L'oeuvre de Tachïkovsky, je crois que c'est un poème symphonique non ? Avec des tirs de canon.
"Ouverture 1812"
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ouverture_1812Oui, la symphonie de Chausson est triste et dramatique, c'est pour cela qu'elle est si belle selon moi. Je n'aime pas les oeuvres gaies, en tout cas elles ont souvent moins de force, moins de profondeur.
Sur mon blog, j'ai mis cette petite élucubration :
Lorsque j'ai écouté cette symphonie pour la première fois, j'ai découvert un univers neuf et familier. Cette musique me ressemblait, dès les premières notes, graves et douloureuses, autant que calmes et contemplatives, introspectives. Un voyage volontaire, l'affirmation de soi, et la recherche sincère, la quête du beau, de l'art roi. Une émotion pure, une ardeur à ressentir, à vibrer, on sent le coeur, on sent le souffle. Dans un paysage sonore, la nature, les sentiments, la conscience de la dérive de ce qui ment, de ce qui est en trop. Rarement une musique m'avait touché de la sorte. J'y plongeais comme on se noie d'amour, pour n'en plus ressortir. Pour toujours.
Le second mouvement est pour moi le plus beau, le plus triste, le plus dramatique, le plus fort, le plus sombre, le plus cohérent qui soit. C'est l'unique musique qui parle de moi. Une longue litanie, l'épanchement sans phare d'une âme en vagues et d'un corps sensible, d'un romantique sans l'étiquette. Une confession, un murmure intime. La magie de la musique opère et me dissèque. Elle m'emporte chaque fois vers le plus profond de ma mélancolie, "ce bonheur d'être triste". Dans cette plainte en forme de résignation demeure cependant une profonde volonté, une espérance confuse, la plénitude du doute. C'est le coeur de l'oeuvre, le feu sous la cendre, son pouls véritable, sa mesure et sa démesure, sa vérité parfaite, le mouvement qui crie tout dans un silence d'ambre et d'ombres, mon requiem secret, le diamant brut de l'éternelle peine, le début et la fin n'en étant que l'écrin.
On finit avec un peu de tambours et de trompettes, pour se réveiller de la torpeur magnifique qui a précédé, avant de replonger dans les tréfonds de l'homme dans une fugue nostalgique - les souvenirs des thèmes évoqués, des erreurs du passé. Un chemin d'évidence, de mathématiques fluides, de mécaniques quantiques de notre lourdeur humaine, de notre temporalité déjà effacée. Un langage harmonieux et discret, simple et direct, le plus beau message d'amour pour la musique et ce qu'elle renferme de nos êtres. Tout cela est tragique, tout cela est beau, tout cela est formidable, comme un orage d'été, un sourire endormi, le sourire d'une femme, la main d'un nouveau né. Il n'y a plus qu'à écouter, et s'entendre vivre.
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