 - 17:13

Le salaire de la peur
Citation :

Rencontre avec Vincent De Raeve auteur du livre « L'usine »

Vincent De Raeve a emballé des palettes pendant onze ans, dans la plus grande usine de fabrication de papier en Belgique. Cent mille palettes emballées. Huit heures pour apprendre un métier et seize mille huit cents à gamberger.
Il nous offre un livre, comme un cri de rage, fort et lucide sur ces onze années à la recherche du sens de la vie en usine.
http://www.lapetiteradio.org/media14.html

L’abolition du travail. Travailler, moi ? Jamais!

http://infokiosques.net/spip.php?article380

QUE LES TRAVAILLEURS CREVENT TOUS EN 2009! santa
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MessageSujet: Re: TRAVAIL   Ven 26 Déc 2008 - 21:58

POUR RENDRE HEUREUX UN CHOMEUR C'EST PAS DU BOULOT QU'IL LUI FAUT, SIMPLEMENT DE L'ARGENT, CELA SUFFIRA!

Faisons les bosser ces feignants!

http://www.dailymotion.com/video/x3t61u_coluchesois-faineant_fun

LE TRAVAIL C'EST LA SANTE, RIEN FAIRE C'EST LA CONSERVER!

http://www.dailymotion.com/video/x4d5dz_henri-salvador-le-travail-cest-la-s_music

Critiques du travail

http://infokiosques.net/travail

TRAVAIL

http://kropot.free.fr/index3.htm#TRAVAIL

sunny
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MessageSujet: Re: TRAVAIL   Mar 6 Jan 2009 - 0:19

LE MANIFESTE DES CHÔMEURS HEUREUX

http://cequilfautdetruire.org/spip.php?article402

GERER LE DESASTRE - vive la prison! cheers

Citation :
virer des chomeurs cela crée de l’emploi des policiers, des gardiens de prisons, des assistants sociaux, des avocats, et surtout par dessus tout "des agents de sécurité" parce que c’est ça le truc. la sécurité sociale est devenue la sécurité tout court et faut pas croire que c’est le gouvernement belge qui decide quoi que ce soit, bien obligé de faire comme tous les autres le gouvernement : GERER LE DESASTRE. amis chômeurs vous pouvez lutter pour continuer à toucher des allocations, vous pouvez même créer des collectifs pour réclamez le revenu garanti, il va quand même bien falloir s’organiser un peu plus ... il faudra apprendre à voler dans les magasins : les grandes surfaces seront comme des pleines de jeux, un peu d’astuce et le tour est joué ... il faudra aussi ouvrir un paquet de squats, installez vous la où vous pouvez, fraudez sur tous les plans et surtout n’oubliez pas de maintenir la forme parce qu’il va falloir courrir. on ne vous avait pas dit que la vie c’était tout un sport ? allez, bonne chance et rendez-vous en prison.

http://chomeurshardcore.be/

Que les travailleurs glandeurs en prennent des cornes! rambo
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MessageSujet: Contre l'Idole Travail!   Ven 30 Jan 2009 - 11:38

D'autres films (en plus d'Alexandre le bienheureux) pour prôner le racisme anti-travail :

Ils ne mouraient pas mais tous étaient frappés

http://www.amis.monde-diplomatique.fr/article1184.html

J'ai très mal au travail

http://www.zerodeconduite.net/blog/index.php?itemid=18491

Le chômage a une histoire

http://lbsjs.free.fr/Balbastre/Balbastre_chomage.htm

Livre et revue :



http://www.monde-diplomatique.fr/mav/103/



http://www.1001nuits.com/livre/1001-nuits-321195-Temps-travail-et-domination-sociale-hachette.html

Enfin un myspace avec des articles intéressants : http://www.myspace.com/critiquedelavaleur

Votons pour le Parti des Chômeurs (PC)! Nous vous proposons la glandouille à vie, le travailler plus... plus du tout ouais! Stigmatisons et gazons les travailleurs! Mort aux travailleurs! Sonnons le début de la récréation! Que le fête commence en ton nom, Dieu Travail Chômage Universel! cheers
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MessageSujet: Re: TRAVAIL   Mar 24 Mar 2009 - 14:37

Citation :
Le travail : le leucocyte de la société

Le travail en fait est une notion sociologique parfaitement datée. Les travaux de Dominique Méda l’ont bien montré. C’est précisément vers la fin du XIX° siècle que le travail est devenu notre " fait social total ". Il s’est alors propagé l’idée que le travail était constitutif de la nature humaine. Faisant ainsi partie de notre essence la plus profonde, la séparation n’en était et n’en demeure aujourd’hui que plus douloureuse à supporter. Selon Dominique Méda, " Confondre Culture et Travail, c’est oublier que la vie est aussi action, et pas seulement production... »

La peur de l’ennui est la seule excuse du travail deuxième partie et fin (deuxième partie)

Pas d'accord sur tout (un peu mou par moments) mais assez bien synthétisé, pas inintéressant. Première partie : http://www.e-torpedo.net/article.php3?id_article=182&titre=La-peur-de-l-ennui-est-la-seule,182
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MessageSujet: Re: TRAVAIL   Jeu 9 Avr 2009 - 22:51

« Quelques bonnes raisons de se libérer du travail » (Anselm Jappe)

http://1libertaire.free.fr/Selibererdutravail.html
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MessageSujet: Re: TRAVAIL   Ven 24 Avr 2009 - 9:56

Deux textes fabuleux :

Citation :
Le travail est-il bon pour l'homme ?

Le débat sur la réduction du temps de travail relance des questions sur la place du travail dans notre société.

Des progrès technologiques remarquables ont bouleversé les façons de travailler. La course au profit engendre de nouvelles dépendances: exigences de souplesse et de flexibilité, pratique des flux tendus. De plus en plus de salariés expriment l'état de stress dans lequel ils vivent, eux et leurs familles. Faut-il donc tout accepter pour garder son emploi?
Le monde du travail est marqué par une précarité grandissante. La plupart des nouvelles embauches se font hors contrat stable. Ce qui était prévu comme mesure d'insertion devient mode normal de recrutement. Même si le chiffre officiel des chômeurs diminue, nous ne pouvons pas nous résigner à voir des travailleurs ballottés entre stages, intérim et CDD, pour finir dans le cycle infernal du chômage. Les inégalités sociales s'accentuent.
Pourquoi vouloir travailler moins? Pour une moindre fatigue et une meilleure santé, mais aussi pour avoir le temps de vivre en famille et dans les différents lieux où chacun est appelé à exercer sa responsabilité de citoyen. Que deviennent ces objectifs avec l'annualisation du temps de travail et quand il devient difficile de prévoir son emploi du temps? Le projet veut d'abord contribuer à la création d'emplois. Un effort important est engagé par les organisations syndicales pour concrétiser cet objectif. Des résultats sont obtenus. La vie militante y a trouvé un nouveau dynamisme. Les négociations sont l'occasion, particulièrement pour les jeunes, de découvrir les syndicats et d'y prendre leur place.
Le regard que nous portons sur ces situations est marqué par nos options sociales et politiques. Nous sommes aussi éclairés et animés par notre foi de chrétiens.
Nous croyons en Dieu solidaire des hommes. Quand l'homme est blessé, atteint dans sa dignité, Dieu lui-même est touché. Il est éprouvé par notre souffrance. Il nous donne la capacité de lutter contre tout ce qui écrase les personnes. Il nous redit comme autrefois à Moïse: «J'ai vu la misère de mon peuple, je l'ai entendu crier. Je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer... Va je t'envoie.» Quand Jésus vient partager la vie des hommes et des femmes voici 2000 ans, il rencontre d'abord les malades et les exclus, permettant à chacun de se lever, de retrouver goût à la vie et de reprendre sa place dans la société: «Lève-toi et marche!»
Nous croyons à la force de la Parole de Dieu qui nous crée à l'image de Jésus et nous rend libres et responsables. Il nous envoie «pour que tous aient la vie et la vie en abondance.» Dans notre foi, nous puisons le courage de l'espérance. Nous ne sommes pas prisonniers de la fatalité. Ce monde est entre nos mains.
Le XXe siècle s'ouvre sur un capitalisme triomphant dans lequel le marché est la loi; le profit, la norme d'action; la consommation, l'objectif. Nous vivons dans un monde devenu planétaire. La mondialisation de l'économie marque notre existence quotidienne. Dans ce cadre, les marchés financiers jouent un rôle considérable. Des entreprises rentables ferment leurs portes dès qu'il est possible de produire moins cher ailleurs. Dans le même temps s'affichent sans pudeur des profits gigantesques et les salaires scandaleux de quelques-uns. Nous ne nous résignerons jamais à une mondialisation synonyme d'exploitation.
Dans ce contexte, beaucoup de décisions nous sont présentées comme inéluctables. Nous refusons cette façon de voir. Ce qui se passe aujourd'hui ne résulte pas de la fatalité mais de choix sociaux, économiques, politiques conscients. D'autres choix qui servent davantage le bonheur et l'épanouissement du plus grand nombre sont possibles. L'une des grandes tâches actuelles consiste à maîtriser la sphère économique. Cela ne se fera pas sans la participation des travailleurs et sans une prise de conscience plus forte de notre solidarité au plan international.
Nous ne pouvons pas accepter que le travail soit considéré comme une simple marchandise. Dans son encyclique sur le travail, le pape Jean-Paul II écrivait: «L'Église est convaincue que le travail constitue une dimension fondamentale de l'existence de l'homme sur la terre... Le travail est avant tout, pour l'homme, et non l'homme pour le travail.» Si le travail n'est pas le seul lieu d'insertion et de reconnaissance sociales, il est un lieu central et déterminant pour la structuration des personnes et de la vie sociale. Avec tous les militants qui luttent au quotidien avec leurs organisations, nous continuons à affirmer que le travail est un droit pour tous, jeunes, hommes et femmes, français et immigrés.

Nous avons choisi de faire paraître ce message pour le 1er mai, journée significative dans l'histoire des travailleurs et du mouvement ouvrier. Nous voulons qu'il marque notre solidarité avec ceux qui subissent des situations injustes et avec ceux qui refusent de baisser les bras. Qu'il soit un encouragement pour tous ceux qui, dans leurs diverses responsabilités, continuent à croire que créer des emplois, c'est possible. Qu'il soit une invitation à prendre sa place dans l'action avec d'autres.

Nous souhaitons aussi que cette déclaration soit l'occasion d'échanges à partir de ce qui se joue dans le monde du travail: quelle société voulons-nous construire? Sur quoi se fondent nos choix? Quels objectifs cherchons-nous à atteindre?
La construction d'un monde plus juste est la condition de la paix. Nous avons besoin de partager, dans la diversité de nos idées et de nos croyances, nos raisons de vivre et d'agir. Ensemble nous pourrons tenir et espérer encore.

Déclaration du comité épiscopal du monde ouvrier, le 1er mai 2000, par le comité épiscopal du monde ouvrier.


Ressusciter le travail

Les chrétiens croient en la résurrection. Cela commence par des faits : Jésus est crucifié aux portes de Jérusalem. Après avoir travaillé le bois de charpente, il meurt sur une croix fabriquée de mains d'hommes. Et il est mis au tombeau.

Et après ?
Après, quelques femmes viennent : elles trouvent le tombeau vide. Alors commence à courir la bonne nouvelle : Jésus est ressuscité. Pour les chrétiens, ce n'est pas une idée. Ce sont des faits. Ce sont des témoignages.

Et depuis ?
Depuis, des chrétiens - hommes et femmes pas plus malins que les autres cherchent à vider les tombeaux, et à remplir notre terre de bonheur. Ils ne sont pas seuls.
Tous les hommes de bonne volonté s'y mettent. Les chrétiens ont l'espérance au coeur et au corps :même ce qui est prisonnier du tombeau ressuscitera.

Ressuscité, Jésus montre le chemin, le chemin de l'amour, le chemin du Père. Il a dit qu'il attirerait à lui tous les hommes.
Ces temps-ci, la liste du chômage se remplit, comme le tombeau s'est rempli du corps de Jésus. Le travail est comme crucifié. Un cortège de pauvretés et de dépressions se forme. Les communautés catholiques le savent et le vivent en leur sein.
En l'honneur de la résurrection, je suis heureux de demander aux trente paroisses du diocèse de Saint-Etienne d'inviter les chômeurs de leur communauté, et aussi d'autres. Qu'ensemble, ils vivent une rencontre fraternelle et amicale, pendant le temps de Pâques, si possible avant la Pentecôte. Je leur demande d'aider à vider le tombeau du chômage. Que les communautés catholiques écoutent ce que les chômeurs ressentent, qu'elles les entourent d'affection et d'espérance !

Vous qui êtes sans travail, laissez-vous inviter et aimer. Nous ne pouvons donner ce que nous n'avons pas -le travail- mais nous voulons vous témoigner de notre amitié. Cela nous engage à lutter ensemble pour que le travail ressuscite pour tous.

Et maintenant ? Maintenant, par amour de Dieu, par amour des hommes, ressuscitons le travail crucifié !

Joyeuses fêtes de Pâques.


Peuple chrétien confié à un évêque.

Confiance dans les promesses du Christ.

Communauté locale de chrétiens, placée sous la responsabilité d'un curé mandaté par l'évêque.

Fête du don du Saint Esprit aux Apôtres qui fait d'eux des témoins du Christ réssuscité.

Centre de la foi et de l'espérance chrétienne.
Mgr Dominique Lebrun, évêque de Saint-Etienne
Le Jeudi 9 avril 2009

http://www.eglise.catholique.fr

Nous furent ainsi sauvés! Je me convertis, j'ai trouvé ma vocation : proxénète de transexuels épiscopaux thumleft
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Léonard de Génie


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MessageSujet: Re: TRAVAIL   Dim 26 Avr 2009 - 20:41

Suffit de changer la date et les noms des villes-prisons pour les anti-français.

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MessageSujet: Re: TRAVAIL   Aujourd'hui à 19:55

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