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 Présidentielles 2007 : quel duel ?

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laurent
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MessageSujet: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Lun 12 Sep 2005 - 15:39

Bon, ce brave De Villiers vient d'annoncer clairement qu'il serait candidat, Sarko ne cache pas non plus que c'est sa seule ambition, bref, la campagne est pour ainsi dire lancée.

Qui voyez-vous ( ou redoutez-vous ) au second tour, quels sont vos pronostics et préférences quant à cette échéance ?

( J'ai lancé le même sujet ici, si ça vous intéresse : http://www.bdgest.com/forum/viewtopic_37117.html )

Wink

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Norailyain
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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Jeu 15 Sep 2005 - 13:36

Ben justement, ça m'emm... un peu qu'on (les politiciens et les commentateurs) ne parlent que de ça, près de deux ans avant l'élection ... Shit

Cela dit, je vais essayer de répondre à ta question, mais ce sera pas facile facile ... Souvenez-vous qu'en 1995, six mois avant l'élection, tout le monde était sûr que ce serait Balladur qui passerait !

Au PS, ils sont trop divisés pour l'instant pour qu'un "leader naturel" se dégage (il y a au moins déjà Fabius, Lang et Kouchner qui ont annoncé plus ou moins ouvertement leur intention de se présenter) ... à moins qu'un certain exilé en Ré Laughing ..?! (Lou Jospinou a encore la faveur de tous les sympathisants de gauche d'après les sondages)

A l'UMP, je pense possible que Sarko et Villepin se présentent tous les deux ...

A l'extrême-droite, Villiers, Le Pen (s'il est toujours là, sinon Marine + Bruno Gollnisch puker ), peut-être Mégret.

A l'extrême-gauche, ils seront encore au moins trois ou quatre (j'inclus Besancenot, Buffet, et Laguillier, ... sans compter Bové qui pourrait essayer, plus un Gluckstein ou quisaisjeencore ?)

Au "Centre", ya bien Bayrou (presque plus crédible que le PS en opposant à l'UMP à l'heure actuelle) et si on compte les Verts, là non plus y sont pas encore d'accord entre eux sur le candidat ! (Voynet ? Mamère ? Wehrling ?.. )

Bref :

Alors, comme j'ai la flemme (et pas vraiment le temps) de faire toutes les hypothèses, je n'en ai fait que deux !

Première hypothèse : PAS DE JOSPIN

En gros, ça donne ça :
(mon pronostic pour le premier tour)
Fabius 12
Sarko 16
Villepin 11
Villiers 8
Le Pen 14
Besancenot 6
Buffet 5
Laguillier 5
Bové 7
Bayrou 9,5
Vert-e 6,5

==> Ce qui donne un second tour "Sarko/Le Pen" Crying or Very sad

Deuxième hypothèse :JOSPIN REVIENT
Mon pronositc pour le premier tour donne alors :

Jospin 19
Sarko 15,5
Villepin 10,5
Villiers 8
Le Pen 14
Besancenot 5
Buffet 4,5
Laguillier 5
Bové 5,5
Bayrou 8
Vert-e 5

(étant donné que Jospin est beaucoup plus populaire que Fabius, et traumatisme du 21 Avril oblige, je lui ai fait grapillé des points sur tous les candidats de gauche ... et même un peu à droite).

==> Du coup, ça donnerait un second tour beaucoup plus légitime (et ouvert) Jospin / Sarko.











Il faudrait cependant faire d'autres simulations avec une UMP unie ou un PS divisé, un FN sans JMLP ( Shocked ), Bové ou pas Bové, etc.

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laurent
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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Ven 16 Sep 2005 - 11:02

Tout est là : ça dépendra de qui sera le représentant du PS, de ce que va devenir ce parti.
Premiers éléments de réponse en Novembre.

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Léonard de Génie


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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Sam 17 Sep 2005 - 11:33

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Mer 21 Sep 2005 - 12:33

laurent a écrit:
Tout est là : ça dépendra de qui sera le représentant du PS, de ce que va devenir ce parti.
Premiers éléments de réponse en Novembre.

C'est vrai que le choix du candidat au PS n'est pas aussi manichéen que je l'avais présenté (Fabius ou Jospin) : Hollande, Delanoë, DSK, Lang ...?

Mais à droite (modérée), c'est plus clair, AMHA : Bayrou pour l'UDF, Sarko et Villepin pour l'UMP (peut-être que je me trompe, mais je ne pense pas que l'un des deux se désisterait au profit de l'autre ... Rolling Eyes ).

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laurent
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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Ven 13 Jan 2006 - 13:54

Chez Gisbert, l'autre jour, ressortaient quelques pronostics : SARKOZY impérial à Droite, bien évidemment, et plusieurs options à Gauche : JOSPIN, FABIUS, ou DSK.

Ah si Jospin pouvait se présenter candidat assez vite - parce que pour l'instant il fait le timide - ce serait le plus grand service qu'il pourrait faire à son pays. S'il tarde trop à le faire, ça m'étonnerait que ça joue en sa faveur.

Rolling Eyes

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laurent
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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Dim 5 Fév 2006 - 14:42

Non mais qui peut croire sérieusement que Ségolène sera la représentante de la Gauche au second tour en 2007 ?

C'est évident qu'elle n'y sera pas.
En tout cas je le souhaite, et je crois que je serai exaucé.

Je ne la supporte pas. Et je suis poli.
Je parie que son succès actuel dans les sondages sera vite oublié.
Si c'était elle je jure de voter Sarkozy tiens.

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Ven 10 Fév 2006 - 16:28

Si c'était elle je jure de voter Sarkozy tiens.

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Norailyain
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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Mar 7 Mar 2006 - 17:47

laurent a écrit:
Non mais qui peut croire sérieusement que Ségolène sera la représentante de la Gauche au second tour en 2007 ?

C'est évident qu'elle n'y sera pas.
En tout cas je le souhaite, et je crois que je serai exaucé.

Je ne la supporte pas. Et je suis poli.
Je parie que son succès actuel dans les sondages sera vite oublié.

Je suis plutôt d'accord avec toi.
Elle est finalement assez réac dans la plus part de ses interventions (pro-Blair, pro-famille, ...).

M'enfin Mad ! Je suis pour augmenter la représentation des femmes en Politique, mais si on n'a qu'elle ou Boutin ou De Panafieu à proposer ... Shit

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laurent
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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Mar 7 Mar 2006 - 19:48

Panafieu, si elle veut Paris et qu'elle l'obtient je m'en contrefous.

Boutin, bon... euh, enfin Boutin quoi...

Par contre Aubry ce serait déjà mieux.
Mais moi ce que j'attends, c'est le retour de Jospin.
Parce que là, s'il attend trop, c'est mort pour la Gauche en 2007.
C'est maintenant qu'il faut refaire surface, et avec un vrai projet, quelque chose de palpable et de concret, parce que je commence à en avoir marre de la politique qui se cache derrière ses politiciens.
Il faut que quelque chose émerge, à quoi se rattacher, sinon même moi je vais laisser tomber, et ce sera sans moi en Mai 2007.

J'ai peu d'espoir qu'on échappe à Sarko - ça me paraît évident depuis deux ans - mais j'aimerais au moins qu'il y ait une vraie Gauche, une opposition digne de ce nomp, au lieu d'une mascarade autour d'un nom, d'un petit pouvoir conservé, de luttes intestines sans intérêt, qui égrattignent petit à petit toute légitimité.

Bref, j'aimerais croire encore un peu à la Gauche de mon pays.
Certes j'y crois toujours, et je serai toujours de Gauche, mais là je ne me retrouve pas dans ce qu'elle est devenue.
J'aimerais que ça change.
Et pas que pour les Présidentielles.
Ca c'est presque secondaire.
Je veux bien qu'on ait Sarko si en face il y a un vrai discours et de vraies positions, qui découlent sur des résultats.

Mais en ce moment je doute.

La manifestation contre le CPE c'est bien gentil, on crie "bouh c'est pas bien, c'est la méchante Droite", d'accord, mais on fait quoi après ? A part promettre qu'on l'enlèvera quand on aura le fauteuil.
Non, ça m'énerve.

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Nanook
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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Mar 7 Mar 2006 - 22:03

Euh moi je serais toi , si j'étais de gauche, déjà je ne voterais pas PS...
Ma culture familiale fait que je n'ai jamais considéré ce parti comme un parti de gauche (mes parents ont longtemps été à la lcr, j'ai donc baigné dans un environnement très politisé et très extrême gauche, mais personnellement mes sympathies vont plutôt à l'anarchisme).
Je trouve assez évident que depuis de nombreuses années , la gauche au pouvoir :
- recule sur les mesures qu'elle considère comme trop libérales, et les supprime (là je ne suis même pas sûre qu'elle le fasse pour les retraites, les 35h, les suppressions de postes de fonctionnaires, et j'en passe)
-prend des mesures de colmatage social du type "emploi jeune" dans le dernier gouvernement, qui ne changent pas grand chose au problème de fond qui est quand même la mondialisation ultra-libérale (j'ai horreur d'utiliser ce genre d'expressions toutes faites mais là bon pour résumer sommairement c'est ça) et le capitalisme qui est un système fondé sur du vide auquel je n'ai d'ailleurs jamais compris grand chose à part qu'il n'apporterait jamais le bonheur à l'espèce humaine....

Enfin bon bref pour moi Aubry, Royal, Jospin c'est un faux débat, le vrai débat étant pour ma part celui-ci : quel est le parti qui propose aujourd'hui un projet de société qui me convienne ?
Ben aucun pour moi en tout cas...Donc je voterai blanc ou pas comme d'hab.
Même dans les cas les plus extrêmes....
Je sais c'est horrifiant, j'ai une culture politique,je m'intéresse beaucoup au fait politique et je ne vote pas...
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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Mer 8 Mar 2006 - 11:10

@nanook : ouais, moi aussi, j'ai fricoté avec l'extrême gauche anarchiste, il y a une dizaine d'années ... Mais je me suis "droitisé" à partidu moment où j'ai commencé à gagner ma vie pale et par "pragmatisme", je m'intéresse maintenant à ceux qui peuvent (ou prétendent pouvoir) "changer la vie", à savoir la gauche de gouvernement ...

A part ça, un article intéressant sur le "phénomène Ségolène" : http://www.acrimed.org/article2296.html

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laurent
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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Mer 8 Mar 2006 - 11:57

Oui, c'est bien triste.
Imposer cette idiote dans les medias...

Je retiens surtout le dernier paragraphe, éternellement et irrémédiablement vrai :

Citation :
On peut alors repenser, non sans lassitude, à cette analyse de Serge Halimi en 1995 : « Une fois tous les sept ans, l’élection du président de la République constitue, en France, le rendez-vous capital de la politique. Progressivement, il occulte tous les autres, sans pour autant permettre de présenter aux citoyens des propositions de fond destinées à remédier à la grave crise sociale que traverse le pays. Une telle dérive asphyxie la vie démocratique. »

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Lun 3 Avr 2006 - 9:42

Ben pour la présidentielle 2007, je verrais bien un Canou Vs Sarko, remporté par Canou, parce que c'est pas un faux-jeton, Canou !

cheers cheers cheers cheers cheers cheers cheers


Canou à l'Elysée, Sarko au poulailler !

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Nomadsoul
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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Mer 5 Avr 2006 - 16:37

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laurent
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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Dim 21 Mai 2006 - 19:17

Bon, je ne cache plus que si Jospin ne se présente pas je voterai Bayrou, donc je mets ici son intervention de la semaine dernière pour la motion de censure à l'Assemblée Nationale.

Citation :
Débat sur la motion de censure
Discours de François Bayrou - 16.05.06


Monsieur le Président,
Mes chers collègues,

Je voudrais commencer en citant à cette tribune les propos d’un dangereux révolutionnaire, un de ceux dont l’ordre public a tout à redouter, qui s’appelle Edouard Balladur. Le 11 mai, il déclare à l’AFP : « Nous ne vivons pas seulement une crise politique, c’est plus grave que cela, c’est une crise morale. Et cette crise ne peut pas durer plus longtemps sans dommages. »
Et y ajouter une anecdote. Hier, dans une salle du Parlement européen à Strasbourg il y avait un débat sur l’adhésion de la Roumanie. Les questions étaient sévères, faisant au représentant roumain des reproches sur l’Etat de droit, sur des soupçons de corruption. Alors le représentant roumain s’est levé et a dit : « que me diriez-vous s’il se passait en Roumanie ce qui se passe en France ? »
Crise morale, atteinte à l’image et à la réputation de notre pays.
Nous avons à répondre à une seule question : est-ce qu’il est bon pour la France que tout cela, cette décomposition, qui empêche toute action réelle, sur quelque sujet que ce soit, et désespère les Français, est-ce qu’il est bon pour la France que tout cela dure encore une année ?
Comment mettre un terme à cette crise ? Les Français, écoeurés par ce spectacle, et par ce que le spectacle révèle, baissent les bras en disant : « on n’y peut rien ».
Eh bien si, on y peut quelque chose.

Il y a deux autorités dans la République qui peuvent quelque chose, qui ont le pouvoir, la responsabilité et même le devoir d’intervenir lorsque le délitement atteint un seuil intolérable.
La première de ces autorités, celle dont on attendait la réaction, c’est le Président de la République. C’est vers lui que se tournaient les regards. Il a le pouvoir de rompre le cercle vicieux. Il peut démissionner. Il peut dissoudre. Il peut changer le gouvernement. Il peut demander à son gouvernement d’engager sa responsabilité devant l’Assemblée. Il a décidé de ne rien faire.
Et la deuxième autorité, c’est l’Assemblée nationale. Ce sont les députés du peuple qui ont le pouvoir, comme dit la constitution, de « mettre en cause la responsabilité du gouvernement par l’adoption d’une motion de censure. »
Quelle est la responsabilité du gouvernement ?
La responsabilité du gouvernement c’est d’avoir été acteur de la décomposition civique à laquelle nous assistons.
Ce gouvernement a été bâti autour d’une rivalité haineuse. L’un soupçonne l’autre d’avoir créé l’affaire pour l’anéantir. L’autre soupçonne l’un de l’avoir fait exploser pour le déstabiliser. Cette rivalité haineuse, elle a tout pourri, comme c’était prévisible.
Ah, aujourd’hui, s’il y avait une censure des uns contre les autres, avec quelle ardeur elle serait votée !
Et avec quelle ardeur en réalité, elle s’exprime ! Entendez-vous ce qui se dit dans les couloirs, ce qui se dit dans les journaux, non pas de la part des citoyens, mais de la part des élus de l’UMP, de ceux, responsables de premier plan, qui annoncent officiellement qu’ils voteront la censure avec leurs pieds, en étant absents de cet hémicycle, pour manifester leur réprobation.
La censure, elle est dans tous les esprits. La censure elle est sur tous les bancs. La censure rentrée, la censure discrète, la censure chuchotée, la censure sournoise. Eh bien, à cette censure sournoise, je préfère une censure franche.
Mais la mise en cause du gouvernement, elle ne s’adresse pas seulement à ce climat de rivalité haineuse.
Elle s’adresse à l’utilisation de l’Etat dans cette guerre de clans. Les services secrets de notre pays, dans leur dimension intérieure et extérieure, la DST, la DGSE, l’officier général chargé des opérations spéciales, sans que personne puisse savoir qui vise qui, qui utilise qui, qui manipule qui.

La Ve République vit avec cette pratique depuis trop longtemps. Et cette pratique est une tare de la République. Comme si l’Etat, le plus enivrant dans l’Etat, c’était cela, les secrets de police, les notes blanches, les petits secrets que l’on savoure et dont, à l’occasion, on se sert. Et cela devient, ouvertement, un objet de pouvoir. Et on peut entendre, au moment de la formation du gouvernement, un ministre de l’Intérieur dire qu’il revient au pouvoir pour « reprendre en main les services secrets ». Et on annonce triomphalement qu’il l’a fait.
Tout cela sur fond de terribles affaires financières, dont on prononce le nom en baissant la voix, les frégates de Taiwan, les avions de combat, parce qu’elles ont entraîné des détournements d’argent inouïs, et un chapelet d’assassinats, affaires dont un ancien ministre de la défense, Alain Richard, vient de parler en termes non voilés.
Les Français ne veulent plus de cette République noire, de cette République d'ombres.
C’est donc en apparence une affaire d’Etat, à laquelle on ne comprend rien. Mais en réalité, c’est bel et bien une crise de régime.
Car la vraie question est : comment la France, républicaine depuis deux siècles, a-t-elle laissé se développer de telles dérives ?
Nos institutions auraient dû les détecter et les réprimer.
Car les institutions de la démocratie ne s’adressent pas à des hommes vertueux. Elles s’adressent aux hommes comme ils sont, tous, c’est à dire plus ou moins fragiles et sujets à la faiblesse.
Et les institutions sont là pour poser les garde-fous qui empêchent ces faiblesses de s’installer et de tout corrompre.
Les penseurs de la démocratie libérale l’ont pensée précisément pour écarter ces dérives banales que sont la corruption, l’abus de pouvoir, l’appropriation de l’Etat, l’opacité des comportements.

Nous avons un virus dans notre démocratie, qui empêche la démocratie de se défendre : c’est l’absolutisme. Et la démocratie est incompatible avec l’absolutisme.
Il y avait de l’absolutisme chez de Gaulle. Parfois même un absolutisme ébouriffant, comme une nostalgie de la monarchie de droit divin. Il y a ce discours fameux de 1964 : « il n’est aucune autorité dans la République, ni civile, ni militaire qui ne soit conférée et maintenue par le Président de la République »…
Mais c’était un absolutisme tempéré par le référendum. On le vit bien en 1969. Le pouvoir n’était pas un chèque en blanc, puisque le peuple était appelé, à intervalles réguliers, à valider sa signature. Si la confiance manquait, le président s’en allait.
Aujourd’hui, et depuis des décennies, nous avons le pire des absolutismes : l’absolutisme dissimulé, sans contrôle, l’absolutisme d’autant plus pernicieux qu’il est caché.
Absolutisme et dissimulation. Apparemment, la séparation des pouvoirs existe. Apparemment, l’autorité judiciaire est indépendante. Apparemment, les autorités de contrôle sont libres. Apparemment, c’est le Parlement qui vote les lois et contrôle l’exécutif. Apparemment…
Mais la réalité est tout autre. Le pouvoir exécutif n’est pas le pouvoir exécutif. Il est à la fois le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif, il vit dans l’intimité avec les autorités de contrôle qu’il nomme souverainement, il multiplie les manœuvres pour contrôler le judiciaire (il faudra expliquer par exemple ce que signifie dans les carnets du Général Rondot cette phrase sibylline à propos du juge Van Ruymbeke en juillet 2004 ‘faire le passé de son père’).
Qui contrôle l’Elysée, dans cette République absolutiste, contrôle la majorité, surtout lorsqu’elle a pris l’engagement écrit d’obéir et nomme à tous les emplois de l’Etat.
Et quand il advient pour porter l’absolutisme à son comble que toutes les majorités, dans toutes les Assemblées, appartiennent à un seul parti, il n’y a plus aucun contre-pouvoir. Les gouvernants n’ont plus aucune obligation de discuter, de consulter, d’entendre, de convaincre. Ils pensent pouvoir agir à leur guise. Et vous avez le CPE !
Dans la République absolutiste, il n’y a plus qu’un but politique : contrôler le quartier général. À partir de quoi, on installera ses hommes partout, ses réseaux partout. Tout le pouvoir pour un clan et qui n’est pas avec moi est contre moi. D’où l’état de guerre intestine, la guerre des clans pour contrôler l’Etat.
Cela, pour des députés du peuple, des députés républicains du peuple républicain français, cela devrait être réprouvé et banni.

Ce régime, regardez le bien, ce régime sous la gauche et sous la droite, regardez ses échecs perpétuels, répétés, ce régime, c’est un ancien régime. Et il faut que la vigueur et la rigueur du peuple français en fassent réellement un Ancien régime.
Et c’est nous, parlement, élus du peuple, non pas élus de l’UMP, ou élus du PS, pas plus qu’élus de l’UDF, pas élus de partis, mais élus des citoyens, élus des citoyens écoeurés, c’est nous élus sans mandat impératif, n’ayant à obéir à aucune consigne autre que notre conscience, qui avons, personnellement, le moyen de sortir de cette crise, de cette crise qui dure depuis des mois et en vérité depuis des décennies.
Je sais bien qu’il y a la discipline de parti. Je sais bien qu’il y a les habitudes. Et je connais bien cette idée : « nous n’allons pas mélanger les voix avec le Parti socialiste et les communistes… »

Parlons en !

À gauche, interdiction formelle de parler avec la droite, interdiction écrite de travailler avec le centre. À droite, interdiction formelle de fréquenter la gauche. Entre les deux le mur de Berlin !
Puis-je rappeler à cet hémicycle que le mur de Berlin est tombé en 1989, il y a bientôt vingt ans. Et qu’il est tombé à Berlin où la droite allemande et la gauche allemande ont choisi, obéissant aux électeurs allemands, non seulement de parler ensemble, mais de gouverner ensemble.
Et quand il y avait le mur de Berlin, c’était justifié. Il y avait ceux qui acceptaient de partager les valeurs de la dictature soviétique, et ceux qui ne l’acceptaient pas. Mais il n’y a plus de dictature soviétique. De ce bloc, reste la Chine vers laquelle courent les multinationales.
Je suis en désaccord, et souvent en opposition avec le PS. Je n’exonère ce parti d’aucune responsabilité dans la crise que nous vivons. Je n’ai pas oublié la fin de François Mitterrand, je n’ai pas oublié les écoutes téléphoniques, ou sur oukase on écouta des centaines de Français qui avaient déplu au Prince offensé. Comme aujourd’hui, c’était officines et compagnie.
Je n’ai pas oublié que les frégates de Taiwan, c’était sous un gouvernement socialiste.
Je ne me dissimule rien ni de leur passé, ni des différences que j’ai avec eux. Mais je ne considère pas les socialistes comme des ennemis, comme des intouchables .
De même je suis souvent en opposition avec l’UMP.
Je suis en désaccord radical avec l’idée d’un parti unique. Je sais pourtant que beaucoup de Français que j’estime ont cru à ce choix.
Je suis en désaccord, mais ce désaccord ne fait nullement pour moi de ce parti un ennemi.
Ce que je considère comme ennemie, c’est la malédiction qui interdit de se parler en France, même quand on est d’accord, sous prétexte qu’on n’a pas la même étiquette.
Dans la société du XXI° siècle, le pluralisme gagne partout, dans les familles, dans les genres de vie, dans l’entreprise. Le pluralisme et le respect réciproque.
Le seul endroit où le pluralisme n’est pas accepté, c’est dans le lieu même du pluralisme, à l’Assemblée nationale où pourtant la France, dans sa diversité, est censée être représentée, se représenter !

Eh bien, en effet, je franchis un pas : j’accepte de voter, dans des circonstances nationales graves, avec des gens qui sont différents de moi. Je ne renie rien de ces différences, mais je les fais passer après l’intérêt national.
Et même, j’envisage dans l’avenir, lorsque viendra le moment de reconstruire notre pays, de travailler avec des gens différents de moi, d’un bord et de l’autre, non pas pour sanctionner, mais pour construire.
Ma conviction est en effet que nous sommes descendus si bas, nous sommes allés si loin dans la décomposition qu’il faudra rassembler, pas seulement du centre, mais de droite, de gauche, pour garantir aux Français que la République nouvelle sera la République de tous et non pas la République des amis.
Et on croit que c’est une révolution ? On hurle quand on entend ces mots ! Mais sur les 36 000 communes de France, combien sont gouvernées ainsi en rassemblant les différences, et non pas en les accusant !
Et cela a été le choix de notre histoire. Ce fut le choix du général de Gaulle. Et ceci fut le choix de Robert Schumann. Et ceci était le choix de Pierre Mendès-France. C’était le choix de Chaban. Et c’était le choix de Valéry Giscard d’Estaing, avant qu’on ne le contraigne à se replier sur un camp, et donc à perdre. Et ceci était le choix de Michel Rocard, nous le savons bien. Et c’était le choix de Jacques Delors. Et c’est le choix de millions de Français, choix qu’ils ne peuvent imposer, parce qu’on ne leur propose que simplismes et haines de camp.
Et quand en 2002, Jacques Chirac a été élu à la présidence de la République, avec -faut-il le rappeler ?-plus de voix de gauche que de voix de droite, personne n’est allé le traiter de « petit supplétif de la gauche » !
Parce qu’il y a une idée de la France et de la République qui dépasse les idéologies. Il y a des principes sur lesquels on doit s’accorder, surtout quand ça va mal, à condition qu’on se respecte pour ce qu’on est. On ne gouverne pas un pays avec une minorité, pour une minorité. On gouverne un pays avec une base large et pour obtenir une base large il faut rassembler des courants différents !
Mais quelle est la condition du rassemblement ? Ce sont des projets et des principes clairs.
Il n’y a pas de rassemblement qui tienne sur du flou !
Il faut tourner la page sur ce dévoiement de la Ve République.

Un président responsable. Un gouvernement qui soit obligé de convaincre et n’ait plus la facilité du passage en force. Un parlement qui représente fidèlement la nation, dans ses principales composantes, même celles qui ne me plaisent pas. Des corps de contrôle dont la nomination soit non partisane. Une justice indépendante. Une société civile représentée par des corps intermédiaires respectés.
Et il faut une société de liberté. Il faut l’économie libre avec un contrat social. Et il faut l’Etat impartial. Et il faut un projet européen clair, volontaire, non subi, non contraint, démocratique. Tout le reste, on discute, on négocie. Parfois on est d’accord, parfois on est en désaccord. On débat, on vote, sans majorités automatiques, avec des leaders qui s’engagent et un peuple qui s’intéresse.
Car il y a un peuple qui s’avance vers cette démocratie ouverte, alors que l’Assemblée en reste aux hurlements bihebdomadaires.
Il y a un peuple de citoyens dont internet, par exemple, est devenu le terrain de débats, de passions, d’informations parfois insuffisantes, de création partagée. On ne gouverne pas ce peuple comme un peuple de sujets, soumis à un Etat contrôlé. Plus vous essaierez de le faire, plus vous connaîtrez de déconvenues.
Et de ce peuple qui veut que l’on sorte de cette décomposition, nous sommes ici les élus.
Car nous ne sommes pas élus pour laisser notre pays dans cette crise, morale, démocratique, pour continuer avec l’image destructrice que ces affaires et ces échecs portent dans le monde.
Nous sommes élus, tous, pour sortir de cet effondrement. Nous avons le pouvoir de le faire, simplement par un bulletin de vote dans quelques minutes.
Nous avons le pouvoir, et selon moi, nous avons le devoir de le faire.

C’est pourquoi, pour exercer ce devoir, je voterai la motion de censure.

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Mar 23 Mai 2006 - 12:51

Je suis globalement d'accord avec tout ce qu'a dit Bayrou ci-dessus ... Il n'en reste pas moins que, comme je l'ai dit sur Progressia, sa politique, lorsqu'il était à l'Education, en faveur des écoles privées confessionnelles m'est restée en travers de la gorge ... Maintenant, de toute façon, si, d'après un sondage les français seraient prêts à un gouvernement de grande coalition, c'est loin d'être le cas des politiciens professionnels, de droite comme de gauche (malheureusement ?!) Sad

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Mar 23 Mai 2006 - 18:45

Je lis , je pense, je réponds. afro ... dans quelques heures.
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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Mer 24 Mai 2006 - 0:09

Citation :

Crise morale,
Comment mettre un terme à cette crise ?

Les français se plaignent, certes. Mais je trouve qu'il se méprend sur les causes de ces plaintes. Les français d'abord, ne reconnaissent pas de "crise". S'il y a crise, c'est qu'il y a des forces en présences qui créent une tension, une poussée dynamique conflictuelle et qui se résoud dans l'apaisement grace une troisième voie qui désamorce le conflit ou à l'occasion d'une rupture (révolte, dissolution ou démission d'une partie des forces dirigeantes, renversement).

Dans cette conjoncture, voyez-vous des forces en présence? Y a t-il une dynamique de pensée? Non, on trouve au mieux un ras le bol, une résignation, des réactions épidermiques (parfois justifiées, toujours éxagérées) au changement, au pire le simple désir d'un repli sur soi plus accompli à chaque législature, à chaque élection.

Il serait utile de la provoquer cette crise, mais tous les pouvoirs de ce pays cherchent à l'éviter (que ce soient les parlementaires, le gouvernement ou les médias).


Citation :
Il y a deux autorités dans la République qui peuvent quelque chose,
La première de ces autorités c’est le Président de la République. C’est vers lui que se tournaient les regards. Il peut démissionner. Il peut dissoudre. Il peut changer le gouvernement. Il peut demander à son gouvernement d’engager sa responsabilité devant l’Assemblée. Il a décidé de ne rien faire.

Et pour cause! Jusqu'à présent ses choix politiques ont été catastrophiques, aussi bien en politique intérieure (ou il n'a plus le rôle que celui "d'inaugurer les chrysanthèmes" comme disait De Gaulle stigmatisant le rôle des Pdt de la République de la IV° République), qu'en politique étrangère où il s'est déconsidéré (malheureusement, souvent avec l'assentiment des français). Son incompétence l'a rendu impuissant, il n'a plus d'autorité, que pourrait bien t-il faire?

Bayrou a bien raison, démissionner serait sage. Mais peut-il être sage? Il en doute lui-même après toutes les bourdes qu'il a commises.



Citation :
Et la deuxième autorité, c’est l’Assemblée nationale.
Quelle est la responsabilité du gouvernement ?

Ce gouvernement a été bâti autour d’une rivalité haineuse. L’un soupçonne l’autre d’avoir créé l’affaire pour l’anéantir. L’autre soupçonne l’un de l’avoir fait exploser pour le déstabiliser. Cette rivalité haineuse, elle a tout pourri, comme c’était prévisible.

On tourne en rond! Les roquets de service qui se mordent les jarrets profitent de la vacance du pouvoir executif. Sans chef, c'est la jungle, les lieutenants déclenchent une guerre civile au sein même de leur parti le détruisant du même coup. Chirac demeure anesthésié devant ce gâchis.
Le parlement est bien incapable de réagir non plus, sa seule légitimité étant celle d'avoir été élu pour consolider un président de la République quasi illégitime de par son élection-sauvetage (peu ont voté Chirac, beaucoup ont voté contre Le Pen).



Citation :
La censure, elle est dans tous les esprits. Eh bien, à cette censure sournoise, je préfère une censure franche.

La censure et la vraie - et ici Bayrou a bien trop peur de la dénoncer - est celle des médias qui ne font plus leur travail depuis longtemps (par corruption, collusion un peu, par incompétence, paresse, pusillanimité, beaucoup).

On ne va pas demander à un parti de dénoncer ses magouilles, ni à un gouvernement ou un président de faire son mea culpa.

Quasiment toutes les affaires de corruption, de traffic électoral, d'espionnage et manipulation n'aboutissent pas judiciairement ou médiatiquement: qui se souvient du vol des dossiers d'instruction au parquet de Paris dans le procès contre l'église de scientologie sous le ministère de l'intérieur sarkosi? et qui se souvient de la visite familliale d'un Tom Cruise tout sourire chez le même sarko peu après, tom étant en voyage en Europe pour aller à Madrid dès le lendemain inaugurer une cathédrale de scientologie! N'est-ce pas intolérable et suffisant pour faire chûter un tel démagogue? Et bien non, toutes les petites gens trouvent cet homme bien sympathique et veulent l'élire l'an prochain!

Personne dans les médias ni dans la population ne s'en soucie. Et c'est bien là le problème. Nos élites politiques n'ont plus de fonctionnement démocratique car le peuple a démissionné de son rôle de contrôle, sans doute par lassitude et nombrilisme également.

Que les médias fassent leur travail et que les français arrêtent leur petits arrangements avec leur conscience (et qu'ils ne croient plus au père noël non plus, il n'y a pas d'homme politique sauveur qui leur inventera des tours de magie pour les sortir de la mouise dans laquelle on baigne sans qu'ils aient à faire d'effort).



Citation :
La Ve République vit avec cette pratique depuis trop longtemps. Et cette pratique est une tare de la République. Comme si l’Etat, le plus enivrant dans l’Etat, c’était cela, les secrets de police, les notes blanches, les petits secrets que l’on savoure et dont, à l’occasion, on se sert.Les Français ne veulent plus de cette République noire, de cette République d'ombres.

Les français s'en contre-fichent! Ces règlements de comptes ne mobilisent que les partis politiques et leurs principaux leaders.



Citation :

Car la vraie question est : comment la France, républicaine depuis deux siècles, a-t-elle laissé se développer de telles dérives ?
Nos institutions auraient dû les détecter et les réprimer.
Car les institutions de la démocratie ne s’adressent pas à des hommes vertueux. Elles s’adressent aux hommes comme ils sont, tous, c’est à dire plus ou moins fragiles et sujets à la faiblesse.

C'est oublier un peu rapidement que la fameuse démocratie française est toute jeune!

Au XIX° c'est le système censitaire qui domine: les plus riches ont le pouvoir.

Jusqu'en 1905 la France n'est pas toujours un état de droit: séparation de l'état et de l'église, réhabilitation (pas complète aujourd'hui encore) du juif Dreyfus.

Droit de vote accordé aux femmes en 1945, bien après la majorité des démocraties existantes.

Non, la France n'a pas une expérience de la démocratie ni bien ancienne, ni bien profonde je pense.



Citation :
Nous avons un virus dans notre démocratie, qui empêche la démocratie de se défendre : c’est l’absolutisme. Et la démocratie est incompatible avec l’absolutisme.

L'absolutisme que dénonce Bayrou est aussi un choix du peuple. Ah si on pouvait avoir un roi-gentil-papa-gateau qui prévoit tout et surtout maintienne le frileux bien-être que nous nous sommes construit!


Citation :
Aujourd’hui, et depuis des décennies, nous avons le pire des absolutismes : l’absolutisme dissimulé, sans contrôle, l’absolutisme d’autant plus pernicieux qu’il est caché.

même remarque.



Citation :
Absolutisme et dissimulation. Apparemment, la séparation des pouvoirs existe. Apparemment…
Mais la réalité est tout autre. Le pouvoir exécutif n’est pas le pouvoir exécutif. Il est à la fois le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif, il vit dans l’intimité avec les autorités de contrôle qu’il nomme souverainement,

Journalistes et citoyens sont les seuls garants réels de notre démocratie. Aux premiers de savoir dire les faits (c'est sans doute difficile quand son conjoint est responsable politique voire ministre), aux seconds d'oser sanctionner (et pas seulement quand leur intérêt personnel et immédiat est en jeu comme l'affaire du CPE). Les manifestations peuvent aussi avoir lieu pour défendre notre démocratie!



Citation :
Qui contrôle l’Elysée, dans cette République absolutiste, contrôle la majorité, surtout lorsqu’elle a pris l’engagement écrit d’obéir et nomme à tous les emplois de l’Etat.

C'est ancien tout ça. Quand les socialistes n'avaient pas eu l'occasion de gagner le pouvoir, la droite se partageait le gateau en douceur sans que cela puisse se voir. L'alternance a provoqué une crispation qui rend ces jeu d'influence plus visible à chaque changement de majorité, c'est tout.

De plus c'est une gérontocratie qui nous gouverne de plus en plus, plus réactionnaires et plus défensif de leur position, dont la vision nécessairement courte aggrave ce phénomène de rapt permanent des pouvoirs.





Citation :
« nous n’allons pas mélanger les voix avec le Parti socialiste et les communistes…"

Ouais, bof! Qui parle encore de polarisation de la vie politique? C'est bien deux clans qui se disputent le pouvoir et non deux visions idéologiques! Et ce, depuis bien 20 ans.



Citation :
Mais je ne considère pas les socialistes comme des ennemis, comme des intouchables .

Tiens, là ça ratisse à gauche. C'est bien gentil, mais les députés de Bayrou, avec quelles voix ils ont été élus? Avec celles de l'UMP qui s'est désistée au second tour des législatives!



Citation :
De même je suis souvent en opposition avec l’UMP.
Je suis en désaccord radical avec l’idée d’un parti unique. .

Idem, pas de parti unique, alors chacun pour soi au second tour et ...exit le Bayrou. Il a un peu tendance à scier la branche...



Citation :
Et même, j’envisage dans l’avenir, lorsque viendra le moment de reconstruire notre pays, de travailler avec des gens différents de moi, d’un bord et de l’autre

Les français rêvent souvent du consensus mou, mais quand il s'agit de voter: paf: c'est Le Pen ou Laguilliers! avec Sarko en plus à sa droite, le centre ne va pas paraître bien attractif aux gens qui veulent des hommes marqués avec un discours (simpliste) mais viril!




Citation :

Et cela a été le choix de notre histoire. Ce fut le choix du général de Gaulle. Et ceci fut le choix de Robert Schumann. Et ceci était le choix de Pierre Mendès-France. C’était le choix de Chaban. Et c’était le choix de Valéry Giscard d’Estaing, avant qu’on ne le contraigne à se replier sur un camp, et donc à perdre. Et ceci était le choix de Michel Rocard, nous le savons bien. Et c’était le choix de Jacques Delors.

Cette liste d'homme politique sont pour la plupart marqués par leurs échecs! A chaque fois: gentils politiques, bon consensus à gauche comme à droite, réels démocrates, homme raisonnables et sans doute intègres, et les français, bien fort: "C'est par ici la sortie". Ils n'en veulent pas. Idem pour Jospin qu'il a prudemment évité de citer!

Bayrou est dans une névrose de répétition?



Citation :
Parce qu’il y a une idée de la France et de la République qui dépasse les idéologies. On ne gouverne pas un pays avec une minorité, pour une minorité.

Si et depuis toujours, les français sont incorrigibles de l'esprit de contestation (qu'est-ce que je fais là, moi en ce moment à écrire tout ça, alors que je suis d'accord avec ce que dit Bayrou?).


Citation :
Un président responsable. Un gouvernement qui soit obligé de convaincre et n’ait plus la facilité du passage en force. Un parlement qui représente fidèlement la nation, dans ses principales composantes, même celles qui ne me plaisent pas. Des corps de contrôle dont la nomination soit non partisane. Une justice indépendante. Une société civile représentée par des corps intermédiaires respectés.
Et il faut une société de liberté. Il faut l’économie libre avec un contrat social. Et il faut l’Etat impartial. Et il faut un projet européen clair,

Oui, ça serait bien tout ça, mais ça nécessite des réformes dont ne veulent pas les français, travailler dans une économie "libre" veut dire: fini le compromis concernant la sureté de l'emploi de 20 millions de fonctionnaires et assimilés, de se relever les manches sérieusement, d'acheter un peu moins de portable, de mettre plus de côté, d'être moins exigeant des autorités... ce sont des sacrifices.

La vertu républicaine se gagne, elle ne s'achète pas avec les bons sentiments de nos hommes politiques. Je crois que la France va encore plus mal qu'on le dit et les solutions existent mais elles ne sont pas matérielles mais psychologiques:

Avoir confiance en notre intelligence, apprendre l'anglais en maternelle et pas l'occitan en primaire, ne pas défendre l'industrie du textile face aux chinois, mais des sciences et de la recherche face aux anglo-saxons et aux indiens... Pour cela il faut que nos élites et nous-même ayons moins peur de l'avenir et des autres. Au lieu de discuter et de s'inquiéter de nos retraites futures, on ferait mieux de les construire en laissant les jeunes projeter ici et pas en emigrant, lacher le contrôle excessif de l'administration qui spoile toute initiative ou la rend tellement couteuse qu'elle devient inefficace.




Citation :
Car il y a un peuple qui s’avance vers cette démocratie ouverte, alors que l’Assemblée en reste aux hurlements bihebdomadaires.
Il y a un peuple de citoyens dont internet, par exemple, est devenu le terrain de débats, de passions, d’informations parfois insuffisantes, de création partagée.

Certes, mais ce peuple reste virtuel, pour les français comme pour les gouvernants.

Au total, je suis presque d'accord avec tout ce que dit Bayrou, le seul problème c'est Bayrou!

Pourquoi un constat net et sans bavures de notre société politique ne peut venir que d'un (futur?) centriste qui a peu de chances d'arriver au pouvoir?
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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Mer 24 Mai 2006 - 10:48

Tu as déjà vu un homme politique visionnaire, cherchant à renouveler une politique qui se mord la queue, lucide sur les enjeux du pays, porteur d'un vrai programme rénovateur, et faisant un constat net et sans bavures des dérives de l'état, arriver au pouvoir ?

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Mer 24 Mai 2006 - 17:26

laurent a écrit:
Tu as déjà vu un homme politique visionnaire, cherchant à renouveler une politique qui se mord la queue, lucide sur les enjeux du pays, porteur d'un vrai programme rénovateur, et faisant un constat net et sans bavures des dérives de l'état, arriver au pouvoir ?

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Mer 24 Mai 2006 - 18:47

J'aurais plutôt dit BLUM et JAURES, mais... non, ils ont tué Jaurès.

Confused

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Mar 30 Mai 2006 - 19:55

http://www.votez2007.com/tour1vote.asp

Une élection virtuelle par semaine, avec les deux tours.

( Y a beaucoup de candidats, mais pas Montebourg )

Wink

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Mar 30 Mai 2006 - 20:42

Moi, je ne voterais que le D-Day, et je maudirais tous les sondages dont j'entendrais parler ! Mr.Red
Depuis le 21 avril, je suis comme... psychotée ! Mr. Green Oui, et puis, faisant de la sociologie depuis... 2001, justement, j'ai eu quelque peu le temps de voir les ficelles du métier. Alors, les sondages, et tout ça... j'y fait moyen confiance.
Je sais que ce n'est pas un sondage, ton truc, mais je disais ça comme ça, histoire de dire que les élections... j'attends ! Et surtout, je suis contente de ne plus avoir la télé (que celle d'Alexis est toute côssée). Sont tous complètement flippés là-dedans.


Hors-Sujet Total : Je crois qu'un des trucs les plus... rigolos que j'ai fait en socio, c'est de regarder s'il existait des corrélations entre le signe astrologiques et divers trucs... il y a certains naïfs qui étaient déçus... hi hi hi. Bah j'avais jamais vu des seuils de corrélations aussi bas. No correlation. Nada, niet qué couic ! Laughing

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Ven 2 Juin 2006 - 16:23

Belle entrée en matière de la dame qui se voit déjà élue.

Rolling Eyes

Franchement, on me dit que je vire à Droite parce que je m'apprête à voter BAYROU, mais personnellement je trouve que voter pour elle sera nettement plus un acte de Droite.

J'ai hâte d'entendre le reste de son programme.
François HOLLANDE, l'autre soir chez GISBERT, était nettement plus convaincant, agressé par tous les invités de Droite, à s'expliquer calmement et sans chercher à leur rentrer dans le lard.

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Sam 3 Juin 2006 - 13:34

C'est vrai que Hollande... il est planqué sous son air bonnasse ! Je me souviens de l'avoir entendu un jour à la radio. Je me disais, ce type parle bien et c'est vraiment pas con ce qu'il raconte, qui est-ce ? Pim, Hollande !

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Mer 7 Juin 2006 - 18:09

Le programme socialiste : http://www.lesetatsgeneraux.fr/article/archive/16/

Je viens d'entendre que la dame en noir envisageait de laisser la place à Lionel JOSPIN pour les Présidentielles.
Enfin le débat va pouvoir commencer sérieusement.

Wink

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Dim 11 Juin 2006 - 12:56

Le discours de BAYROU pour une "révolution civique"

http://www.udf.org/discours/bayrou_cn_100606.html

Wink

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Mer 14 Juin 2006 - 5:59

Le premier tour pour la nomination du candidat PS se déroulera le 16 Novembre prochain.

Alors, qui de Ségolène, Dominique, Jack, François ou Lionel ?

Question

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Jeu 15 Juin 2006 - 11:24

Le CSA vient de décider que le parti de BAYROU faisait désormais partie de l'opposition.

http://elections.france3.fr/presidentielles/2007/22015577-fr.php

http://www.msn.fr/news/pol/?id=060614105822.euggt1v7.asp

Trop drôle.
Puisque j'ai décidé que toutes les futures ( et passées ) conneries de l'UMP me feraient rire maintenant.

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Ven 16 Juin 2006 - 9:15

Réactions à l'Assemblée : http://www.msn.fr/news/pol/?id=060614140709.tpccg9fv.asp

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Mar 27 Juin 2006 - 16:36

Lionel JOSPIN sera mercredi au JT de TF1.
Apès la désastreuse prestation de notre bon CHIRAC hier soir, on pourra se faire une idée du décalage.

Je n'ai pas vu sa tribune dans Le Monde d'aujourd'hui, pourtant j'ai entendu toute la journée qu'il y en avait une, mais bon...

Wink

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Mer 28 Juin 2006 - 19:02

laurent a écrit:
Ah si Jospin pouvait se présenter candidat assez vite - parce que pour l'instant il fait le timide - ce serait le plus grand service qu'il pourrait faire à son pays. S'il tarde trop à le faire, ça m'étonnerait que ça joue en sa faveur.

Voila, Jospin vient de sous-entendre qu'il pourrait être candidat.

Wink

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Ven 30 Juin 2006 - 13:32

Moi aussi! Mr. Green
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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Sam 1 Juil 2006 - 15:17

Je vote pas en Belgique.
D'ailleurs je ne voterais pas pour élire un roy, je trouve ça idiot

Mr. Green

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Dim 2 Juil 2006 - 12:08

Ah?!


Mr. Green
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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Jeu 6 Juil 2006 - 16:51

Bon, même si certains voudraient que je m'abstienne de parler politique ( j'ai d'ailleurs l'impression de ne poster que des liens et des citations ), je mets ici un petit topo sur la démarche d'un certain monsieur LANG qui veut démarquer sa campagne de celle des autres :

Citation :
mercredi 5 juillet 2006, 14h18
Jack Lang promet d'être un président "simple et accessible"

PARIS (Reuters) - Jack Lang promet, s'il est élu l'an prochain, d'être un président "simple et accessible" que l'on pourra rencontrer "dans les trains, les rues et les places" et qui n'habitera pas à l'Elysée, à des années-lumière du "maître absolu" engendré, selon lui, par la Ve République.

Au cours d'un entretien accordé à Reuters, l'ancien ministre de la Culture précise qu'il ouvrira son éventuel quinquennat par un "tour d'Europe" afin de "redonner confiance aux autres pays qui ont été parfois maltraités" sous la présidence de Jacques Chirac.

Dix mois avant l'échéance, alors que la compétition bat son plein au sein du Parti socialiste, il estime que la "seule question qui se pose" n'est pas celle du meilleur candidat mais du "meilleur président pour incarner notre idéal socialiste". Un portrait qui, juge-t-il, lui ressemble comme deux gouttes d'eau.

"Je peux être l'un de ceux qui le mieux incarnerait ce projet. Je suis un homme de fidélité absolue (...), au projet, à notre idéal, à nos engagements, à notre équipe".

Après onze années de chiraquisme, Jack Lang est parvenu à une conclusion. La France ressent "une double aspiration qui peut paraître contradictoire mais qui ne l'est pas": à la protection sous toutes ses formes d'une part - professionnelle, sociale, des biens et des personnes ou internationale - et à un "nouveau souffle, un nouvel élan".

"Pour répondre aux besoins de sécurité et de protection, j'ai l'expérience pour moi. Douze ans ministre de la République, imaginez!". Il met également en avant ses réalisations "dans la vie civile", avant d'entrer en politique "alors que d'autres camarades ne connaissent que le système d'Etat".

"TOUT CE QUE VOUS AVEZ TOUJOURS VOULU SAVOIR SUR MOI"

En un an, Jack Lang aura publié pas moins de six livres. Son prochain ouvrage sur la fiscalité est prévu pour la fin août, quelques jours avant l'université d'été du PS à La Rochelle.

Un livre d'entretiens est en préparation pour le mois de septembre, qui le verra fêter ses 67 ans. L'ouvrage, dont le titre devrait être "Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur moi", coïncidera avec le coup d'envoi de la campagne officielle entre candidats à la candidature du PS.

Dans "Changer", paru en septembre 2005, l'ancien professeur de droit public prône un changement drastique des pratiques politiques et des institutions. Sur le modèle américain ou brésilien, il préconise de fusionner les fonctions de président et de Premier ministre afin de parvenir à une "démocratie présidentielle".

Le Sénat disparaîtrait et le président, élu pour quatre ans au suffrage universel direct, serait responsable devant l'Assemblée. Un tel système aurait, selon lui, le mérite de mettre "fin à la tartufferie du prétendu président-arbitre".

"Il faut que le président soit citoyen. Il faut qu'on en finisse avec cette conception sacralisée de la présidence. Il faut un président accessible, disponible, menant une vie pas normale mais simple comme un Premier ministre d'un pays scandinave", renchérit-il aujourd'hui.

Lui qui n'a "jamais habité dans un palais ministériel" n'emménagera pas à l'Elysée s'il est élu par les Français au printemps prochain et diminuera "de moitié au moins" tous les frais de la présidence.

Pas question de se déplacer avec force policiers. En matière de sécurité, il demandera le "minimum minimorum". "Vous me rencontrerez dans les trains, dans les rues, dans les places", promet-il.

"CONNAISSANCE DU MONDE"

Ses premières mesures emblématiques seront pour l'école. "Il faut dégager quelques moyens exceptionnels" pour la rentrée scolaire 2007 parce que la droite a "fait énormément souffrir l'école".

Viennent ensuite des "signes forts" à destination des chercheurs, l'ouverture d'une conférence "sur les revenus, les salaires et les temps de travail" et la mise en place d'une commission d'élaboration de la nouvelle Constitution, qui sera soumise à référendum dès septembre 2007, comme le préconise le projet présidentiel du PS. A la différence près que le texte commun prône le passage vers une République... "plus parlementaire".

"On ne change pas la politique en appuyant sur un bouton", concède-t-il mais pour le changement des pratiques, qui doit venir d'en haut, "on peut le faire tout de suite, sans texte, sans loi".

Puisqu'un président représente son pays sur la scène internationale, Jack Lang estime que sa "connaissance du monde" est un atout considérable et prône une politique extérieure moins "vaniteuse, prétentieuse, sûre d'elle-même, donneuse de leçons, provinciale, repliée sur elle-même, paternaliste".

"Certains de mes camarades ne sont jamais allés dans le monde", rappelle-t-il refusant de citer des noms mais n'hésitant pas à dresser la longue liste de ses "amis" dans le monde, du Dalaï Lama à Nelson Mandela en passant par Vaclav Havel et toute la gauche italienne.

"Je pense vraiment que la politique internationale c'est d'abord une relation d'homme à homme. Et ça, c'est quelque chose qui ne s'écrit pas dans un projet."

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Jeu 6 Juil 2006 - 17:36

Oui, c'est pourquoi ?

Non...Ah j'ai cru que l'on parlait de moi.

Basketball

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Lun 10 Juil 2006 - 13:41

laurent a écrit:
http://www.votez2007.com/tour1vote.asp

Une élection virtuelle par semaine, avec les deux tours.

( Y a beaucoup de candidats, mais pas Montebourg )

Wink

Bah si, dans la "seconde liste" Rolling Eyes

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Lun 10 Juil 2006 - 13:56

laurent a écrit:
Bon, même si certains voudraient que je m'abstienne de parler politique ( j'ai d'ailleurs l'impression de ne poster que des liens et des citations ), je mets ici un petit topo sur la démarche d'un certain monsieur LANG qui veut démarquer sa campagne de celle des autres :

(...)

J'ai lu en diagonale mais les premiers mots qui me sont venus à l'esprit sont "démagogie", puis "prétention pédante" ... suis-je normal ? Rolling Eyes

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Ven 1 Sep 2006 - 10:48

Bon, il se pourrait donc qu'Arlette appelle à voter LCR car elle ne parvient pas à trouver les signatures. Pas de nouvelles de BUFFET-BOVE. JOSPIN fait une belle montée dans les sondages depuis deux mois : à mon avis ça se jouera entre lui, ROYAL et DSK mi-Novembre. Toujours est-il que ça finit par dégoûter du PS, je pense qu'ils vont s'en mordre les doigts sous peu...
Ils feraient mieux de réflechir à l'idée républicaine Gaulliste dont s'est emparé BAYROU, rassembler la Droite et la Gauche, les bons éléments en quelque sorte, plutôt que de se lancer des piques façon gamins de 7 ans, ça élèverait peut-être le débat.
En fait, il serait temps de songer au moindre mal ( qui pour moi dans ce cas-ci s'apprente à un énorme bien )


Citation :
François Bayrou veut sortir du clivage Sarkozy/Royal imposé par les médias

"Les médias, comme en 2002, essaient d'imposer un second tour tout fait auxquels les Français ne sont pas ralliés du tout", a estimé mercredi le président de l'UDF François Bayrou.

"Il y a en France aujourd'hui des puissances très importantes qui en particulier ont des intérêts dans les médias, qui poussent à ce choix tout fait qu'ils ont choisi eux-mêmes: Nicolas Sarkozy d'un côté, Ségolène Royal de l'autre", a dénoncé François Bayrou sur France Inter.

Citant à demi-mots Bouygues, Dassault et Lagardère, il a évoqué des "puissances considérables qui ont avec l'Etat des rapports de clients, dont la vie et le développement dépendent de la commande publique et donc qui ont le plus grand intérêt à maîtriser, tenir les choix futurs des Français, à les diriger, les orienter".

François Bayrou a affirmé que l'ambition de l'UDF était "d'offrir un autre projet et une autre approche de la politique". "La situation devant laquelle nous sommes, extrêmement lourde (...) impose une autre approche qui consiste selon moi à élargir la majorité et faire travailler ensemble des gens compétents quelle que soit leur étiquette d'origine", a-t-il dit.

"Ce qu'on appelle parti majoritaire en France, c'est un parti qui tourne autour de 20% (...), vous ne pouvez pas gouverner la France avec seulement 20% des Français", a-t-il estimé, avant d'affirmer: "Il faut des majorités nouvelles pour la France".

Soucieux de montrer l'exemple, le chef de l'UDF a invité à l'université d'été de son parti qui s'ouvre jeudi à la Grande-Motte (Hérault), le socialiste historique Michel Rocard, le nouveau sarkozyste Michel Barnier et l'écologiste Nicolas Hulot. "J'ai essayé de prendre trois personnalités que j'estime et dont je sais qu'elles s'estiment entre elles mais que la malédiction politique française interdit de voir travailler ensemble", a-t-il expliqué.

Au chapitre des réformes, François Bayrou propose "que le second tour de la présidentielle ne soit plus réservé seulement aux deux candidats arrivés en tête, mais soit ouvert comme toute autre élection, aux candidats obtenant plus de 10% des inscrits".

"Il faudra bien y réfléchir, mais je vous le dis solennellement: on ne peut pas continuer à exclure de la représentation des millions de Français (...). Je suis partisan que l'on change de mode de scrutin pour qu'une proportionnelle juste désigne, par exemple, 50% des députés, et donc, que tous les courants à plus de 5% soient représentés à l'Assemblée", déclare-t-il ainsi dans un entretien à "L'Express" publié jeudi.

François Bayrou a en outre réaffirmé son hostilité au projet de fusion entre Suez et GDF. "Est-ce qu'il faut que l'Etat abandonne la capacité d'action qu'il a sur le marché du gaz?", a-t-il demandé sur France Inter. "Ma réponse est non. Il faut au contraire que l'Etat considère que cette activité, l'énergie, le gaz, l'électricité, mérite de sa part une stratégie de long terme pour les Français", a-t-il plaidé.

Invité mercredi matin à l'université d'été du MEDEF, le député des Pyrénées-Atlantiques entendait convaincre ses hôtes "que l'intérêt éconmique, l'intérêt privé des actionnaires d'une entreprise ne suffit pas à rendre compte de l'intérêt général".


Citation :
Le mot d'accueil de François Bayrou

"L’objet de cette Université d’été est de montrer qu'il existe dans la vie politique française une alternative, une démarche différente d'assumer la vie démocratique et le pouvoir.

Nous pensons ensemble que les blocages que la France subit, sont, en particulier, le fait d'une espèce de monopole du pouvoir, exercé alternativement par l'UMP - hier RPR - et le PS, dont le but est d'avoir tout le pouvoir entre leurs mains. Le PS veut battre l'UMP, l'UMP veut battre le PS, ce n'est pas notre perspective.

Aujourd'hui, il y a beaucoup plus important encore, c'est : comment réconcilier la communauté nationale avec la vie démocratique qui devrait être son bien. Comment faire que les problèmes si lourds trouvent une réponse ? Voilà la question, il n’y en a pas d’autres.

Le moment viendra de la confrontation ; aujourd'hui, le choix que nous avons fait c'est de traiter du fond, avec des interlocuteurs que nous estimons pour leur itinéraire, leur personnalité. La différence est une richesse.

C'est la raison pour laquelle cette Université d’été n'est pas une Université de meeting mais de débat, dialogue, table ronde, approfondissement des sujets. Ce n'est pas non plus une Université d'affrontements en notre sein. Notre manière d’être solidaires et soudés est une richesse quand tant d’autres en sont aux affrontements.
Je suis persuadé que beaucoup de Français regardent ce que nous faisons ensemble, beaucoup de Français sont à la recherche d’une autre attitude. "


Citation :
Le président de l'UDF François Bayrou n'a "aucun doute" sur le fait qu'il appellerait au gouvernement des ministres socialistes s'il devenait un jour Premier ministre.

"Il y a des gens bien au Parti socialiste (PS) comme il y a des gens bien plus à droite. Le drame de la France, c'est que des gens qui, au fond, partagent exactement les mêmes valeurs et la même approche, ceux-là, le système sectaire dans lequel on vit leur interdit même de parler entre eux", a déploré François Bayrou, exprimant le souhait qu'à l'avenir "on ne gouverne plus uniquement avec les siens, ceux qui sont encartés chez vous, mais qu'on soit capable de réunir beaucoup plus largement des personnalités de valeur, compétentes et qui partagent le même projet".

Il a évoqué "les moments les plus difficiles" de l'histoire contemporaine du pays, "quand il a fallu redresser la France, après la Libération, à la fin de la IVe République et au début de la Ve" et rappelé qu'on avait alors "réuni au sein du gouvernement les principales sensibilités du pays pourvu qu'elles acceptent un accord sur l'essentiel".

Le député des Pyrénées-Atlantiques s'est prononcé pour un "gouvernement d'ouverture, d'entente nationale". "Sur un programme de gouvernement, les diverses sensibilités du pays peuvent parfaitement se réunir, ou en tout cas des personnalités issues de ces sensibilités peuvent accepter de prendre leur part de la charge", a-t-il estimé.


Citation :
LA GRANDE-MOTTE (AFP) - Le président de l'UDF François Bayrou a ouvert jeudi en fin d'après-midi l'université d'été de son parti à la Grande-Motte (Hérault), en se prononçant pour une séparation des pouvoirs politique, économique et médiatique.
Ce vendredi après-midi, l'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard, qui avait ouvert son gouvernement à des centristes quand il était à Matignon (1988-91), s'exprimera sur "la réforme de l'Etat à travers l'exemple de l'éducation nationale".
L'ancien ministre des Affaires étrangères Michel Barnier, conseiller politique de Nicolas Sarkozy à l'UMP, parlera pour sa part d'Europe.

"Il y a un certain nombre de gens et de forces qui croient qu'on peut choisir à l'avance le deuxième tour, autrement dit priver les Français du premier tour" de la présidentielle, a déclaré M. Bayrou devant la presse, à son arrivée en compagnie de l'écologiste Nicolas Hulot.

"Je suis pour qu'on sépare le pouvoir politique, le pouvoir économique, le pouvoir médiatique", a-t-il ajouté.
M. Bayrou avait déjà accusé la veille les grands groupes industriels, à travers les médias qu'ils possèdent, d'"orienter" les Français vers un "choix tout fait" entre Nicolas Sarkozy (UMP) et Ségolène Royal (PS) en 2007.
"Les liens, y compris personnels, entre Nicolas Sarkozy et des grands intérêts économiques, ils sont dans tous les journaux people", a-t-il affirmé jeudi.
"L'intérêt général des citoyens exige que le pouvoir soit, non pas hostile, mais indépendant du pouvoir économique, que ça ne copine pas par dessous", a-t-il ajouté.

François Bayrou a, par ailleurs, apporté son soutien à la proposition de Nicolas Hulot de créer un poste de vice-Premier ministre en charge du développement durable.
Lors d'une table ronde sur "l'écologie au quotidien", à l'université d'été de l'UDF à la Grande Motte (Hérault), M. Bayrou a expliqué qu'il a adhéré à cette idée "juste et intéressante", quand il a compris que Nicolas Hulot proposait une "fonction entièrement dédiée au développement durable".
"Cette idée d'un vice-Premier ministre chargé du développement durable, du long terme, mérite d'être retenue et validée", a déclaré le président de l'UDF.
Il a expliqué que cette fonction serait basée "sur le modèle de ce que les grands hommes de l'après-guerre ont voulu faire, en bâtissant un plan et un service du plan".
Parallèlement, "il resterait au sein du gouvernement un ministère de l'écologie, chargé des questions de tous les jours", a-t-il précisé.
Le futur candidat centriste en 2007 a affirmé vouloir faire de la question du changement climatique "une question clé de l'élection présidentielle".
M. Hulot, qui a accepté l'invitation de l'UDF après avoir été, le week-end dernier, à l'université d'été des Verts et avoir participé il y a quelques mois à une convention de l'UMP sur l'environnement, a expliqué avoir "engagé de longue date le dialogue avec ces formations politiques".
Car "il serait indécent que l'engagement écologique du pays soit conditionné à un simple rapport de forces électoral", a-t-il dit.
"Je ne suis pas là pour soutenir un candidat, je suis un ambassadeur de la cause écologique et climatique", a dit devant la presse l'ancien conseiller de Jacques Chirac pour les questions écologiques.

Le président de l'UDF a aussi exprimé des réserves sur la suppression des cotisations sociales patronales sur le Smic, confirmée par le Premier ministre Dominique de Villepin lors de sa conférence de presse mensuelle.
"Plus vous avez une politique d'avantages pour les bas salaires, plus vous avez de bas salaires", a déclaré M. Bayrou devant la presse, en marge de l'université d'été du parti centriste à la Grande Motte (Hérault).
"Je souhaite au contraire que la politique nécessaire d'allègement des charges sociales soit élargie à l'ensemble de l'échelle des salaires, et je proposerai le moment venu des idées pour cela", a ajouté le futur candidat à l'élection présidentielle.
Soulignant que "le nombre de smicards augmente dans la société française", il a souhaité "que l'on puisse allonger au contraire l'échelle des salaires, de manière qu'il y ait beaucoup moins de gens au Smic".
Le député des Pyrénées-Atlantiques a par ailleurs réaffirmé que "les chiffres du chômage baissent principalement parce qu'il y a un très grand nombre de Français qui partent à la retraite, et parce qu'il y a des emplois aidés. Pour l'instant, ils ne baissent pas encore à cause de la création d'emplois".

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Lun 4 Sep 2006 - 11:23

Discours de François Bayrou
Université d'été des jeunes UDF - La Grande Motte ( 2 septembre 2006 )

(Seul le prononcé fait foi)

Citation :
Mes chers amis,

Le moment que nous vivons ici est exceptionnel. Ont été frappés les trois coups qui commencent une période historique dans notre pays. Ce qui commence, c’est un moment impressionnant, émouvant, deux cent quarante jours, au cours desquels un peuple, notre peuple de France, va choisir son chemin, et donc son destin. Vous le savez bien, mais c'est peut être utile de le souligner, ce n’est pas une élection ordinaire, pas même une élection présidentielle ordinaire. Cette élection-ci est une élection présidentielle moins ordinaire encore que celles que nous avons vécues, parce que c’est un changement de cycle. Ce qui s’achève à l’horizon de 2007, c’est le long cycle ouvert à la fin du siècle dernier, en 1981, long cycle politique qui a vu les amis et les héritiers de François Mitterrand, partager le pouvoir, se succéder au pouvoir, avec les amis et peut-être les héritiers de Jacques Chirac. Et la question qui se pose, la question qui est devant nous - militants, engagés - et devant chacun des citoyens français, c’est de savoir si ce long cycle qui dure déjà depuis vingt-cinq ans, va se perpétuer ou non. Si l’on va continuer comme cela, ou non. Cette période depuis 1981 a été une immense période historique. C'est une période fascinante, pendant laquelle le monde a changé de face, le mur de Berlin est tombé, le communisme soviétique a rendu les clés de la Russie à un tsar, autoritaire et audacieux, la Chine, comme l'avait promis Alain Peyrefitte, s’est éveillée, l’Amérique a affronté sa puissance et le démon de sa puissance, l’Europe s’est faite puis défaite, Internet a tendu sa toile et irrigué l’univers, et l’Islam intégriste a surgi sur l’horizon de nous tous, avec quatre avions détournés un matin de 11 septembre. Pendant cette période, nous avons découvert avec stupéfaction que l’air que nous respirions était aussi fragile que la terre où nous avions nos racines, et que les espèces vivantes qui sont nos compagnons de voyage sur cette planète étaient aussi atteintes par le débordement de nos productions…
Pendant cette période, la France n’a pas réussi à endiguer la malédiction du chômage ; nous avons inventé le RMI sans avoir jamais su ce que signifiait le I, qui aurait voulu dire insertion et qui veut dire exclusion ; l’extrême droite, qui pesait moins de 1% est parvenue, sans jamais se faire entendre en plein jour, au deuxième tour de l’élection présidentielle ; et si l’extrême gauche n’en a pas fait autant, c’est parce qu’elle est restée désunie. Pendant cette période 1981-2006, un quart de siècle, la dette de la France, plus faible en 1981 que celle d’aucun autre pays développé, est montée comme une marée, sans que ni l’un, ni l’autre, des deux partis dominants ne songe à l’arrêter. Pendant cette période, de frustration en frustration, il se fait qu’à chaque élection, sans exception, comme compères en foire, des deux partis dominants, les seconds ont remplacé les premiers qui avaient remplacé les seconds le coup d’avant. Immense frustration française, devenue une fable pour tous nos voisins, tous nos collègues les pays européens, tous nos rivaux… Les institutions de la démocratie française se sont détériorées une fois qu'a été rompu, par la cohabitation, l’équilibre un peu anachronique qui faisait dépendre par l'invention du Général de Gaulle, l’immense pouvoir du président de la République de la confiance directe, vérifiée à intervalles réguliers, du peuple souverain.

« Jugez l’arbre à ses fruits… » disait l’Ecriture. Si l'on juge à ses fruits l'expérience politique conduite depuis vingt-cinq ans, la question d'y rester ou d'en sortir devient une question centrale. La question est de savoir si les Français vont choisir que continue, sous de nouveaux visages, ce monopole à deux, cette entente implicite, jamais avouée mais qui se résume aisément « un coup pour toi, un coup pour moi… » ou si les Français, comme le grand peuple qu’ils sont, comme un grand peuple avec une grande histoire, vont s’affranchir de cette longue série d’échecs et de frustrations pour commencer d’écrire une page nouvelle de cette histoire, pour renouveler le paysage, envoyer le grand ballon d'oxygène dont la démocratie française a besoin, et je crois les Français aussi. Je vais vous dire ce qui me frappe : c'est pas le découragement des élites (ils ont une part de responsabilité, même si les choses leur sont imposées, ils les acceptent), ce qui me frappe c’est le regard des victimes de tout cela, des pauvres gens que tout devrait conduire à secouer cette fatalité, ce sont eux les pauvres gens qui trinquent, en première ligne, chaque fois.
Ce qui me frappe, c'est la résignation dans leur regard. Parfois, ils veulent hurler, alors ces dernières années, pour hurler ils ont voté Le Pen, ou à l'extrême-gauche. Et ils ont découvert, un peu tard, que ce vote prétendument destiné à bouleverser les choses n’avait comme effet que de conforter les mêmes dans un pouvoir devenu, cette fois, absolu.
Ils voulaient secouer le cocotier. En fait ils ont renforcé ceux qu’ils voulaient secouer. Et pour longtemps ! Puisque désormais, à chaque élection, on va nous refaire le coup de l’épouvantail. Alors, beaucoup de ces victimes ont cessé de croire tout court. Ils ont l’impression que le rapport de forces est trop déséquilibré. Ils ne croient même plus qu’il existe un chemin. Ils ne croient même plus que leur bulletin de vote, leur choix de citoyens, souverains dit-on, puisse changer les choses. Dans ce système si bien rôdé, ils ne voient pas l'issue : plus ça change et plus c’est la même chose. Si ce n’est pas les uns, c’est forcément les autres, et si on veut sanctionner les seconds, on est obligé de reprendre les premiers !

Donc, je dis ça avec une trace de sourire mais c'est la réalité, j'ai fait peut-être 150 réunions publiques en forums citoyens cette année en France, la question qui se posait toujours était : « Monsieur Bayrou, c'est bien ce que vous nous racontez, mais comment vous voulez qu'on y arrive ? » Quand le peuple ne voit plus le chemin, alors commence la désespérance collective. La question qui se pose est forcément celle-là : « est-ce qu’on regarde ce système au fond des yeux, est-ce qu’on lui enlève sa capacité de nuire, est-ce qu’on brise le monopole à deux, est-ce qu’on trace pour la France un chemin nouveau, ou bien est-ce qu’on se résigne à consacrer la domination des mêmes pour un nouveau cycle de vingt-cinq ans ? »
Il y a beaucoup d’universités d’été en France en ce moment. Il n’y en a qu’une où l’on puisse poser la question en ces termes… et c’est ici à la Grande Motte. Car dans la vie politique française, il n’y a aujourd'hui qu’une seule alternative. À La Rochelle, à Marseille, ce sont les partis du monopole, les deux partis dominants, dominants minoritaires - 28% les bonnes années, 18% les mauvaises - ils ont tous les pouvoirs depuis un quart de siècle. Ailleurs, dans des mouvements intéressants, on peut être d'accord ou pas d'accord, chez les Verts, c’est l’acceptation de la domination du grand frère socialiste. Ailleurs encore, ce sont les extrêmes, c’est-à-dire les meilleurs alliés du maintien du monopole, l’assurance tout risque contre toute contestation, l’épouvantail qui sert à jeter les moineaux dans le filet des chasseurs. Il n’y a donc qu’un seul chemin possible, et je le dis sans forcer le trait, un seul chemin possible pour les millions de Français qui rêvent d’un autre destin, et c’est ici que ce chemin commence. Je le dis sans orgueil ! Et je ne suis pas rassuré d’avoir à vous le dire. Je préfèrerais qu’il y ait d’autres réponses, et on choisirait entre nous la meilleure ! Mais la vie a fait que les autres ont renoncé. Peu à peu, tous ceux, et ils sont nombreux, qui ont songé un jour ou l’autre à contester le monopole à deux, tous ceux qui ont formulé le même constat que le nôtre, ceux qui ont voulu offrir, un jour ou l’autre, à leur pays, un autre choix et un autre destin l’un après l’autre, ils ont été obligés de renoncer. Je pense à eux, à Valéry Giscard d'Estaing, je pense à Raymond Barre, je pense à Jacques Delors, je pense à François Léotard, je pense à Alain Madelin même si ça vous surprend, je pense à Simone Veil, je pense à Bernard Stasi avec qui j'étais hier et à qui j'envoie une pensée affectueuse, je pense même à Méhaignerie égaré dans son actuelle fonction, je pense à Michel Rocard que nous recevions hier, tous ceux qui ont voulu faire mentir cette fatalité, tour à tour "deuxième gauche" ou "deuxième droite". Et je sais, en disant leur nom, que là où chacun se trouve, parfois en ce moment assez loin de nous, il entendra l’écho de ces mots et peut-être il y reconnaîtra l’écho du combat qui fut le sien. Et je vais vous dire ceci. Ce n'est pas un hasard s'ils ont été amenés à renoncer ou à éluder le combat qu'ils ont mené. C’est un combat dur. Les femmes et hommes que je viens de nommer sont des femmes et hommes de qualité, intellectuelle toujours, morale souvent. Mais c'est difficile, parce qu'il faut supporter les sarcasmes de ceux qui se croient puissants. Il faut supporter l’état de minoritaire, avant d'espérer devenir majoritaire, dans un pays où seules les majorités ont voix au chapitre. Eh bien, de tous ceux-là, je n’ai rien oublié de leurs combats, de ce qui fut parfois leur victoire éclatante en 1974. Et même s’il leur arrive, pour quelques uns d’entre eux, d’avoir tourné la page sur ce combat, je veux leur adresser en votre nom, depuis le front où nous allons nous battre, le salut et l’amitié de leurs compagnons de combat.

Ne vous trompez pas ! Pour nous aussi, pour nous plus que jamais, le combat sera dur, et âpre, et plein de coups bas, visibles et invisibles, les plus attendus des coups bas, et je vous le promets les plus inattendus.
Mais je crois cependant qu’il faut livrer ce combat, que c’est comme ça, que c’est notre devoir et qu’on ne se dérobe pas une fois quand on est une femme ou un homme debout, une fois qu’on a compris où était le devoir.
Et je crois que, ce combat - je vais utiliser un verbe qui pour moi a tout son sens - je crois que ce combat nous pouvons le gagner. Vous entendez bien : non pas figurer, même honorablement, non pas seulement faire un bon score. Je crois que nous pouvons gagner , gagner l’élection présidentielle, construire une majorité nouvelle, non pas la majorité d’hier, ou celle d’avant-hier, gagner dès l’instant que les Français auront démêlé les ficelles du jeu, les ficelles par lesquelles on les transforme en marionnettes. Nous pouvons gagner, et nous le devons. Parce qu'une fois qu’on a compris la réalité du jeu, l'utilisation des ficelles, on a recouvré sa liberté. Et quand on a trouvé sa liberté, alors rien ne résiste, en tout cas, rien ne résiste longtemps.

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Lun 4 Sep 2006 - 11:24

Citation :
Le combat sera âpre, d’abord parce que le déséquilibre des moyens est spectaculaire. Je ne parle pas seulement des moyens financiers, c'est déjà beaucoup, puisque par rapport aux deux partis dominants et minoritaires, le rapport de nos moyens est de un à huit avec l'un, de un à dix avec l'autre. Il y a plus grave et plus profond. Je parle de l’influence. Je parle de l’orchestration. Je parle de l’organisation qu'on ne voit pas vraiment, d'un enchaînement subtil en quatre temps, télévision-sondages-médias-et retélévision. Il a suffi d'assister à l'été médiatique des deux dominants-minoritaires pour comprendre comment ça marche. Il dépend des Français qu'ils le comprennent. Les minutes de télévision font les sondages, les sondages font les médias qui justifient à leur tour que vous repassiez à la télévision. Et ainsi la mécanique apparaît impossible à contredire. Et cela qui paraît déjà préoccupant, ne le serait pas tout à fait autant si ne se mêlait à ce système quelque chose de plus préoccupant encore : le lien d’intimité et d’intérêt entre ces puissances et le pouvoir, actuel ou futur. Imaginons, en effet, je vais prendre une hypothèse totalement absurde, que de grands groupes de médias soient liés à de grands groupes industriels qui aient avec l’État des rapports de client à fournisseur… Il paraît que cela se produit dans certains pays. Je lisais dans un grand journal du matin, qui s’en émouvait à juste raison en disant que la démocratie est en péril, que cela se produit non loin de nous, sur notre continent… en Russie. Alors - on est toujours bien entendu dans l’imagination - quelque chose d’autre peut traverser la tête de ceux qui seraient dans ce type d’influence. Alors la tentation peut être grande d’assurer le destin en présélectionnant non pas comme en 1995 un candidat (c'était d'ailleurs le nôtre, ce qui nous arrangeait), mais deux favoris, un dans chaque camp, en les protégeant d’étoiles bienfaisantes. De former la boule de neige qui va rouler, rouler, jusqu’à la première page des magazines, pour illustrer les jolis maillots de bains de l'été…
Disons que c’est plus facile pour la suite. Ça s’appelle "assurance tout risques". Eh bien je pense qu’il y a là quelque chose de risqué pour la démocratie de l’avenir. Cela est pour moi un sujet de préoccupation.
Nicolas Sarkozy assume publiquement cette proximité, et même cette intimité avec les détenteurs de ces immenses puissances, de ces forces de frappe industrielles et médiatiques qui jouent un si grand rôle dans la formation de l’opinion. Mais la gauche connivente, dite « caviar » a fait de même pendant très longtemps, même si c’est plus discrètement.
Berlusconi en a fait la clé de sa puissance, sans même, lui, avoir à s’embarrasser d’intermédiaires. Mais faites attention : le même Berlusconi a prouvé lors des élections italiennes que la force de ces organisations était immense, pour à une poignée de voix, lui garantir la victoire, alors qu'il était en situation de rejet profond. J’ai une approche toute différente de celle de Nicolas Sarkozy, de Berlusconi, et de la gauche connivente. Je pense qu’il est de la plus haute importance, pour la démocratie, pour la République, de mettre de la distance entre le pouvoir et les puissances d’argent, financières et médiatiques. Au XVIIIème siècle, Montesquieu a théorisé la séparation des pouvoirs, à l’intérieur du politique. Il a dit : il y a l’exécutif, le législatif, le judiciaire, à l'intérieur. Dieu sait qu'en France cette séparation n’est pas achevée. Puis la France a choisi, avec mon camarade Henri IV d'abord, avec l’édit de Nantes, puis les grands combats de la laïcité, nous avons choisi de séparer l’État de la religion. Eh bien il faut aujourd’hui une autre séparation des pouvoirs : il faut séparer la politique de l’économique et l'économique qui tient le médiatique. Il faut que le citoyen (parce qu'il ne s'agit pas de nous dans cette affaire, ou très accessoirement) il faut que le citoyen ait la certitude, que le pouvoir politique n’est engagé dans aucune autre solidarité que celle qu’il doit à ceux qui l'ont délégué pour exercer la fonction de responsabilité, à ses concitoyens. Je proposerai dans mon programme de campagne que cette garantie de séparation soit apportée par la loi. Naturellement, il faut du capital aux entreprises de presse. Mais ces intérêts doivent être indépendants de l’État, comme c’est le cas dans toutes les grandes démocraties de la planète. Alors je ne suis pas tout à fait dans l’ignorance de ce qu’une telle affirmation fait courir comme risque, médiatique en tout cas, en France en 2006, à quelqu'un qui souhaite être candidat à l'élection présidentielle. Mais si nous voulons rendre à la République et à la démocratie l’adhésion des citoyens, l’adhésion des Français, alors il faut réconcilier la République et la démocratie avec les principes que l'on enseigne aux enfants avec l'éducation civique dans les écoles. Et c’est plus important, en tout cas, c’est préalable à bien d’autres réformes. Parce que le principe de la démocratie, ce qui fait qu'elle vit ou qu'elle meurt, c'est la confiance, que le citoyen ait la certitude que les cartes sont sur la table, que tout le monde peut les voir, que tout le monde, simple citoyen, peut être averti des raisons des grandes décisions d’État. C’est la transparence qui préside aux choix nationaux. Nous choisissons les cartes qui sont sur la table, non pas celles qui sont sous la table. La transparence, contre la connivence. Et la connivence doit être écartée, doit devenir impossible. La France a vécu et souffert de connivence, il est temps qu’elle en sorte. C'est pourquoi nous voulons cette séparation de la politique, de l'État, des intérêts financiers et des médias. Ces principes-là, ce sont ceux qui ont fait la France républicaine ! Ce sont les instituteurs de la République, avec leurs idées droites, avec leur idée toute simple de l’instruction civique.
C’est le général de Gaulle quand il disait, tout simplement, avec hauteur cette phrase transparente et éclairante : « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille » de la Bourse. C’est Raymond Barre, quand il défendait avec nous l’État impartial ! L’État impartial, qui est un recours pour tous, et non pas un compère dans le jeu économique… Nous, citoyens, nous avons le droit que les choses de la République soient droites. Nous avons droit à ne pas avoir à soupçonner constamment que quelque chose se passe par dessous, que les décisions d’État sont influencées ou influençables… Et si « rupture » il y a, si on veut une rupture, eh bien mes amis, voilà une rupture ! Voilà une alternative au système. Mais sortir du monopole, clarifier les rapports de l’État avec les influences qui pourraient s’exercer le plus aisément sur lui est une chose. Encore faut-il que nous trouvions les garanties pour ne pas recréer un monopole quand les Français auront tranché ! Nous ne devons pas contester le monopole à deux de l’UMP et du PS pour recréer, à supposer qu’on puisse y parvenir, un autre monopole, le monopole de l’UDF. Je pense que les monopoles du pouvoir sont nuisibles en eux-mêmes et que, quand on n’est pas obligé de se préoccuper du citoyen, de son avis, de son information, de sa conscience, alors on est sûr de se tromper. C’est pourquoi la démocratie, ce n’est pas le pouvoir, ce sont les contre-pouvoirs, ce sont eux qui protègent les citoyens. Et ce sont eux qu'il faut rebâtir en France.

Et la première garantie de la démocratie, c’est le pluralisme.
Il est scandaleux que notre Parlement soit non pas la représentation des Français, mais seulement la représentation des seuls Français majoritaires, électeurs des partis dominants. C'est scandaleux et nous voulons que ça change. Si les élus ne représentent que les majoritaires et les dominants (minoritaires en voix), ils ne peuvent pas être des législateurs impartiaux, et ils ne peuvent pas organiser le débat, exercer le pouvoir, ou plutôt le contrepouvoir du contrôle. Voilà pourquoi il est de la plus haute importance républicaine, du plus haut intérêt général que les Français soient également, au même rang, représentés à l’Assemblée nationale. Et je ne le dis pas seulement pour nous, ou pour les Verts, je le dis aussi pour ceux que j’ai combattus et que je combats : l’extrême droite et l’extrême gauche. Je n’hésite pas à dire qu’il est anormal qu’avec des millions de voix l’extrême droite et l’extrême gauche ne soient pas représentées à l’Assemblée nationale. Je préfère les combattre à visage découvert, franchement, plutôt que de voir ces idéologies funestes ou dangereuses cheminer souterrainement, progresser à bas bruit et surgir en un instant, pour que tout d'un coup la démocratie française ne puisse plus s'exercer. Et il n’est pas normal que le débat ne puisse s’organiser en France, du fait du droit de passage en force que le 49-3 donne au gouvernement. Il est de la plus haute importance démocratique que ce droit de passage en force soit abrogé et que parallèlement soit organisé le droit de résistance de l’opposition à un texte.

C'est un petit peu technique, mais je veux en dire un mot en partant d'un exemple, le débat dans les jours qui viennent sur la privatisation de GDF.
Comme beaucoup de mes amis députés UDF, je ne voterai pas le projet de privatisation de Gaz de France. La planète se trouve en effet devant deux crises menaçantes, liées l’une à l’autre étroitement. Une crise menaçante sur l'épuisement des énergies fossiles. Une crise menaçante du climat. Quelle est la portée du risque qui monte devant nous ? Personne ne le sait exactement. J’ai rencontré depuis des mois les scientifiques les plus éminents, j’ai lu beaucoup de contributions, publiques et plus discrètes. Je n’ai rencontré aucun scientifique, aucun expert, pour considérer que ces deux immenses risques n’existeraient pas, ou qu'ils seraient négligeables. Tout le monde sait qu'il y a un risque d’approvisionnement. Le nombre de pays producteurs de gaz, à la différence du pétrole, est extrêmement réduit. Deux sur trois de ces pays sont en situation instable et susceptibles, on l'a vu récemment avec l'Ukraine, de considérer leur précieuse matière première non pas comme une richesse économique, mais comme une arme politique. Il y a parallèlement un risque écologique. Le gaz est l’énergie fossile la moins polluante pour l’effet de serre (une fois et demi moins de gaz à effet de serre que le pétrole, deux fois moins que le charbon). Dans un tel contexte de risque, le principe de précaution exige à mes yeux, à nos yeux, de conserver une capacité d’action publique forte. Ça n'est pas en dire du mal que de rappeler qu'une entreprise privée, privatisée, agit d’abord dans l’intérêt de ses actionnaires. Une entreprise à majorité publique peut entendre à condition qu'on le veuille, d’autres raisons, d’autres préoccupations. Par exemple, s'il intervient une crise, si on est en situation tendue, elle peut arbitrer ses choix de stockage, ou de déstockage, non pas par la seule considération du prix de marché, mais en considération de l’intérêt national traduit pour elle par la puissance publique. Et cela explique que l’UDF défende les engagements pris il y a quelques mois par le gouvernement et par la majorité, de ne pas descendre au-dessous de 70 % des parts dans Gaz de France, et dont il n’y a aucune raison de faire litière : la parole donnée par la loi, par les parlementaires, mérite qu’on la défende, du moins de la part de ceux qui, comme nous, ont voté la loi en conscience ! GDF, comme hier les autoroutes, a été édifié par les Français. C’est l’effort des Français qui a construit le réseau, jusqu’au plus petit village. Et je trouve qu'il n’y a aucune raison de l’oublier. Nous jugeons donc que cette décision est mal inspirée. Mais il nous paraît que le Parti socialiste est aussi mal inspiré aussi en choisissant de déposer des dizaines de milliers d’amendements dont le but est d’empêcher non pas l’adoption du texte, mais l’examen du texte. Si vous voulez bien y réfléchir avec moi, cette décision du Parti socialiste, contrairement aux apparences, ne dessert pas le gouvernement, elle le sert. Car vous savez bien que ce gouvernement, ne veut pas le vote. Il veut tout, sauf le vote. Au sein de son parti des voix se font entendre pour défendre le même point de vue que le nôtre. Et donc le PS lui rend le signalé service de lui servir le 49-3 sur un plateau, de lui apporter en même temps l’obligation du 49-3 et le prétexte de son utilisation. Et je vous laisse décider, vous qui êtes des connaisseurs, si c’est totalement un hasard… Et dans ce cas, le Parlement n’est pas un contrepouvoir, il justifie lui-même l’évitement du débat. Le Parlement de l’avenir, le Parlement que nous voulons, ne connaîtra pas le passage en force, mais il ne connaîtra pas non plus l’obstruction insurmontable qui oblige au passage en force. La règle devrait être que l’opposition a droit, c'est légitime à mes yeux, à une période de blocage, pour attirer l’attention de l’opinion, pour que mûrisse la réflexion des citoyens, ce qui peut être utile et juste, mais qu’au bout de cette période, par exemple au bout de quinze jours, le vote est de droit que le texte ait pu être entièrement examiné ou pas. L’opposition a droit à imposer des prolongations, mais elle ne peut pas supprimer le match que constitue l'examen d'un texte.

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Lun 4 Sep 2006 - 11:25

Citation :
Quand je dis alternative au système qui est en place depuis vingt-cinq ans, voilà les éléments concrets de cette alternative. Je veux apporter un autre élément de cette alternative. Il y a cinquante ans que la France se vit camp contre camp. C’était fondé pendant une longue période ! À l’époque où l’idéologie des uns s’accommodait et parfois niait la dictature soviétique et même parfois défendait les principes de cette dictature, et où les autres combattaient la dictature, il y avait entre les deux camps de l’irréductible. Mais l’histoire est passée par là. Les alternances sont passées par là. Et nous avons découvert, ce que nous soupçonnions depuis longtemps, qu’il y avait des gens compétents, réalistes et généreux dans les deux camps. Et nous avons vérifié que l’antagonisme aveugle des partis dominants, droite contre gauche, empêchait l’évolution, les réformes justes dans notre pays.
Il faut donc changer de perspective et proposer une nouvelle démarche politique. Camp contre camp, avec interdiction de se parler entre les camps, c’est absurde pour deux raisons. D'abord parce que cela empêche de parler et de travailler ensemble des hommes qui sont en fait d’accord sur tout ! Surtout cela oblige ces hommes qui sont d'accord sur tout à travailler avec des gens avec qui ils ne sont d'accord sur rien ! Cela oblige Rocard, ou Kouchner, ou Strauss-Kahn à faire semblant d’être plus près de Besancenot que de moi. Alors que bien sûr, ils n’en croient pas un mot… Et le même sectarisme m’obligerait, si j’acceptais encore de telles obligations, ce qui je vous assure est derrière moi, à me sentir plus près de l’extrême droite que de ces hommes du centre-gauche, avec qui sur les valeurs nous sommes en accord profond. C'est cela que nous devons changer, qui ne doit pas perdurer, pour la France.

Je suis décidé à proposer aux Français une autre démarche politique, une majorité nouvelle, une majorité d’ouverture. J’ai invité avec bonheur à cette université Nicolas Hulot, Michel Rocard, Michel Barnier. Une personnalité écologiste, une personnalité socialiste (lui n'a jamais employé le mot « socialiste », il a dit « social-démocrate », ça me va), une personnalité UMP (il a dit « gaulliste, social, et européen », ça me va très très bien). Vous qui avez assisté au débat: au cours de cette journée, dans les heures de débat que nous avons eues ensemble, sur des thèmes difficiles, la protection de la planète et de la biodiversité, le développement durable, la réforme de l’Éducation nationale, l’avenir de l’Europe, si quelqu’un a entendu le moindre couac, la moindre divergence, celui-là qu'il se montre, je lui paie un sonotone ! Comme vous l'avez senti, nous n’avons pas fait semblant. Nous avons seulement exprimé la vérité.
Et comme eux, ils sont légion. Légion dans la vie politique française. Ils le disent tout bas. Ils le chuchotent dans les couloirs, ou quand on parle vraiment dans les couloirs de l'Assemblée nationale ! À gauche comme à droite. Je sais gré à nos invités d'avoir assumé, publiquement. Les autres, pas encore, mais ça viendra. Je veux faire sauter ces murs et ces barrières d’un autre temps. Ma conviction est celle-ci.
Il faut former un gouvernement non plus à partir des étiquettes, mais à partir des compétences. Il faut laisser derrière nous le sectarisme. Il faut former un gouvernement pluraliste qui représente non plus un seul clan, mais des sensibilités différentes, et compatibles entre elles, qui font la réalité du peuple français. Il faut former une majorité non plus à partir de la domination d’un parti, mais à partir d’un contrat de majorité, discuté, négocié, ou personne ne perdra la face, afin que le pays comprenne qu’il va être entendu dans la diversité de ses attentes. Je vous le disais, l’UMP, le PS, dans les bonnes années c’est entre 20 et 25% des Français, les grandes années c'est 28%. On ne fait pas une base pour soutenir les réformes et l’évolution de la société avec des partis à ce point minoritaires en voix. Il faut élargir cette base, et c'est essentiel pour redresser le pays. Il y a des moments dans l’histoire d’un peuple où il a besoin que tous ceux qui, en son sein, ont la capacité et la volonté de construire ensemble, même s’ils se sont opposés hier, se réunissent pour reconstruire le pays.
En 1945, le Général de Gaulle a jugé qu’il était de son devoir de le faire, y compris souvenez-vous, avec les communistes. En 1958, le Général de Gaulle l’a fait, cette fois sans les communistes, mais en obligeant tous les grands partis de l’arc démocratique français à faire ensemble les premiers pas de la reconstruction du pays. Je suis heureux que nous ayons pu montrer, naturellement, simplement, franchement, que nous pouvions parler ensemble avec ces personnalités qui sont venues nous voir, proposer ensemble. Je serai encore plus heureux le jour où tous ceux-là pourront assumer publiquement, coram populo , face au peuple, leur accord de fond et enfin agir, et gouverner ensemble pour reconstruire notre pays.

Mes chers amis, pour ceux qui cherchent une rupture, alors voilà une rupture !
Mais je voudrais que nous comprenions tous ensemble que cette démarche de gouvernement n’est pas fondée sur « tout le monde il est beau tout le monde il est gentil ». C'est une démarche politique, ce n’est pas du scoutisme. C’est, ce sera si nous gagnons, le fruit d'un accord de gouvernement. Et c’est les grandes lignes de cet accord de gouvernement que je voudrais tracer devant vous.

Il y a 6 piliers pour un accord de gouvernement, autour de quoi tout s'ordonne. L’action demande de la cohérence, et des priorités. Il faut que l’on sache autour de quoi tout s’ordonne. La France a besoin d’être forte parmi les nations. La France a besoin d’être armée face à la mondialisation. La France a besoin d’être inventive. La France a besoin de cohésion nationale. La France a besoin d’égalité des chances. La France a besoin de conscience. La France a besoin de développement humain, autant que de développement économique. Et on croirait, après avoir énoncé ces besoins, que tout cela fait un programme en mille chapitres. En réalité, cela fait un projet en une ligne. Pour moi, ce qui ordonne tout cela, ce qui en fait une vision, la force, la justice, l’humanité, la capacité dans la compétition, la conscience, c’est une seule et unique priorité, dont nous faisons la priorité absolue de notre projet : c'est l’éducation. Et naturellement, en prolongement de l’éducation, la recherche.
Savoir, science, conscience. Et même la sécurité !

Au XIX° siècle, le grand Victor Hugo disait : « quand on ouvre une école, on ferme une prison ! » Et au XXI° siècle, il est toujours vrai de dire que la meilleure des préventions, et peut-être la seule prévention efficace, en tout cas la plus efficace des préventions, c’est l’éducation. On dit « caïds », on dit « voyous », on dit « racaille ». Et c’est souvent des échecs de l’école qu’il s’agit ! Illettrisme ; mésestime de soi - besoin donc de prendre sa revanche ; transgression de règles dont on ignore tout ; culte de la seule consommation, des biens matériels, des marques (il faut réfléchir sur cette affaire des marques à l'école - on a souri de ma réflexion sur un uniforme à l'école, qui empêcherait les marques… Si vous êtes un élève et que vous ne trouvez votre affirmation que dans la marque des fringues, des chaussures… Obsession d'autant plus grande qu'on appartient à des familles plus pauvres !), culte de l’argent ; tout cela est profondément lié… Et voilà pourquoi un pays comme la France doit se fixer un objectif : devenir, ou redevenir, le premier pays dans le monde pour l’éducation de ses enfants et de son peuple tout entier ! J'entre en contradiction frontale avec une partie de notre société qui vit avec l’idée que c’est dans le budget de l’éducation qu’il faudra qu'on taille, le jour où l’on voudra revenir à l’équilibre des finances publiques. Je pense exactement le contraire. Je pense qu'il faut faire des économies, j'en parlerai dans une seconde, qu'il faut retrouver un budget en équilibre, mais qu'il faut garantir l’investissement dans l’éducation. Et en échange de cet investissement, il faut un grand contrat entre l'école et la Nation, qui garantisse, de manière précise, chiffrée, rapide, des résultats que notre système éducatif peine à atteindre, notamment des résultats pour les acquis fondamentaux à l’école primaire, des résultats en expression, dans la maîtrise de la langue, des vocations scientifiques, l’entrée dans l’enseignement supérieur, la réconciliation avec la recherche, la généralisation des technologies de l’information. Société de la connaissance. Société où la connaissance est la condition de la performance, où la connaissance est le domaine de la performance.

Le deuxième pilier, pour moi, c’est l’exclusion : chômeurs de longue durée, Rmistes, jeunes en rupture, entre 4 et 5 millions de personnes qui vivent hors les murs, que nous ne voyons presque plus. Que nous avons abandonnés au point que nous ne songeons même plus à les ramener à l’emploi puisque la politique officielle du gouvernement, c'est d'annoncer tout de go que dans un pays où il y a quatre millions de chômeurs et de Rmistes, c’est vers l’immigration qu’il faudra se tourner pour le travail !
Nous ne pouvons pas accepter que se perpétue cet exil de l’intérieur.
On ignore, et même on n’imagine pas, les richesses humaines qu’il y a dans le monde de ceux qui se trouvent ainsi relégués, les capacités à l’abandon.
J'ai reçu un message hier soir parmi mes mails : « Au chômage depuis 4 ans, j’ai 44 ans (une jeune femme), j’ai été obligée de me réinstaller chez mes parents suite à des problèmes financiers importants, je commence à désespérer sérieusement de reprendre un jour une vie sociale normale. Le gouvernement actuel nous propose sans cesse de nouvelles lois, de nouveaux contrats en tout genre, de nouvelles aides par ci- par là..., mais si les mentalités et les modes de recrutement n'évoluent pas sérieusement, tout ceci ne servira pas à grand chose..!! Chaque fois - dit cette jeune femme, et beaucoup vont se reconnaître - que j'adresse un curriculum vitae en réponse à une annonce, le plus souvent je n'ai aucune réponse, de temps en temps une réponse négative et lorsque par miracle j'arrive à obtenir un rendez-vous pour un poste en relation ou non avec ma profession, on m'explique que je suis trop expérimentée, que je suis trop veille (44ans), que je viens de Paris et que je m'adapterai mal en province, ou encore que je n'accepterai jamais d'exercer un métier moins bien rémunéré et moins intéressant que celui auquel me destinaient mon expérience et mon niveau de formation. Lorsque j'explique à mon interlocuteur qu'effectivement le poste proposé n'est pas en relation avec ma profession, mais que je veux l’assumer parce qu'il faut bien que je travaille, je me trouve confrontée à de véritables préjugés de sa part.
J’ai une formation supérieure. Je vis aujourd'hui avec 14 euros par jour. »
Et comme ça - il y en a des millions. C’est cette spirale infernale qu’il faut rompre quand elle est établie et prévenir avant qu’elle ne s’installe !

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Lun 4 Sep 2006 - 11:26

Citation :
Alors je propose deux grandes politiques publiques, deux grandes politiques de la nation. En direction des adultes, ce que j'appelle l’activité universelle. En direction des jeunes, le service civique universel. Au lieu de considérer que l’on est quitte avec ces millions de Français quand on leur a fait un chèque de quelques euros par jour et que dès lors on peut les oublier. On considère au contraire que cette aide à la subsistance n’est que la première étape du devoir d'insertion, et que l’action de la société doit être de créer les conditions pour ramener ces innombrables femmes et hommes à l’utilité sociale et à l’estime de soi. L’idée est celle-ci : il y a de grandes richesses chez les plus pauvres, vous entendez ? Il y a de grandes richesses chez les plus pauvres ! Ils peuvent sortir de l'exclusion, mais ils n'en sortiront, surtout après 15 ans ou 20 ans aujourd'hui, que si on les aide, si on les conduit, et même parfois, je n'hésite pas à le dire, si on les force, à passer de la situation de demandeur à la situation de celui qui est utile à la société. Il y a, dans notre société, mille et mille aides, fonctions, bénévolat, surveillance, services, qui ne sont pas assumés, parce qu'elles sont trop peu rémunératrices pour qu’elles puissent donner lieu à un rapport marchand. Et il y a des millions de personnes qui se terrent, coincés dans le chômage de longue durée ou les minima sociaux.
Eh bien c’est une grande politique que celle-là. Une politique à la dimension de la générosité et du réalisme français. L’activité universelle, décentralisée, au niveau du conseil général qui gère le Rmi, de la commune, du quartier, au niveau de l’association où sont les vrais besoins. Le contrat, c’est celui-ci. Tu as un Rmi, un minimum social, ce Rmi doit ouvrir le droit à une activité dans la société, activité accompagnée d’une indemnisation, pour retrouver les habitudes du travail, dans une collectivité, dans une association, dans le secteur non marchand.
Tu maîtrises l’informatique : tu transmettras ce que tu sais à des personnes qui veulent découvrir cet univers. Tu as le permis de conduire, tu peux aider des gens démunis. Tu peux surveiller la sortie des écoles. Tu peux aider des personnes handicapées dans les gares ou les aéroports. Vous avez essayé d'être personne handicapée dans les gares ou les aéroports ? Et peu à peu, tu réapprends le travail, tu réapprends les consignes et la sociabilité. Nous ne pouvons pas accepter, tout simplement pas accepter un monde dans lequel l’exclusion définitive, l’exclusion à vie s’installe comme un cancer ! C’est un très grand effort. Mais justement il y a des armées de bénévoles, je pense aux jeunes retraités, qui peuvent aider à organiser, quartier par quartier, ville par ville, cet effort. Et le principe est le même pour les plus jeunes. Le service civique universel, c’est retrouver le brassage, permettre aux milieux sociaux de se découvrir : il n’y a pas pire ghettoïsation que la ghettoïsation des plus jeunes, condamnés à ne pas sortir de leur quartier, les pauvres avec les pauvres, et ce qui est peut-être encore pire, les riches avec les riches. C’est en même temps apprendre quelque chose de fondamental : sortir de la société de consommateur. C’est apprendre le « je reçois, OK, mais je donne »… L’UMP nous dit : ça coûte très cher… Mais la ghettoïsation dans les villes, et l’absence de surveillance dans les trains, la vigilance dans les lieux sensibles confiée à l’armée, parce qu'on n'a que l'armée …? Chaque fois que je vois une patrouille de militaires professionnels, parfois hautement spécialisés, assignés à des tâches de surveillance, dans les gares ou dans les aéroports pendant Vigipirate, je me dis que c'est un gâchis. Et l’ignorance des gestes élémentaires du secourisme, ou de la sécurité routière, est-ce que vous pensez que ça ne coûte pas cher ?
C’est à mes yeux, vous savez que je défendais déjà cette idée en 2002, un impératif pour retrouver dans les faits, dans la vie, et non pas dans les mots la cohésion sociale dont un pays comme la France a besoin.

Troisième pilier, on en a parlé avec Nicolas Hulot, une politique active de défense de l’environnement et de sauvegarde du climat de la planète.
Nous avons accepté qu'une haute autorité du gouvernement soit chargée du long terme et des politiques durables. Un plan progressif et de long terme d’économies d’énergie. Un plan progressif et de long terme de transfert des charges sociales vers les carburants qui polluent. Par exemple, sur dix ans : ce n'est pas la même chose si on vous assomme d'une politique nouvelle, ou si vous avez un calendrier qui vous permet de prévoir les choses.

Quatrième pilier : une politique intransigeante, sérieuse, avec un échéancier, de retour à l’équilibre de nos finances publiques. Si l’on rapporte la dette de la nation à chaque foyer français, une famille de cinq personnes, deux parents, deux enfants, une personne âgée, cette famille est endettée pour 100 000 € ! par l'Etat ! Chacune de vos familles va devoir assumer le remboursement de 100 000 € ! chaque famille qui travaille, quelque chose comme 150 000 € ! voilà ce que c'est que la dette de la France ! Beaucoup de gens pensent que ça n'a pas beaucoup d'importance. C’est qu’ils sont les héritiers d’un système de pensée d’avant l’euro ! Autrefois, quand la dette pesait, on faisait deux, trois dévaluations… On effaçait la dette avec une gomme. Aujourd’hui, nous avons une monnaie sérieuse. Nous ne disposons plus de cette facilité.
Voilà pourquoi le laxisme en matière de finances publiques est la préparation méthodique de l’asphyxie de la société française dans cinq ans, dans dix ans… Ce plan comporte un préalable. C’est de dire clairement qu’on ne peut pas continuer dans cette période à faire semblant de baisser les impôts, à multiplier les avantages fiscaux, de toute nature, avant qu'on ne baisse la dépense publique. Il y a cinq ans, on nous promettait de baisser massivement les impôts : de 30%. J'avais dit ce soir-là : "promesse mirobolante". Et effectivement, on l'a vérifié : d'abord on n'est pas à 30%, ensuite on n’a cessé de reprendre d’une main ce qu’on faisait semblant de donner de l’autre : !es prélèvements obligatoires ont monté de plus d’un point du produit national ! Il faut faire des économies. Il faut inventer de nouvelles manières d’organiser l’action publique, de manière plus légère, par exemple avec des agences qui permettent de cibler un secteur d'activité. Le gouvernement est pléthorique : je n'en connais pas la moitié. Il y a des cabinets ministériels de plus de cent collaborateurs ! Changer cela, ce seront des symboles qui montreront que l'Etat a la volonté de donner l'exemple pour que la nation comprenne ce qu'on lui demande.

Cinquième chapitre : l’entreprise .
Une politique de croissance n’ira pas sans une reconnaissance et un soutien de l’entreprise. Il me semble que la reconnaissance de l’entreprise recule en France, au lieu de progresser. Pas tant dans le peuple, que dans la réalité qu'on leur impose, dans les administrations…Nos règlements, nos charges sont adaptées aux grandes entreprises, avec leurs DRH, avec leurs avocats, notamment en matière sociale ; ce n'est pas adapté aux petites entreprises. Il faut faire en France ce que les Américains ont fait chez eux : un small business act . Je propose le premier article de ce pacte, qui est tout simple, un immense ballon d’oxygène pour la création d’emplois : toute entreprise aura le droit de créer deux emplois réellement sans charges ! J'ai cru que le Premier Ministre annonçait quelque chose de cet ordre, l'autre jour à la télévision, pour le SMIC : mais je me suis aperçu que ce n'étaient pas les charges, c'était le 2,1% résiduel de la partie des charges qui va à l'URSSAF, soit 24€ par bulletin de salaire ! On est dans "faire semblant". Je propose deux emplois sans charges, garantis pendant cinq ans, quel que soit le niveau de salaire de cet emploi, pour que les chercheurs, les commerciaux, les designers, ceux qui ont plus de cinquante ans et qu'on ne veut plus embaucher parce qu'ils coûtent trop cher, puissent accéder à l'emploi.
Je vous parlerai des 35 heures une autre fois. Nous avons proposé en 2002 qu'on règle cette question qui taraude la société française, de la manière la plus simple. Beaucoup de Français et beaucoup de Françaises ont trouvé un équilibre à leur vie personnelle avec les 35 heures : on ne supprimera pas les 35 heures. Mais beaucoup de gens aimeraient réellement améliorer leurs fins de mois et il faut leur laisser la liberté de le faire. Et je propose que les heures supplémentaires, qui sont payées de manière discriminatoire au détriment des salariés des PME, soient payées au moins 25% à tous les salariés, prime défalquée des charges sociales, neutre pour l'entreprise, avantageuse pour le salarié, et chacun organise son temps de travail comme il veut.

Sixième chapitre : l’Europe .
On en parlait avec Jean-Louis Bourlanges hier soir : comme il lui arrive quelquefois, il était pessimiste. Quelque chose est en train de se passer.
L’Europe n’intéresse plus les peuples qui la forment, ce n’est plus un rêve,ce n’est même plus une entreprise, c’est une construction lointaine, au mieux subie, souvent ignorée, au pire rejetée. Et il est spectaculaire pour moi, et pour vous si vous faites attention, il est spectaculaire de voir combien l’Europe est redevenue complètement affaire de diplomates, on vous présente le conseil européen dans la série juste après le G8, juste avant le quintette, sur le même plan, au même niveau, comme l'ONU, quelque chose où on va négocier en secret des stratégies que l'on ne comprend pas ! Cette crise de l'Europe, il n'y a qu'un élan français qui puisse la transformer en nouvel élan pour l'Europe. Nous allons le faire en partant du concret, de cet épineux problème de la Constitution européenne. Nous allons proposer, en quelques pages, sans changer les principes, ce que pourrait être un texte débarrassé des pages interminables qui rendaient ce texte illisible. Considérant que ce devrait être une affaire de citoyens et pas d'experts. Nous mettrons ce texte sur la table pendant la campagne présidentielle. C'est très important de relancer l'Europe pour nous, pour l'Europe, et c'est très important pour le Proche-Orient. Le chemin ouvert jadis par Schuman et Monnet - pour moi qui aime Israël, qui aime le Liban, qui aime et respecte la Palestine - c'est le seul chemin disponible pour qu'ils sortent de la guerre et retrouvent la paix. L'édification d'une communauté où chacun garderait sa souveraineté, j'allais dire de manière fédérale. Passer directement de la guerre à la maison commune, dans laquelle chacun a son espace, dans laquelle, épuisés de se faire la guerre pour des choses tellement sensibles qu'il n'y a pas de fin à cette guerre, on décide que ces choses sensibles on les gérera ensemble : l'eau, les réfugiés, les Lieux Saints. Nous avons géré comme ça le charbon et l'acier : on s'est fait cent ans de guerre pour le charbon et l'acier ! Je ne crois pas qu'il existe de moyen terme entre les deux : ou bien on se fait la guerre, ou bien on choisit de vivre ensemble, et il n'y a qu'un modèle pour faire ce chemin, c'est le chemin de la communauté puis l'Union Européenne.


Voilà, mes chers amis, les six piliers d’un contrat de gouvernement pour une nouvelle République. Cette action politique n’a qu’un but : y croire, y croire à nouveau. Recommencer à y croire pour chacun des Français découragés, et se remettre en chemin.
J’ai dit combien ce serait dur. Mais nous avons une arme : c’est une formidable équipe, attachante, soudée, qui a traversé le désert, qui a l’intelligence et la générosité, qui a si je puis le dire, moi qui m'efforce de résister à leurs pressions perpétuelles, qui a de la beauté d’âme, c'est rare en politique, la beauté d'âme des bédouins, comme je dis. Je voudrais qu'ils montent à la tribune avec moi, Marielle, Michel, Hervé, Jacqueline, et tous les parlementaires de notre maison. Je veux dire avec orgueil que pour la compétence, pour la générosité, pour la cohésion, c’est la meilleure équipe et la plus solidaire. C'est pas la plus nombreuse de France, mais c'est la meilleure, et de solidarité, ils vont en avoir besoin… Et je vais avoir besoin d'eux. Et j’en suis fier.

Alors je voulais vous dire mes chers amis, que - je n'ai pas fait exprès - ces six piliers-là, éducation, exclusion vaincue, environnement durable, équilibre des finances, entreprise, Europe, commençaient tous par un E.

Comme espoir, comme espérance, comme ensemble.

Merci beaucoup.

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Lun 11 Sep 2006 - 21:37

Nouvelle émission de Gisbert sur F5 avec, comme premier invité, François BAYROU :

http://www.france5.fr/chez-fog/index-fr.php?id_rubrique=4

Wink

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Dim 17 Sep 2006 - 20:55

Ce soir François BAYROU est l'invité de Christine OCKRENT dans rance Europe Express à 23h05 sur F3.
Je vous encourage vivement à le regarder

Wink

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Mar 19 Sep 2006 - 18:57

Quelques liens concernant BAYROU :

Arrêt sur image : http://www.lacinquieme.fr/asi/008182/2/137308.cfm#

Regain d'intérêt suite à ses déclarations sur les médias : http://fr.news.yahoo.com/18092006/326/francois-bayrou-le-candidat-qui-ne-plait-pas-aux-medias.html

L'explication avec les dirigeants de TF1 : http://www.dailymotion.com/video/xeban_bayrou-sort-ses-griffes


Et ici, MONTEBOURG chez FOG, avec un Yann MOIX qui explique très bien le phénomène ROYAL et sa destinée : http://www.france5.fr/chez-fog/

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Mer 20 Sep 2006 - 10:52

Excellent Deligne aujourd'hui ^^

http://deligne.over-blog.com/article-3895168.html
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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Mer 20 Sep 2006 - 11:46

Excellent

Mr. Green

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MessageSujet: Re: Présidentielles 2007 : quel duel ?   Aujourd'hui à 13:47

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Présidentielles 2007 : quel duel ?
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